Nadal, campeón del Roland

lundi 12 juin 2017



Voir Rafael Nadal remporter sa decima à Roland Garros hier soir m’a fait pensé au Real, soulevant leur 10ème Champions League en 2014. Depuis ils l’ont soulevé deux fois de plus et Benzema et Varane sont triples champions européens. On attendait cette victoire comme l’ultime consécration d’un joueur déjà plus qu’extraordinaire et qui après l’élimination de Djokovic, avait comme sérieux prétendant un suisse trop colérique dans ces derniers sets. Un peu comme ce fut le cas lors du dernier débat entre Macron et Le Pen, le favori maitrisait pendant que l’autre rugissait. Il est d’ailleurs compliqué d’évoquer ce dimanche de tennis sans parler des courageux qui ont parcourus les 10km de l’Equipe de bonne heure ce matin-là, le même journal l’Equipe qui n’avait aucune reconnaissance pour la victoire audacieuse de la jeune Jelena Ostapenko. Premier Grand Chelem, première victoire. Cette jeune femme prend 35 places au classement mais ne mérite pas la une du premier quotidien sportif français. Il est davantage important de souligner ce qu’on pourrait considérer comme du sexisme car Roland Garros remet la même prime au vainqueur en simple messieurs et dames. Nadal, 31 ans et 10 fois vainqueur du tournoi, Ostapenko, 20 ans et première victoire, vont tous les deux toucher 2,1 millions d’euros. En effet, là où les footballeurs gagnent 15 millions d’euros en gagnant la Champions League, les footballeuses touchent moins de 400 000 euros pour un même titre. Le tennis souligne le sportif, le spectacle et non le sexe du vainqueur. Roland Garros récompense le jeu, là où le sport en général invoque des critères extra-sportifs pour justifier ces différences de primes. Mais surtout, maintenant que Roland Garros est fini, il va falloir se replonger dans la vraie vie. Alors que le temps de 2 semaines, on avait oublié que les examens approchaient ou encore que des élections législatives avaient lieu le même jour que la finale messieurs de Roland, back to business. Je me permets de vous rappeler, alors que plus de la moitié des 47 millions de français inscrits sur les listes électorales ne se sont pas présentés aux urnes pour le premier tour, que dimanche prochain en plus de penser à souhaiter une bonne fête à votre papa, il faudra aussi mettre un nouveau papier dans l’urne. Il est à mon sens trop simple de se sentir français et démocrate quand il s’agit d’élire notre futur chef d’état et d’oublier que nous avons aussi le devoir de composer l'Assemblée Nationale et de faire valoir notre parole. Après une quinzaine où la balle jaune nous hypnotise, nous faisant regarder à droite puis à gauche puis à droite puis à gauche, la vraie vie va reprendre avec toujours plus de sexisme dans le sport, des sujets de philosophie sur lesquels il faudra disserter dès jeudi et des députés qui n’ont pas dit leur dernier mot. Parce que vivre de sport et d’eau fraîche ressemble un peu trop au monde des bisounours, demain le titre de Nadal ne sera plus qu’une ligne à son palmarès avant qu’on se tourne vers Wimbledon et de nouveaux pronostics.

Vive le sport et vive Ostapenko 

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