Les filles pensent trop

mardi 14 février 2017




L’autre jour, je racontais à mon collègue que quand j’habitais à Londres, j’avais longtemps hésité à envoyer un courrier anonyme à mon coloc pour lui dire que sa nana le trompait avec son meilleur pote. A cela, il m’a rétorqué que c’était bien un comportement de « gonzesse ». (Bon la vérité c’est que si seulement elle le trompait sans faire trop de bruit, je serai passée outre mais je vous assure que là, tout l’immeuble était au courant.)
Au delà du fait que je n’aime pas le terme « gonzesse » que je trouve laid, c’est un peu vrai. Y a que une nana pour agir de la sorte mais surtout pour penser à agir de la sorte, en mode je concocte un plan machiavélique en me frottant les mains. Vous visualisez ?

On peut dire ce qu’on veut, nier en bloc, il y a certains comportements qui sont plus masculins ou plus féminins. Comme certaines questions que nous, les filles, on remue dans notre crâne. On fait des dissertations de pour et contre dans nos têtes comme on n’en a jamais fait en philo. Pas besoin de nier j’ai dit.

- On se demande si le mec canon qui nous aborde au bar n’est pas juste en pleine action d’un pari avec ses potes parce qu’il est impossible qu’un mec canon s’intéresse à nous.


- On se demande si on doit dire à notre copine que son mec l’a trompé ou si c’est pas nos histoires parce qu’on n’est pas dans leur couple mais que si on ne lui dit pas ça fait de nous une mauvaise copine parce qu’on n’est pas honnête.

- On se demande si notre jupe n’est pas trop courte, si elle ne fait pas passer un message de fille facile plutôt que de fille qui assume son style alors on change de jupe et on en met une autre et on se pose les mêmes questions et puis on finit par enfiler un jean en manquant de se casser la figure dans les escaliers parce qu’on est en retard (et totalement décoiffée).


- On se demande toujours si la nana qui revient sur toutes ses photos Facebook (parce que oui qui ne va pas stalker le mec qui lui plaît sur Facebook) est une très bonne amie ou bien son ex. On continue puis finalement on se dit que c’est peut-être sa nana mais pas possible parce qu’il ne peut pas avoir de nana, vous êtes beaucoup trop à fond sur lui pour accepter le fait qu’il ait une nana alors vous trouverez forcément une bonne excuse pour justifier cette présence féminine à ses côtés.

- On se demande si on n’est pas trop méchante quand on fait une session commérages avec ses copines, qu’on va forcément avoir un retour de karma parce que quand même, dire que « machine » avait grossi ce n’est pas très sympa alors on a l’ange et le démon qui débattent dans notre tête jusqu’à se dire que si nos copines bitchent avec nous sur les autres, elles font pareil sur nous et alors là on se demande ce qu’elles peuvent bien raconter, de quoi elles se plaignent et alors on n’ouvre plus la bouche pour qu’elles n’aient plus de potins à confier à d’autres.

- On se demande si prendre cette part de fondant au chocolat ne va pas être payé cher sur la balance le lendemain matin alors on se dit qu’on mangera moins le soir et qu’on ne prendra qu’une soupe mais que en même temps on aura plus faim que seulement une soupe et le temps de cogiter, il n’y a plus de fondant au chocolat car quelqu’un l’a pris.

- On se demande si quelqu’un qui nous fait un compliment est juste gentil ou fait de l’empathie ou bien cherche juste à ce qu’on lui fasse également un compliment alors on cherche quoi dire sans que ce soit maladroit mais surtout que le compliment qu’on pourrait adressé soit justifié mais quand notre interlocuteur arrive à la fin de sa phrase, on n’était tellement plus concentré sur ce qu’il disait qu’on ne sait pas quoi répondre et la situation devient awkward.


- On se demande si le vendeur qui nous dit que notre haut nous va bien est sincère ou bien cherche juste à faire une vente alors on réfléchit, on regarde tous les défauts de la pièce qu’on porte, le vendeur insiste et on se dit que si il insiste c’est mauvais signe alors on finit par se dire non, enlever le vêtement et le rendre avant de cogiter pendant une semaine sur pourquoi on n’a pas acheté ce foutu haut.

- On se demande si on avait couru un peu plus vite on aurait eu le métro qui était à quoi et on serait tombé sur quelqu’un qu’on connaissait et qu’on aurait bavardé puis qu’on serait sorti boire un verre et qu’on aurait passé une bien meilleure soirée que devant Netflix parce qu’on n’a pas couru pour avoir son métro et qu’en plus on a attendu trois minutes en attendant le suivant.

- On se demande toujours si c’est notre imagination qui nous joue des tours ou si parfois on ne serait pas vraiment dans un film avec une impression de déjà vu.

Quoi ? Personne n’a dit qu’une fille ne se compliquait pas la vie !

Je décline toutes responsabilités si cette liste vous fait vous demander pourquoi vous n'y avez pas penser avant et que peut-être il faudrait arrêter de se poser des questions parce que ça nous fait perdre du temps, donne des migraines et parce que même si on fait rien, il y aura toujours quelqu'un pour bitcher derrière notre dos.


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