Tour de France, le festival de Cannes en juillet

lundi 17 juillet 2017


L’occasion était belle et cela aurait été dommage de la rater en ce second jour de repos du Tour de France. Et oui, il faut bien que je vous parle de l’envers du décor de cet événement mythique qui ressemble à tous les gros événements.

Il y a quelque chose d’excitant quand on parle du Tour de France. On sait que pendant 3 semaines, 200 mecs vont suer à gravir les plus hauts cols de France pour l’ultime plaisir de déambuler et prendre un bain de foule sur les Champs-Elysées. Mais surtout, on sait que le Tour de France, c’est un peu glamour. C’est le strass et paillettes du mois de juillet. Les tenues ne sont pas de Dior et le champagne pas de Moët mais le Tour de France, c’est the place to be du mois de juillet.

Il faut pouvoir t’être fait inviter par un des partenaires de l’événement ou de la caravane parce que comme pour Cannes, tu ne peux pas dire que tu n’es pas assez important et que tu n’y seras pas. Le top du top reste encore l’invitation par une des équipes et ainsi pouvoir faire la course dans la voiture d’un des directeurs sportifs. Oui le Tour de France il faut y aller pour le cocktail ASO, pour dire « j’ai vu Virenque », parce que même si c’est l’événement le plus franchouillard de l’année c’est le premier événement sportif de la planète. Sans parler d’euros ni de diffusions et pourtant… Tout le monde y est, tu dois y être.Sauf que comme tous ces événements « the place to be », il faut y être et pourtant ce n’est pas l’événement de l’année. Tu ne pèses pas dans le game si tu n’y es pas mais tu ne rates rien pour autant. Explications.

Tout le monde y fait des tonnes. Et oui parce que c’est « the place to be », il faut se faire remarquer. Il faut parler plus fort. Il faut crier plus fort. Il faut briller davantage. Tout le monde veut avoir la caméra tournée vers soi et est donc prêt à tout pour ce que ça arrive. C’est un concentré d’égos qui cherchent leur minute de gloire, qui en font plus que sur toutes les autres courses réunies.

C’est méga fatiguant et quand tu rentres, tu dis à tout le monde que t’es fatiguée à la place de dire que c’était génial. Une journée sur le Tour ça commence à 6h et ça finit à 23h. Il y a ceux qui arrivent la veille de l’étape ou ceux qui arrivent le matin même, bref dans les deux cas rejoindre les villages départs c’est toujours la mission car loin de tout (surtout de l’hôtel que tu auras réussi à avoir qui n’était pas déjà booké par l'organisateur ou autre) au fin fond de la France. Sans parler du retour où bien sur tu seras sur une étape de montagne et t’auras raté la descente ce qui fait que tu devras passer derrière la caravane qui n’avance pas et que pour avoir ton train retour, ce sera mission fast and furious.

Tu es à deux doigts de mourir dans un accident de voiture. N’importe qui ne conduit pas sur les routes du Tour. Que tu sois devant, dans le peloton ou derrière, tu risques toujours l’accident et les voitures qui se frôlent. Il faut faire attention à tout, surtout aux piétons sur les bords des routes. Tu subis les accélérations et les coups de freins des voitures qui t’entourent. Pourvu que tu sois en voiture DS et là, au gré des actions, tu joues le ravitailleur en conduisant sans les mains. Bref, la conduite sur le Tour c’est un gag mais c’est surtout pas très rassurant.

Tout le monde en veut toujours plus. Entre ceux qui ont qu’un accès village mais qui veulent faire la course et ceux qui ont l’accès caravane mais qui veulent aussi faire la course. Ceux qu’on a directement envoyé au village arrivée parce qu’on savait qu’ils voudraient aussi faire la course. Bref, tout le monde veut faire la course et tout le monde négocie plus que ce qu’il a. Faut dire qu’on n’a pas 36 000 voitures et que même si on les avait ce ne serait pas très écolo. Au Tour, en plus d’en faire des tonnes, les gens ne sont jamais contents.

C’est un peu le bal des hypocrites. Comme tous les grands événements, il y a des historiques entre tout le monde. Les untels qui ne doivent surtout pas croiser les autres, ceux qui se lancent des regards noirs à travers la foule. Tout le monde est copain, tout le monde fait semblant. C’est aussi le moment du mercato du cyclisme. Tous les deals pour la prochaine saison sont pré-signés mais tout le monde fait comme si il ne se passait rien. Parce que oui au delà d’une simple course par étape, c’est surtout pour le business que les gens viennent et le but de ta journée n’est pas d’avoir croisé Froome mais bien de t’être assuré un bon partenariat. ça valait le coût de râler !

Et surtout, on ne refuse pas une invitation sur le Tour de France. C’est moins glamour que Magnum et L’Oreal à Cannes, la plage du Martinez est loin des vaches dans la montagne mais tu te sens tellement comme une VIP avec ton accréditation autour du cou et ta place en voiture où il manque juste le salut façon reine d’Angleterre que ce serait inconcevable de dire que d’habitude t’es plus habitué aux diamants et brushing.

Oh oui, le Tour de France c’est beau, c’est sport, c’est excitant mais comme tous les événements sportifs, c’est très politique, très m’as-tu vu, très je suis plus important que mon voisin. Alors si vous avez un jour la chance d’être invité sur le Tour, prenez ça au second degré, soyez curieux et marrez-vous. C’est une incroyable expérience d’en découvrir les coulisses si seulement on ne prétend pas constamment être quelqu’un qu’on n’est pas.

Bonne semaine et prenez soin de vous 

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