Les voyages forment la jeunesse

lundi 5 juin 2017


On dit souvent que « le voyage forme la jeunesse » et cette expression a pris tout son sens lors de mon voyage en Italie le mois dernier.
Il y a deux mois de ça, nous n’avions pas acté notre destination. Nous hésitions entre Lisbonne et Naples mais les villes de la côte amalfitaine ont eu une raison de nous et on a booké un aller-retour pour le pays de la pizza Margarita. En une après-midi, les avions étaient pris, l’itinéraire était fait, les auberges réservées et la location de la voiture a suivi quelques jours plus tard.

Jeudi 11 mai, aéroport d’Orly, tout présageait que nous passions d’excellentes vacances et à ce moment-là, c’était tout ce dont j’avais besoin pour déconnecter du travail. Une heure après notre arrivée sur le sol italien, notre itinéraire bien organisé était déjà bousculé. Mon amie avait fait les frais de la réputation qu’on connaît à Naples : on lui avait volé son portefeuille. Plus de passeport, plus de carte bancaire, plus de permis ce qui signifiait trouver un consulat, faire une déclaration de vol et adieu la voiture.

FAIRE LA DECLARATION DE VOL
Il était 16h30 et nous étions à la recherche d’un policier italien qui sache parler anglais. Nous avons fait trois commissariats dont deux à la gare et on commençait réellement à se dire que le sort s’acharnait sur nous. Finalement avec le langage des signes et un peu d’aide de google traduction, nous avons fini par remplir le papier (dont vous avez besoin au consulat d’ailleurs) et en repartant avec ce simple bout de papier, on s’est dit qu’on s’était donné beaucoup de mal pour une simple feuille.

TROUVER UN CONSULAT
Par chance, il y a un consulat à Naples (d’ailleurs s’il vous arrive malheur en Italie sachez que les deux autres consulats sont à Rome et à Milan et que s’il y a urgence, appelez Rome) mais celui-ci était fermé jeudi et vendredi et ne nous laissait donc pas le choix de devoir revenir aux aurores lundi matin pour obtenir la déclaration pour les papiers d’identité. Vous pouvez normalement reprendre votre avion si vous êtes en possession de votre billet aller, de la déclaration de vol de la police et si possible la copie d’une autre pièce d’identité dont on vous aurait envoyé la photo depuis votre pays d’origine. Nous prenions EasyJet comme compagnie et n’avons eu aucun souci pour rentrer.

APPELER L’ASSURANCE
Premier réflexe évident quand il vous arrive ce genre de mésaventures à l’étranger c’est bien évidemment de bloquer votre carte de crédit et d’appeler votre assurance. Avec un peu de chance, cette dernière pourra au moins vous dépanner de l’argent le temps de votre séjour (bien que pour notre cas elle fut complètement incompétente et n’a jamais rappelé).

PLUS DE VOITURE
Parce que la meilleure blague dans toute cette histoire est que c’est mon amie qui s’est fait voler ses papiers qui avait réservé la voiture et qui dit plus de permis dit plus de voiture à moins de repayer 150 euros pour m’ajouter en tant que conducteur et donc perdre les 150 euros déjà payé pour le premier conducteur. Avec l’aide du personnel de notre auberge, on a compris que même si ça n’allait pas être simple, nous pouvions faire nos trajets en train et en bus sans avoir à louer de voiture. On a donc annulé notre location et c’est là que l’improvisation à commencer.

Quand notre avion s’est posé à 15h à Naples, on ne se doutait pas une seule seconde que tous nos plans seraient bouleversés. Plus de voiture signifiait devoir trouver un autre moyen de locomotion pour faire chacune de nos étapes et atteindre les auberges que nous avions réservé pour chaque nuit. Cela nous a valu de nous lever à 5h30 du matin l’avant dernier jour ou encore de se lever à 6h un dimanche mais faire ce voyage en transports en commun nous a fait découvrir une part de l’Italie qui nous serait encore inconnue aujourd’hui en prenant la voiture.

Notre voyage a été sacrément chamboulé et représentait pour moi un défi en soi. Le défi de reprendre l’avion qui n’est pas ma tasse de thé (surtout quand vous partez avec une amie qui fait du droit aérien et qui est incollable sur tous les crashs d’avion). Le défi de voyager avec sa maison sur son dos et chaque jour de changer de spot. Le défi de faire des vacances marathon plutôt que des vacances farniente. Le défi de partir dans un pays que je ne connais pas bien, dont je ne parle pas la langue. Le défi de monter au Vésuve. Ce voyage était un défi car correspondait à plusieurs point d’interrogations, plusieurs « est ce que ça va me plaire ? », « est ce comme ça que j’ai envie de passer mes vacances ? ». Et finalement, je l’ai fait. On l’a fait. On a improvisé, on a réussi à faire tout ce qu’on souhaitait. On a déconnecté, on a apprécié découvrir une culture qu’on ne connaissait pas. Malgré un début qui nous a fait remettre en question notre organisation, peu de choses ont été contraintes. J’ai appris sur moi-même durant ce voyage, sur ma capacité à lâcher un peu prise, à surmonter mes peurs. J’ai même pensé que si il nous est arrivé ce vol au début du séjour, c’était pour nous bousculer car on avait trop bien organisé nos vacances et que cela manquait de folie. 
Humainement, j’ai vraiment réalisé que c’est en voyageant qu’on apprend le plus sur nous, sur ce qu’on est capable de faire car à l’étranger, sans papa et maman, il faut se responsabiliser et si on ne franchit pas le pont, personne ne pourra le faire à notre place. On remet ce qu'on sait en perspective. On oublie notre culture pour en découvrir un autre. Ce n’est pas mon plus beau voyage car malgré la beauté de la côte amalfitaine, cette région reste assez pauvre et vous côtoyez des paysages parfois délabrés et victimes du chômage et de la crise mais c'est sûrement le voyage qui m’a le plus marqué à ce jour alors j’attends les prochains car je sens que les découvertes vont être de plus en plus belles.


Et vous, quelle leçon vous a permis d'apprendre un de vos voyages ? 
Quel voyage a été le plus marquant et pourquoi ?



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