19 mois après Wembley

mercredi 14 juin 2017




19 mois après Wembley, ce match amical retour au Stade de Fr ance rappelle un contexte qui nous devient trop familier. On respecte des minutes de silence en mémoire de victimes d’actes barbares. On honore un hymne national pour signifier notre fraternité. 19 mois plus tard, on nous reproche toujours de vivre, on s’attaque à nos libertés, à nos soirées au bar, à nos concerts et on rend le football plus frissonnant que d’habitude. 19 mois plus tard rien a changé sauf le jeu de l’équipe de France et sa composition.

Depuis novembre 2015, il y a eu l’Euro 2016. Les français sont arrivés en finale, auraient dû gagner cette finale même mais le karma n’était pas de notre côté ce 10 juillet dernier. Les anglais ce sont fait battre par les outsiders de la compétition, les islandais en huitième de finale. Alors hier soir au stade de France, on avait aussi un vent de fraîcheur comme le titre l’Equipe le signifiait ce matin avec deux jeunes prometteurs qui étaient loin de leur statut actuel il y a 19 mois : Dembélé et Mbappé. Les deux joueurs ont eux aussi connu la sensation de se faire attaquer leur loisir lors de l’explosion qui a touché le but de Dortmund avant la rencontre les opposant à Monaco en Champions League. Même si cet acte n’avait pas de revendication terroriste, on sait tous que si ce bus n’avait pas été blindé comme il l’était, les conséquences auraient été autre.

J’ai toujours pensé que le football était un sport de Bisounours où les Bleus gagnaient toujours à la fin et non les allemands. Dans le vrai monde, les Bleus ne gagnent pas toujours mais hier, il fallait quand même un peu de chance pour inscrire ces deux premiers buts, tous deux sur des reprises après arrêt du gardien Heaton. Umtiti la première fois et Sidibe sur la belle action de Dembélé ont eu la chance d’être au bon endroit au bon moment pour reprendre ces ballons dégagés et les planter au fond. Mené après 10 minutes de jeu, le temps de s’installer comme dirait l’autre, la première mi-temps des Bleus a été rassurante grâce à de bonnes reprises au milieu de terrain et des avant-centre gourmands. En deuxième mi-temps, on a commencé à voir les failles de cette équipe de France à savoir une défense bancale qui en plus à dû se réorganiser après l’expulsion sévère de Varane. Souvent en retard, mal placée… On dégage trop vite de peur de se faire reprendre et heureusement que Pogba stoppe les ballons avant qu’ils n’aillent trop bas. Dembélé finira enfin par avoir sa minute de gloire après avoir mis à mal la défense britannique. Il faut dire que si ça cafouillait chez nous, dès que Mbappé ou Dembélé s’approchaient trop près des buts adverses, leur défense tremblait et nous laissait presque champ libre.

Un match pro-jeunes, pro-attaque mais toujours cette équipe de France qui ne sait pas poser le ballon. Je regrette notre manque de construction et le fait qu’on ne sait pas jouer à la passe à 10 car même si le pressing anglais est haut, c’est en posant le ballon qu’on leur fait tourner la tête. Avec des milieux aussi vifs, c’est aussi se priver de technicité dont ils ont le secret.

19 mois plus tard, l’équipe de France part en vacances, un mois en avance par rapport à l’année dernière. A son retour, il lui faudra assurer sa qualification pour la Coupe du Monde 2018 car il est certain que cela serait un échec pour l’ère Deschamps de devoir passer par les barrages. 19 mois plus tard, le football est toujours une échappatoire extraordinaire, un plaisir qu’on aime aimer et détester en même temps mais dont jamais, on se lasse.

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