Coeur de cristal

lundi 10 avril 2017


Les jours se suivent et les articles s’espacent, je m’en excuse.
Le mois de mars s’est terminé de manière fracassante et le mois d'avril a débuté à vive allure. Pas toujours facile de trouver l’équilibre vie pro et vie perso, de répondre à tous ses engagements, de faire avec les aller-retour un peu partout et de tenir le cap sans trembler. Après tout, personne n’est parfait, nous ne sommes que des humains et je suis toujours à la recherche de l'équilibre adulte.

Avant de revenir avec des articles à proprement lifestyle et de tourner la page de mes humeurs, je me suis dit qu’il fallait quand même que je couche mes 10 derniers jours comme pour repartir sur une base plus solide. La première raison c’est que j’ai souvent eu l’habitude de me reposer sur le blog pour avancer dans les joies comme dans les moments plus tristes, écrire c'est aussi se dégager de pensées. La deuxième raison c’est que peut-être vous aurez une idée miracle, une expérience concluante, à me partager parce que c’est bien ça l’intérêt d’internet finalement, c’est de s’aider les uns les autres ?

Je vais mieux que je ne pensais aller ce qui est un point positif (ou alors après réflexion je suis complètement dans le déni ; je ne sais pas encore). Il n’est pas facile de dire au revoir à un proche, de reposer le livre et de savoir qu’il n’aura de suite. Il faut digérer le « the end » et dans ce genre de situation, je suis une madeleine comme vous n’en avez jamais vu. J’admire les personnes qui ne laissent rien transparaître, qui intériorise leurs maux. Je n’assume pas toujours ma faiblesse parce que je me dis qu’à 22 ans je devrais être plus forte que ça... Quand on perd quelqu’un, on ne pleure pas pour la personne, on pleure pour nous, on pleure notre tristesse. Nos pleurs ne changeront pas les faits, c’est nous qu’on plaint. Alors quand on perd quelqu’un, il y a un vide dans nos cœurs et on se dit qu’on ne veut plus jamais ressentir ce vide parce qu’aimer c’est prendre le risque de perdre quelqu’un. Aimer c’est être vulnérable, c’est donner le pouvoir à l’autre de nous dire au revoir, de nous toucher comme ne nous toucherait pas un autre. Quand ce vide apparaît, il y a l’amour qui cherche un repère, neuf ou existant, auquel se raccrocher. Quand ce vide apparaît, je me rattache davantage à mes proches, j’essaye de combler, un peu comme un junkie, ce vide et cette peur du prochain vide en surcompensant ma présence auprès de mes proches. J’ai besoin d’eux tout le temps, de les appeler, de les toucher. J’ai besoin de ma dose d’amour, de famille. J’ai besoin de savoir que je n’aurai pas gâcher de moment, que je n’aurai pas de regrets au prochain vide. J’ai besoin de leur dire que je les aime. J’ai besoin de leur montrer qu’ils sont toute ma vie.
Après 7 ans à user cette technique, je ne dirai pas que c’est une thérapie infaillible mais c’est la seule que j’ai trouvé qui me maintient à flot. Etre là dès que j’ai du temps libre, privilégier mes proches à mes amis, préférer dire non à un samedi soir arrosé pour être sûr d’être d’attaque le dimanche matin, célébrer tout ce qu’on peut célébrer ensemble. Je ne sais pas si c’est la bonne méthode mais c’est à ce jour ce qui apaise mes angoisses.

Il n’y a pas de recette miracle pour faire face au deuil, s’il y en avait une on nous l’aurait déjà partagé. C’est une étape de la vie comme beaucoup d’autres à laquelle on n’est pas préparé et où il faut improviser. Il n’y a pas de règles d’autant que chacun réagit à sa manière. Il faut faire face parce qu’il n’y a pas le choix. Il faut continuer à avancer. C’est ce que j’ai appris ces dernières années, qu’on ne pouvait pas empêcher ce qui allait se passer, que pleurer ça soulage mais ça ne change pas les faits et que la meilleure manière d’honorer ceux qui nous ont quittés c’est de les rendre fiers et de vivre pleinement. On croit en ce qu’on croit, on ne croit pas. Certains ont déjà accepté que notre passage n’est qu’éphémère. Ce que j’ai surtout appris c’est qu’il faut en parler, il ne faut pas craindre d’être faible et vulnérable, il faut dégager nos pensées car les garder pour nous-même augmente le mal-être, les questions enrichissent la dépression et parler, c’est un pas vers l’acceptation.

Prenez soin de vous 
Romy

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