Art de vivre 2.0

dimanche 30 avril 2017


Avant que vous ne lisiez la version finale de ce récit, j’ai dû m’y prendre à 5 fois. Ce n’est pas simple de trouver le bon début et de me mettre les mots justes sur notre ressenti.

Les semaines défilent et cette plateforme, la notre, la mienne où j’écris, la votre où vous venez, n’est plus celle de ses débuts. Je sais, chacun des derniers articles commençaient de la même manière. Il n’y a pas de réelle justification à cette absence mais reprenons les événements de ces derniers mois.

2017 a commencé comme une nouvelle année qui allait ressembler à la première année du reste de ma vie, ma première année adulte. La première année où du 1er janvier ou 31 décembre, j’allais travailler. Janvier est passé très vite, une très grosse conférence de presse sur les bras et la recherche d’un appartement ont occupé tout mon temps. En Février, moins de travail mais j’ai signé le bail et s’en est suivi les après-midi Ikea, les cartons et les coups de téléphone à EDF. En Mars, rebelote avec beaucoup de travail et ce tâtonnement pour trouver un équilibre dans ma nouvelle vie. Mars s’est terminé sur un « au revoir », Avril a commencé avec de nombreuses questions en tête. Avril a été le mois bancal où j’essaye de me rattraper à ma famille tout en faisant face à la vie et où je suis en vadrouille à dormir chez moi, dormir chez ma mère, dormir ailleurs. Depuis que j’ai emménagé dans mon appartement, je n’ai pas dormi plus de six nuits de suite dans mon lit et cette phrase résume bien ma vie actuellement toujours en recherche de stabilité.

L’autre jour, j’ai écrit un article où je relate mon expérience d’être enfin adulte. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, c’est normal cet article est toujours en brouillon. Avec la campagne présidentielle et mon incertitude, j’ai encore une fois remis en cause ma place dans la société. Où je suis. Qui je suis. Comment je fonctionne. Je pense que ça joue sur la manière dont je m’exprime ici ou sur les médias sociaux parce qu’avec cette campagne, on nous a demandé de trouver notre case et moi, je ne me suis retrouvée nulle part. Je n’arrive pas à me décrire, décrire ce en quoi je crois, ce à quoi j’aspire. La différence est une richesse mais la différence immisce aussi le doute.


Venons en à nous, à ce que nous partageons.
Je suis ce qu’on pourrait appeler quelqu’un qui est marié à son travail, qui adore ce qu’elle fait, qui ne compte pas vraiment son investissement. Quand je ne suis pas au travail, je garde toujours un œil sur la presse, sur ce qu’on dit sur mon entreprise ou encore sur nos résultats sportifs. Depuis le 1er octobre, je n’ai pas décroché une journée. Quand je ne suis pas au travail, j’assouvie ma vie sociale en voyant mes amis. Mon frigo pourrait être le cliché du frigo de célibataire si seulement je dinais chez moi. Pour faire simple, mon frigo ne contient même pas de plats préparés, mon frigo est vide. Quand je ne suis pas au travail ou pas avec mes amis, je retrouve ma famille. Et quand je ne suis ni au travail, ni avec mes amis, ni avec mes proches, c’est que je dors.
Je suis consciente que le rythme de vie que je mène n’est pas sain mais je suis ce qu’on pourrait une toxico qui a besoin de combler le vide. J’ai besoin de planifier, j’ai besoin de me projeter. J’ai besoin de savoir que je vais être occupée. Alors je ne prends plus beaucoup de temps pour moi, pour me poser, pour écrire, pour réfléchir à ce qui m’arrive, pour partager les péripéties du quotidien. Je comble le vide et ce n’est pas un art de vivre qui me satisfait. Oui je dis « art de vivre » comme les anglais disent « lifestyle ».

Je cherche mon équilibre, la juste balance entre tous les acteurs de ma vie afin de m’épanouir dans mon environnement. Je planifie, je planifie mes séances de sport, le yoga, mes repas. J’essaye de trouver ma ligne directrice, je me dis qu’en notant tout je ne pourrai pas oublier. Je planifie les jours où je me fais des masques. Je mets dans mon agenda quand j’ai une série à regarder. Je comble le blanc de mon agenda avec des activités pour donner un sens à ma vie, pour la satisfaire. J’essaye de trouver l’art de vivre qui me convient. Celui où body et mind sont en osmose. Je suis en pleine réflexion sur moi-même, sur quel sens donner à ma vie. Cela paraît compliqué, un peu superficielle et très narcissique mais voyez vous, la semaine dernière j’ai réalisé que dans un an, je ne travaillerai plus où je travaille, que je devrais tout recommencer et que pour que ma vie ne se résume pas à mon boulot, il fallait que je vive pour autre chose que du cyclisme, des communiqués de presse et des emails. Pour vivre pour plus que ça, je suis en quête de mes rituels pour moi, des joies pour moi. J’ai pris des vacances, à l’étranger, pour être certaine de déconnecter, de penser à moi. Nous partons faire un mini road trip en Italie. Je ne vous dis pas où, surprise.


On s’écarte un peu du sujet principal. Vous et moi.
Dans ma quête de trouver un sens à ma vie, il y a aussi la question du sens de ces échanges, de nous. Est-ce que je fais bien les choses ? Suis-je ridicule ? Qu’est ce que je veux vraiment mettre en avant ? Sur quoi ai-je envie de mettre la lumière ? Je grandis avec cette plateforme, je grandis avec vous et je change. Pas toujours certaine qu’on se retrouvera, qu’on aspirera à la même chose. Alors j’ai toujours un milliard de choses à vous raconter parce que j’en apprends tous les jours sur tout mais je me demande si mes leçons de vie vous intéressent ou si vous êtes passés à autre chose. C’est toujours moi et le monde, mes yeux qui voient, mes oreilles qui écoutent, mes mains qui touchent, mon palet qui ressent. C’est toujours la même base mais une base qui veut explorer d’autres choses. Je ne compte pas abandonner the ginger temper. Je l’aime, j’y pense tous les jours mais j’ose moins. Je m’en veux parce que c’est un peu mon échappatoire et je pense que ça a sa place dans l’équilibre de mon « art de vivre », il faut juste que je trouve comment et quand.

Je ne sais pas si une réponse, des mots ressortent de ce récit.
Je me suis dit qu’en vous parlant de mon ressenti, cela serait la première pierre pour reprendre ma place ici, que cela me forcerait à honorer mes propos, à renouer ce lien avec vous.
Ces trois photos identiques avec des filtres différents ne sont pas un parallèle à faire avec le fait que j’ai la tête dans les nuages mais au fait que je les ai prise en attendant que « dix pour cent » commence mercredi soir, chose que j’avais bien évidemment noté dans mon agenda pour combler le vide qui apparaissait après 20h. L'exemple même qui justifie que ma vie cherche son sens.

Ne me prenez pas trop pour une psychopathe. Je suis inoffensive en vrai.
N’oubliez pas de prendre soin de vous.

D'ailleurs, comment vas-tu ? 
Quel fut ton kiff du mois d'avril ?

A très vite.
Love.

No Comments

Enregistrer un commentaire