Le cyclisme c'est (presque) comme le football

dimanche 5 mars 2017

Quand on travaille dans le sport, on est forcément arrivé dans ce milieu parce qu’on affectionnait une discipline plus qu’un autre. Le football, la natation, le ski… On a tous un sport de prédilection. L’avantage du milieu c’est que même si on entre par une porte, les autres ne sont pas fermées. Venir du football pour atterrir à la pétanque ou encore du rugby pour finir président de la FFT. Pour ma part, après avoir commencé par le football, fait un détour par la lutte, l’organisation de courses, me voilà débarqué dans le monde du cyclisme.


J’ai longtemps, innocemment, associé le cyclisme au Tour de France et à mes étés passés devant la télévision avec mon grand-père. J’étais bien loin de m’imaginer qu’il n’y avait pas que le Tour dans la vie mais bien des épreuves de Coupe de France, un championnat de contre la montre ou même un calendrier UCI World Tour avec des épreuves partout sur le globe. Le cyclisme vit toute l’année de mi-janvier à Octobre, sans relâche et comme dans le football on retrouve des imposteurs qataris (désolée j’étais obligée). J’ai donc longtemps pensé qu’il n’y avait aucun intérêt à pédaler sur des cols ou encore aucune stratégie payante, si ce n’est le dopage, pour revêtir le maillot jaune. 10 ans plus tard, la gamine de 12 ans ne pense plus du tout cela et a pu parfaire son éducation cycliste en s’enrichissant d’un vocabulaire riche en métaphore.

Certains disent que ce n’est pas compliqué de tirer dans un ballon, je confirme également que ce n’est pas compliqué de faire du vélo sans les roues mais si ce n’était pas compliqué, tout le monde pourrait le faire et tout le monde ferait le Ventoux sans soucis. Puisque ce n’est pas le cas c’est que c’est compliqué et contrairement au fait qu’on pourrait croire que c’est un sport individuel car le cycliste est seul sur son vélo, c’est bien un sport collectif. Au football, il y a le 4-4-2 qui correspond au positionnement des joueurs, au cyclisme il y a la technique du train qui est aussi un positionnement qui consiste à faire en sorte que les coéquipiers du sprinteur se place en tête de peloton pour le protéger et l’accompagner jusque dans le sprint final. Et oui, en étant généralement à l’avant du peloton, tu mènes la cadence, tu gardes dans ta roue ton sprinteur qui ne fait que suivre donc modère ses efforts et dans les derniers mètres tu lui laisses la place et il fonce. C’est donc bien un sport collectif, il y a des équipiers et des leaders. Comme en Equipe de France, pour que Giroud marque, il faut bien que Matuidi lui fasse la passe. Si on veut que son leader gagne une étape, il faut l’accompagner jusqu’à la flamme rouge.
Aussi, comme au football, chacun à sa spécialité : il y a les rouleurs qui sont performants sur les longues distances et adeptes du contre la montre, les grimpeurs qui sont à l’aise sur les côtes au fort pourcentage, les puncheurs qui arrivent à attaquer rapidement pour se sortir d’un peloton ou d’une échappée et prendre l’avantage dans les classiques ou encore les sprinteurs qui, après s’être économisés toute la course derrière leurs équipiers, se lâchent sur les derniers 300 mètres à pleine puissance.

Au football on a des sombrero, des panenka, des ciseaux… Des gestes techniques quoi. Le cyclisme a lui aussi un vocabulaire qui correspond a des gestes techniques ou en tout cas au commentaire d’une situation comme « être en chasse-patate » qui correspond a un cycliste qui se situe entre deux groupes, souvent l’échappée et le peloton ; on parle aussi de « bordure » quand le vent arrive de côté en ¾ face et que le groupe de tête du peloton doit se positionner en cascade (ou éventail disent certains) pour protéger le dernier coureur de la ligne du vent ; l’expression « mettre un coup de fusil » signifie attaquer pour sortir du peloton… Bref, comme tout sport, le cyclisme a lui aussi son jargon d’initié et parfois, il faut revoir le lexique pour bien tout comprendre.

Je ne suis pas une experte du cyclisme mais vous l’avez compris, je m’y initie. Je commence à bien connaître les dates clés du calendrier UCI et d’ici le Tour de France, je suis certaine que j’aurai étoffé mes connaissances en équipes World Tour. Pour l’instant, je me contente de ma connaissance sur les grands noms mondiaux et le cyclisme français mais d’ici juillet les Lotto Soudal, Astana ou encore Quick Step n’auront plus de secrets pour moi. Bien sur, si seulement il ne fallait pas apprendre aussi d’autres noms d’équipes quand on s’intéresse au cyclisme féminin, cela me faciliterait sûrement la vie mais puisque tout le monde n’a pas la logique de sponsoriser du cyclisme masculin et du cyclisme féminin, il faut retenir deux fois plus d’équipes (d'ailleurs je reviendrai vous parler de cyclisme féminin car c'est plus intéressant qu'on ne le pense et promis ce n'est pas la RP qui parle). Grâce au cyclisme j’ai donc fait mon premier paddock, eu pitié de ces mollets à l’air quand il fait 3 degrés dehors et qu’il faut faire 200km de vélo, découvert un écosystème business plus proche du football que je ne l’imaginais, rencontré ceux pour qui on crie sur le bord des routes de France en juillet et je sens que ce sport me réserve encore de nombreuses bonnes (et mauvaises sinon ce ne serait pas drôle) surprises…

Par curiosité, quand je vous dis « cyclisme » qu’est ce que cela vous évoque ?

Prenez bien soin de vous,
Romy



No Comments

Enregistrer un commentaire