J'apprends à être une adulte

samedi 6 mai 2017

Maintenant que j’habite seule, chez moi, je peux dire que je suis une adulte.
Attention, ce n’est pas parce que je dis que je le suis que cela signifie que je suis une adulte responsable qui affronte la vie les cheveux au vent et le pas élancé. Non je vous arrête, je suis une adulte parce que j’attends quinze minutes avant de pouvoir parler à un conseiller EDF, que je fais des benchmarks des offres internet pour payer le moins cher, que si mon frigo est vide personne n’ira faire de courses à ma place, que ma mère n’appelle plus l’assurance pour moi et la liste est encore longue.

Avoir 18 ans, c’est le premier moment qui nous fait basculer dans le monde des adultes. On devient responsable aux yeux de la loi, il n’y a plus papa et maman pour nous couvrir. Il faut assumer les bêtises. Par chance si on fait nos études post bac pas trop loin de chez nos parents, on peut toujours y vivre et cela ne nous fait pas tomber trop vite dans le grand âge.

Petit à petit, il y a certaines choses qui nous font commencer à basculer dans ce monde des grands. Il y a le fait de payer ses factures de téléphone. Il y a le fait de se payer son abonnement de transport. Il y a le fait de se payer ses sorties, ses verres le soir, son uber, son shopping. Il y a le fait de payer l’assurance de sa voiture si on a la chance d’en avoir une ou bien de participer à l’entretien de celle de papa et maman. Il y a le fait de se payer ses vacances. Bref, quand on passe dans le monde des adultes, c’est surtout l’aspect financier qui nous fait réaliser qu’on grandit. Papa et maman ont été gentils 18 ans, ils ont subvenu à nos besoins et à présent c’est aussi un peu à nous d’y parvenir. Maintenant on peut travailler donc quand on veut quelque chose, on travaille pour se l’offrir.

Malgré le fait qu’on ait l’impression que tous ces frais nous font devenir adulte, j’ai compris en déménageant que ce n’était pas comparable à l’adulte que je deviens maintenant.
Vivre à Londres m’avait déjà un peu mis les pieds dans le plat avec le fait de se responsabiliser, de se mettre des coups de pieds aux fesses soi même, de se discipliner. Etre adulte c’est faire ce qu’on veut, quand on veut et comme on veut. Il n’y a plus personne pour nous dire « fais ci, fait ça », c’est à nous de prendre les initiatives. Cela veut dire qu’on peut passer tout un week-end enfermé chez soi dans son lit sans que personne ne nous dise quoi que ce soit ou tout un week-end dehors à faire la fête en ne dormant que 4h en 48 heures. Voyez là deux extrêmes qui illustrent pourtant bien que devenir adulte c’est une nouvelle liberté, c’est ne plus à avoir de rendre de compte.

En prenant complètement mon indépendance, j’ai analysé que à 18 ans, la loi nous appelle des adultes. Durant le lapse de temps où on n’a pas quitté le cocon familial et que nos parents nous surveillent toujours d’un œil, nous sommes des pré-adultes en formation sur ce monde réel et ses obligations. Quand on quitte le nid, qu’on a son travail, un copain ou une copine, là on devient adulte plus qu’un terme qu’on utilise pour se définir mais sur le fond également. C’est le vrai monde, celui des grands dont on rêvait quand on avait 8 ans et qui ne nous semblait pas aussi contraignant qu’il l’est réellement. C’est le début du reste de notre vie, le début de nos choix, de nos joies, de nos galères. Quelques années où on vit le fait d’être adulte de manière un peu égoïste en se concentrant sur soi avant de prendre la responsabilité qu’ont eu nos parents avec nous, en devenant parent à son tour.

Si je vous parle de ça c’est parce que l’autre jour, en parlant avec une amie, je me suis rendue compte que la vie allait si vite. On était là à parler de la fin des études, de mon travail, de mon emménagement et là mon amie me dit que bientôt on arrivera à parler d’enfant. Tout va si rapidement. C’était comme si on avait eu notre bac hier, mon master il y a une heure, un contrat de travail il y a 10 minutes et que j’avais signé mon bail il y a une seconde… Et pourtant c’est vrai. Demain on parlera d’enfants, au lieu de prévoir notre grosse soirée du nouvel an on échangera des tips sur les préparatifs de nos mariages, on comparera les crèches de nos enfants, on s’invitera à dîner à 20h plutôt que de se dire qu’on se rejoint au bar à 23h. Oui, le temps passe tellement vite, trop vite. Moralité : il faut apprécier chaque seconde.

Je cherche toujours comment être une « bonne » adulte, une adulte qui correspond à l'idée qu'on se fait d'un adulte, une adulte qui fait les choses correctement. Je ne suis pas un exemple mais j’essaye d’apprendre à être une adulte, à me comporter comme une adulte alors que je veux juste sauter sur mon lit, danser dans le métro, chanter dans la file de la caisse au Monoprix. Tous les jours, je travaille avec des gens qui ont l’âge de mes parents et moi, j’ai cette folie des débuts, je ris, je chantonne, je suis spontanée, je veux un peu révolutionner le monde. Eux, ils ont fait leurs classes, ils sont un peu lassés. Dans ce monde du travail, j’apprends encore à être une bonne employée, à faire les choses bien là aussi.

Dans ces deux mondes parallèles, j’avance à tâtons, je cherche à être une bonne personne, une adulte responsable qui sait tenir son budget, se responsabiliser et se lever de son lit plutôt que regarder « Love » sur Netflix mais aussi à être une employée dont on est fière, qui mène correctement ses projets, qui sait comprendre les codes de l'entreprise sans laisser sa personnalité trop l’envahir. J’essaye de faire les choses bien et parfois, ça m’embrouille. A vouloir faire les choses bien, je me perds dans ce que je dois faire et je culpabilise de me mélanger les pinceaux car je vois des adultes qui gèrent travail, maison, enfants, vie sociale sans soucis pendant que je suis en plein apprentissage de cette vie où on aimerait que les journées durent 30 heures pour pouvoir faire tout ce qu’on doit faire.

Je suis en apprentissage, apprentissage de la vie et je me sens extrêmement dépassée par tous les dossiers à suivre, je l’avoue. Menée mon déménagement et mon renouvellement de contrat en même temps n’a pas été une mince affaire tout en essayant d’avoir du temps pour voir mes amis, pouvoir quitter le travail avant 19h30 pour voir ma mère et mon frère le soir mais aussi être à 7h du matin à la livraison des meubles dans mon nouvel appartement. Petit à petit, la liste des dossiers se structure et les cases s’imbriquent mais vraiment... petit à petit.

Dans mon apprentissage, j'ai déjà retenu deux choses : vive les adultes car c'est quand même super cool de pouvoir être fier de ce qu'on est en train de construire et respect à ceux qui ne deviennent pas fous et submergés par tout ce qu’ils doivent faire. 

Peace and love comme dirait PNL (roh c’est bon même les adultes blaguent !), prenez soin de vous 
Romy

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