Solidays 2017 : j'ai vu, lu, entendu

jeudi 6 juillet 2017


Back to basic, pour la quatrième année de suite, je me suis rendue à Solidays. Il y aura toujours ceux qui diront que c’est le festival des lycéens qui viennent de terminer le bac mais pour moi c’est un festival engagé. C’est un peu la mode de ces festivals qui font du storytelling, qui au delà de la musique vous raconte une histoire et stimule votre esprit. We Love Green fait la même chose avec un penchant plus écolo que capote mais tant qu'on défend la planète et les hommes, on aime et on soutient.

Chaque année, à la fin de Solidays, je peux dire que j’ai appris à quelque chose. Je n’ai pas seulement dansé sur de la musique, bu de la bière avec mes copains, inhalé des kilos de poussières. Non, j’ai aussi rencontré des nouvelles personnes et écouté des conférences. Solidays, c’est peut-être le seul festival en France où tu vois des personnes pleurer. Le patchwork des noms est l’un des moments les plus émouvants que j’ai vécu dans ma vie. Les gens se prennent dans les bras, les larmes se déversent à l’entente de ces prénoms qui ne sont plus parmi nous. Parce que oui aujourd’hui, il y a encore des personnes qui décèdent du SIDA. Il y a des traitements, de la prévention aussi mais on ne guérit toujours pas de cette maladie. C'est aussi pour financer ces actions, cette prévention, les subventions d'associations en France à l'étranger, c'est aussi pour ça qu'existe Solidays.

Comme disait Maïtena en conférence de presse, Solidays est un festival tourné vers les autres. Peut-être plus aujourd’hui qu’hier avec tout ce qui nous touche, les faits divers, l’actualité politique. On sent qu’on doit se serrer les coudes parce que de toute façon, dans la vie on a besoin des autres. On ne peut pas avancer seul alors on doit apprendre à donner pour recevoir. Un peu comme ce que disait Imany également « Le meilleur moyen de résister à cette triste époque c’est d’être tous ensemble. ».

Cette année, j’ai encore appris culturellement, musicalement, intellectuellement.


J’ai appris qu’une promesse a de sens que si elle est honorée et que la promesse du 0,7 n’était pas honorée. En effet, en 1970, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait la résolution selon laquelle chaque pays économiquement avancée devait accroître son aide publique au développement jusqu’à atteindre 0,7% la décennie suivante. La France s’est engagée à consacrer 0,7% de ses richesses à l’aide publique au développement d’ici 2022. Aujourd’hui nous sommes à moins de 0,4%. Cette redistribution n’est pas impossible puisque six pays ont déjà atteint voire dépassé cet objectif comme l’Allemagne, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède. Mobiliser pour qu’on n’oublie pas cette promesse, c’est l’objectif du Printemps Solidaire qui vous donne rendez-vous pour un nouvel événement de mobilisation le dimanche 17 septembre prochain à la Concorde.



J’ai appris que Vald en live ça déchirait plutôt pas mal. Je trouvais déjà certains de ces titres assez accrocheurs, avec des bonnes punchlines mais en live, il sait mettre l’ambiance, faire sauter la foule et les petits jeunes sont aux anges.

J’ai entendu la belle phrase de Laurence Tubiana qui confiait aux jeunes « qu’il faut convaincre la société qu’on peut changer ». Elle intervenait sur la question du changement climatique et elle rappelait que c’est une réalité que nous ne savons pas gérer et pour laquelle nous devons nous concerner.

J’ai appris que j’aimais l’électro mais que je détestais voir Kungs ou DJ Snake en live. Je m’explique : j’adore leurs propres titres mais je déteste quand ils remixent des titres d’autres. Je finis déçu, j’aime pas le changement de rythme, le double passage. Bref, je préfère leurs compos à leurs reprises et je pense que c’est général à l’électro car je me suis dis la même chose avec Ofenbach l’autre jour.


J’ai entendu Ryad Boulanouar dire « La chance que vous avez eu, il faut la transmettre aux autres. » et cela m’a fait réfléchir sur la reconnaissance que nous avons. Ryad est le fondateur du Compte Nickel qui permet de lutter contre l’exclusion bancaire en permettant un chacun d’avoir un compte sans condition de revenus et sans possibilité de découvert ni de crédit. Son témoignage me faisait penser qu’on aime recevoir mais qu’on oublie souvent de donner, qu’on ne redistribue pas la chance ou le bonheur. Qu’on prend, qu’on se satisfait mais que le fait qui nous arrive des bonnes choses doit nous motiver à partager ces bonnes choses.

J’ai appris qu’il fallait absolument que je vois le film « A voix haute » qui parle du concours Eloquentia qui a pour but d’élire le meilleur orateur de Seine-Saint-Denis et que c’est un projet, qui avec davantage de fonds, aimerait s’étendre.

J’ai appris que Rocky… Comment vous dire. J’ai convaincu mes amis en moins de deux de découvrir un groupe qu’ils ne connaissaient pas et on a tous dandiné nos fesses tout le concert. Leurs titres sont déjà géniaux, joyeux mais alors l’atmosphère et l’ambiance qu’ils créent en live, ça vous donne envie de faire la fête toute la nuit. Inès, la chanteuse, a toujours les mots justes et sincères quand elle rappelle qu’il faut s’aimer et leur reprise de « Promised Land » était sublime. Un véritable moment de bonheur.


J’ai entendu Camille Emmanuel dire une phrase très juste « Je ne sais pas si le sexe est au coeur du féminisme mais le corps, oui. » et quand là aussi on y réfléchit, je pense qu’elle a raison. Elle intervenait pour parler « sex positive » et donc du sexe sûr, protégé, consenti, que le sexe est un acte sain et non vulgaire. Pour en revenir au féminisme, chacun fait ce qu’il veut dans son lit mais ce rapport qu’on a au corps de la femme, cette manière dont certains pensent qu’avoir des seins et non un pénis rend inférieur est un sujet d’actualité majeur. Le féminisme c’est lutter pour l’égalité femmes-hommes et ça passe par ce rapport au corps de la femme qui n’est pas qu’un corps mais un esprit.

J’ai appris que The Pirouettes avait conquis le coeur du public parisien en même pas 9 mois. Depuis leur première Maroquinerie en Octobre dernier, ils ont tout simplement explosé. Même pas besoin de chanter, le public connaît leur titre par coeur. Comme La Femme qui nous a offert un show de dingue, ils ont leur univers graphique, une petite timidité due sûrement au fait d’être impressionné.




J’ai appris que Mat Bastard était visiblement mieux torse nu qu’avec un t-shirt. J’ai appris que M, peu importe ce qu’il faisait, était talentueux et que je pourrai passer ma vie à écouter que ses chansons. J’ai appris que Petit Biscuit est aussi doux humainement que son electro chill. J’ai appris que La Femme aimait beaucoup trop se produire seins nus. J'ai appris que DJ Pone c'était vraiment the référence. J’ai appris que Georgio avait un faible pour les néons roses mais qu’il était très fort aussi en live pour mobiliser son public. 

J'ai appris que j'aimais encore plus Solidays parce qu'à la fin de ce week-end, à ma petite hauteur, j'ai l'impression d'avoir ouvert mon esprit, de m'être un petit peu intellectualiser, de m'être nourri d'autrui pour mieux prendre soin du monde de demain. Bon, j'ai aussi appris que je ne pourrai jamais faire un festival sans faire de crise d'asthme mais arrêtez d'aller en festival : jamais !

Et vous, un festival de prévu pour cet été ?



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