De la trompette d'Ibrahim Maalouf à l'accordéon de Claudio Capeo

dimanche 12 février 2017



Vous savez que votre grand-mère vous connaît par coeur quand elle vous dit « j’ai regardé les Victoires hier soir, j’ai essayé de te voir » alors que vous ne lui aviez même pas dit que vous vous y rendez. Moi, prévisible ? Si peu.

C’est sans grandes attentes que je me suis rendue au Zénith vendredi soir pour les Victoires de la Musique. Seulement l’espérance de trémousser mes fesses sur le live de Jain et de baver devant Vianney.
Que celui qui pensait que les Victoires étaient la fête de l’année descende de son petit nuage. On ne va pas tourner autour du pot pendant 10 ans mais ce genre de soirée où les invités ne sont « que » des invités partenaires font qu’on a l’impression de se retrouver à un séminaire géant où tout le monde se retrouve et fait le point sur ce qui s’est passé depuis l’édition précédente où les mêmes personnes s’étaient vues pour la dernière fois. Il n’y a pas de « fanbase » représentée alors que ça pourrait dynamiser les gradins du Zénith. Le public est comparable aux bancs parlementaires à savoir cheveux grisonnant et cravate autour du cou.  Malgré la bonne volonté de l’organisation de créer une ambiance lumineuse durant certains lives grâce à une application dédiée, il aurait fallu qu’elle marche sur tous les téléphones. Bref, niveau ambiance on a vu mieux.

Attention, je ne jette pas la pierre à l’organisation ce sont toutes les soirées de ce genre qui sont victimes du crédo « on invite les partenaires et ça se termine en soirée institutionnel où personne ne danse mais boit du champagne jusqu'à la dernière goutte». J’organise aussi ce genre de soirée, je sais à quoi m’en tenir.

Et puis surtout, les Victoires c’est looooooooooooong. Plus de 3h30 de show et pratiquement toujours 45 minutes de retard. Un public qui passe son temps à faire des aller retours. Un tiers de la salle qui part avant la fin pour avoir le dernier métro. Mais le plus beau, 25 lives et découvertes musicales.

On peut reprocher beaucoup de choses aux Victoires dont d’avoir laissé parler JUL sans autotune mais on ne peut que souligner la beauté artistique de la cérémonie. Chaque artiste a la liberté de composer son tableau, d’innover la mélodie de sa chanson grâce à l’orchestre présent. L’artiste peut faire ce qu’il veut, dire ce qu’il veut à l’image du message d’Imany. Certains se contentent du minimum alors que d’autres vous donnent des frissons comme l’interprétation de Julien Doré. Ibrahim Maloouf éblouit toujours, Broken Back surprend et Calypso Rose arrive enfin à faire lever la salle après presque 1h30 de cérémonie. C’est l’image que je veux retenir de cette cérémonie, la beauté de cette femme, son humour et sa générosité.


Il n’y aura pas eu de grandes surprises dans les lauréats. Deux victoires pour Jain, la reconnaissance de Renaud en tant qu’artiste masculin. Un plaisir de voir la nouvelle scène pop française récompensée au travers de Radio Elvis. Une jeune génération reconnue pour ses lives avec L.E.J et sa créativité avec Kungs mais qui rencontre aussi des artistes importants de la musique française qui cumulent les albums et dont la carrière s’allonge avec Louise Attaque et Biolay. Une dernière pensée pour Vianney qui repart avec la chanson originale de l’année et le rideau tombe.

Si vous n’êtes pas partis avant la fin, vous aurez l’opportunité de franchir les portes du Cabaret Sauvage pour l’after. Un after dégradé par le retard et des artistes qui se sont éclipsés après les interviews. Quelques VIP et les membres de l’organisation s’y retrouvent pour décompresser, relâcher la pression de semaines de travail interminables pendant qu’au Zénith, ça démonte déjà pour laisser place à un nouveau spectacle.

C’était à vivre parce qu’il y a de gros moyens techniques derrière une soirée comme celle-ci et c’est important de le souligner mais comme toutes cérémonies de remise de prix, ce n’est malheureusement pas là qu’on aura mal à jambes à force de danser ou qu’on râlera parce qu’on se cogne à notre voisin quand on bouge nos bras.


Et à la télévision, vous en avez pensé quoi ?


Beaucoup d’amour ♥ Prend soin de toi.
Romy

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