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mercredi 26 octobre 2016


J’ai 22 ans et toutes mes dents.


Je crois que chaque année, quand je prends la parole le jour de mon anniversaire, je démarre avec la même accroche. Je ne sais pas pourquoi je vous parle de mes dents mais c’est la première chose qui me passe par la tête. Peut-être parce que cela rime. Enfin, bref je ne sais pas trop. Cet article est posté à 20h50 parce que ça y est, je suis enfin née et on peut enfin parler de moi plutôt que de François et Hilary.

22 ans et quelle vie ! Depuis que j’ai passé le cap des 20 ans, j’ai beaucoup moins d’appréhension à fêter mon anniversaire. C’est excitant mais ce n’est plus frustrant. Pour mes 20 ans, j’avais angoissé pendant un mois. L’idée de passer une nouvelle dizaine me terrifiait et me faisait sentir… vieille. J’avais cette sensation de ne pas assez vivre, profiter, que c’était déjà la fin et que fini l’amusement, place au sérieux. Finalement ce n’est pas si terrible. J’ai réalisé que faire des plans de vie ne menaient à rien, sauf à la déception. Je fais des plans d’avenir, sur 6 mois, et le reste on verra plus tard.

Je sais que cela peut paraître prétentieux, sans que ce soit l’image que j’ai envie d’en donner, mais cette année, j’ai réellement appris beaucoup de choses sur moi, sur la vie. J’ai fait des choix, rencontré des personnes, vécu des expériences qui m’ont apporté une nouvelle vision des choses, un esprit critique, une délivrance dans certains cas. Je n’ai pas la prétention de dire que je connais tout à la vie mais à travers cette année, j’ai vraiment l’impression d’avoir grandi.

En novembre, il a fallu que je m’ouvre aux autres. J’étais à Londres, je voyais mes camarades de classe en cours, je voyais quelques amis dehors mais j’étais encore trop dans ma bulle. Il a fallu que je casse quelques barrières, protections qui traînaient par ici. Avec ce qui s’est passé à Paris, il fallait s’attacher aux autres pour ne pas sombrer, seule et loin des siens. Alors je suis sortie plus souvent, j’ai traîné plus souvent, j’ai aussi eu une phase d’achat compulsif assez impressionnante et j’ai compris qu’il était important de s’écouter mais aussi, tantôt, de sortir même si on préférerait rester sous sa couette car on a plus besoin de se sociabiliser qu’on ne le pense.

En décembre, je m’apprêtais à refuser un stage sous prétexte qu’il ne vendait pas du rêve. C’était chez un annonceur important, une expérience non négligeable mais un projet à mille lieux de la dimension marketing digitale dans laquelle je faisais mes études. Aujourd’hui ce projet qui s’annonçait barbant est devenu très cool et après mon stage, j’ai été embauché dans un autre service. Finalité de l’histoire : arrêtez de succomber au glamour, regardez plus loin que la première impression.

En mars, j’ai rencontré de nouvelles personnes. Je commençais mon stage et plongeais dans une phase d’adaptation. Après Londres, où je tombais dans une classe inconnue, là j’arrivais dans une société inconnue. Et c’est là que le mot inconnu prend toute sa richesse. Face à l’inconnu il faut être curieux, se remettre en question, sortir de son confort avec ses groupes de pairs, pour découvrir des habitudes qu’on n’a pas, une manière de vivre qui n’est pas notre. Je suis sortie de mon groupe de potes que j’ai depuis le lycée, de ce confort où on s’imagine nos vies dans 10 ans sans être plongé dans la réalité. J’ai compris en regardant plus loin que les gens qui m’entourent depuis toujours que l’avenir est incertain, fait de surprise et que s’imaginer qu’on va se marier à tel âge ou qu’on aura des enfants avant la trentaine est ambitieux. Qu’au lieu d’imaginer, il vaut mieux vivre l’instant et se laisser surprendre par demain.


En mai, j’entamais ma tournée des festivals. A la fin de l’été, je peux dire que j’en totalise 8. Là encore cette expérience m’a montré ce côté débrouillard qui est nécessaire pour « avoir ce qu’on veut ». Il y a le fait de souhaiter quelque chose et le fait de mettre tout en œuvre pour atteindre notre objectif. Il est vrai que je n’ai pas payé de ma poche mes 8 entrées mais contrairement à d’habitude, j’ai fait des festivals ailleurs qu’en région parisienne ce qui veut dire trouver un logement et organiser son transport. C’est sommaire mais cela illustre à mon sens qu’avec la meilleure volonté on arrive à son objectif. Ce n’est pas qu’une question de contact, c’est une question d’envie. On est tous capable d’accomplir nos rêves, de faire notre chemin si on le veut vraiment et qu’on y met de l’énergie.

En juillet, il a fallu que j’apprenne à relativiser mais genre vraiment. Je venais de passer un mois de juin entre joie footballistique, concerts à gogo mais surtout rendu de mémoire et migraines sans fins. J’ai passé un scanner, on m’a trouvé un truc bénin mais qui m’a fait remettre en question ma vie. Est-ce que j’abusais trop ? Est-ce que je m’épuisais inutilement ? Qu’elles sont mes priorités ? Voir tous ces docteurs m’a fait prendre conscience que ma santé était le plus important et si je poste moins ici c’est aussi parce que mes migraines sont de plus en plus violentes et m’empêchent de me concentrer sur un écran.

En août, j’ai compris que ma vie prenait un tournant. Fin juillet, je me fixais sur un CDD, deux semaines plus tard mon stage prenait fin. J’ai compris que les études étaient terminées. Que mon choix devenait concret et qu’il n’y avait pas trop de marche arrière possible. C’était le vrai monde. Celui pour lequel on se prépare depuis toujours. Et figurez-vous que c’est excitant. Pas de peur, que du bonheur. Je touchais au but, à ce que j’aspirais. Je me suis remis au centre du cercle, des choses que je fais pour moi. D’un point de vue professionnel, j’ai toujours suivi mon instinct, avec des interrogations certes mais la finalité était que c’était mon choix. J’ai compris qu’il fallait que j’applique la même chose à ma vie personnelle en me laissant guider par ce que j’aspirais. J’ai toujours eu une certaine aisance professionnelle en étant confiante dans mes choix là où je doute des semaines dans ma vie personnelle pour m’engager. C’est assez contradictoire et je me suis rendue compte que si j’y arrivais dans le pro, je pouvais faire la même chose dans le perso. Suivre mon instinct, arrêtez de douter des semaines.


En septembre, j’ai eu une grande réflexion sur l’amitié. Est-ce que les amitiés d’hier seront celles de demain ? Comment fait-on pour alimenter et préserver une amitié ? Est-ce que cela doit toujours aller dans le même sens ? A vouloir être entouré, parfois on se perd dans ce qu’on recherche vraiment. Est-ce qu’on veut des amis là pour faire la fête de temps en temps ? Est-ce qu’on veut des amis pour se confier ? J’ai compris qu’il y avait certaines amitiés qui ne nécessitaient pas de se parler toutes les semaines, si elles sont fortes alors elles tiennent la route. J’ai compris que je ne devais pas m’obstiner pour avoir des gens à qui parler, des gens avec qui sortir. L’amitié, tu le sens ou tu ne le sens pas mais tu ne te force pas. Les gens veulent partir, laissons-les s’en aller. Cela n’empêche pas de prendre des nouvelles de temps en temps. L’amitié doit être vivante, pas frustrante.

Ce mois-ci, j’ai aspiré à être une adulte, une vraie. J’ai pris une fonction, un titre. J’ai pris un rôle dans une entreprise. J’ai des envies de trucs de grand comme un appartement. J’ai des envies de voler de mes propres ailes, dans un chez moi. En plus, tous mes potes s’installent dans leur chez soi alors ça donne des idées. Je rêve d’une vie un peu en adéquation avec le fait d’avoir son premier boulot et ce qu’on imagine que ça représente. Pourtant j’ai bien réfléchi et je ne veux pas quitter ma maman non plus. Enfin, je sais que même si je pars, je serai fourrée chez ma mère tous les week-ends, c’est mon repère. Et puis plus j’y ai réfléchi, plus j’ai remis en question le fait de déménager à Paris même. Il y a en effet ces mauvais résultats chez le pneumologue qui me trottent dans la tête. Je ne peux pas vouloir guérir mon asthme et déménager à Paris. C’est incompatible. C’est un problème d’adulte en soit, trouver une solution pour combiner les avantages et les inconvénients. Alors je le dis depuis trois ans déjà mais je cherche toujours le sens du mot « adulte ». Je ne sais pas si j’en suis une, je me cherche encore. J’espère que j’en suis la voie. Je ne suis pas un exemple mais j’espère n’être pas un mauvais exemple.

Je n'ai que 22 ans et tant mieux. J'ai hâte de voir ce que la vie me réserve, les aventures qui vont suivre, les joies qui vont me faire sourire et les déceptions auxquelles je vais devoir faire face. Ma vie ne fait que commencer après tout mais elle semble prendre une bonne direction.

Une leçon à me partager pour que demain soit encore meilleur ?
 

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