Un pour tous et tous pour un

vendredi 30 septembre 2016


Il y avait hier soir un sentiment d’excitation au Palais des Sports. Après des années de travail, une histoire narrée, des chorégraphies élaborées, des costumes confectionnés, il était l’heure de présenter ce travail de longue haleine et comment, après des mois de répétition, la comédie musicale « Les 3 Mousquetaires » a pris forme.

Le succès d’une comédie musicale repose à mes yeux sur trois critères : son thème principal, la dimension artistique des chansons et des danses et la dimension scénographique des décors et costumes. Ce qui est bien et qu’on ressent beaucoup ici, c’est que techniquement parlant les comédies musicales évoluent avec leur temps. Année après année, le son est toujours plus précis et les décors sont toujours plus réalistes grâce à de la 3D et des animations ingénieusement pensées. C’est d’ailleurs la force principale des 3 Mousquetaires, une scénographie animée autour de 4 tours triangulaires qui tantôt s’animent tantôt restent sur une ligne, des décors projetés très bien illustrés et ces couleurs vives, lumineuses. Une scénographie précise qui contraste avec des costumes simples, aux couleurs unies. Il y a seulement les dames qui changent de vêtements, une fois, et les danseurs sont de rouge, d’argent ou de nude vêtu pour toujours plus de sobriété. Il y a donc sur scène cet équilibre décor – costume qui nous permet d’apprécier des tableaux minutieusement travaillés et de ne pas perdre nos regards dans trop de détails.

Le succès d’une comédie musicale ce sont aussi ses têtes d’affiches ! Après M. Pokora dans Robin des Bois, c’est Olivier Dion l’homme de la troupe. Il joue le rôle de D’Artagnan accompagné par Aramis, Damien Sargue, Athos, Brahim Zaibat, et Porthos, David Ban. Les 4 acolytes ont une bonne alchimie sur scène et chacun est mis en valeur de manière différente. Olivier Dion a son rôle de leader et on apprécie sa voix mais aussi son petit accent dans ses moments de dialogue. Damien Sargue est un homme de comédie musicale qui maîtrise parfaitement l’exercice en toute émotion dans « Un jour ». Brahim Zaibat nous offre acrobaties en tout genre et surtout un magnifique duo de danse qu’on pourrait controverser car il arrive un peu comme un cheveu dans la soupe mais la grâce du moment nous fait oublier qu’on ne comprend pas comment on en est arrivé là. Enfin David Ban a cet humour lié à son personnage et nous partage un agréable moment acoustique à la guitare. Emmené par ces 4 garçons, la troupe est belle, la Reine est belle, Milady est sexy et Constance est jeune mais pas naïve. Mais on a un regret.
La troupe de cette comédie musicale n’est pourtant pas la plus vaste que j’ai connu et pourtant j’ai l’impression qu’on expédie la présence de certains personnages. Le Roi n’a pas de chanson pour lui, le Cardinal en chante une et surtout, les dialogues sont expéditifs. On a un sentiment de précipitation dans la narration de l’histoire, c’est à peine si les personnages s’échangent deux répliques avant qu’un nouveau tableau démarre. Cela est un peu dommage dans le sens où on ne s’attache pas du tout à l’histoire. Que ce soit les 3 Mousquetaires ou un autre roman de Dumas, il n’y a finalement pas de différences. Quand on découvre une comédie musicale sur scène, on connaît déjà les chansons, on a vu quelques clips et on a une petite idée de l’univers graphique et c’est donc ces mots, dialogues qui ajoutent un plus à ce qu’on ne connaît pas déjà. A la fin de la représentation c’est anecdotique car on apprécie l’ensemble mais durant celui-ci, on regrette l’enchaînement rapide des titres.


Venons en à ces chansons d’ailleurs. On dit souvent qu’on juge un concert ou une représentation à travers les trois premières chansons. Pour celles-ci, on retrouve que des titres connus, passés à la radio, avec « De mes propres ailes » en ouverture et une demi dimension internationale avec « Tout est écrit » qui lie Victoria et Golan Yosef. On a une brève présentation de plusieurs personnages avec D’Artagnan en ouverture, la Reine ensuite puis une rencontre entre le Cardinal et Milady (ne vous inquiétez pas, pour la quatrième chanson nos acolytes se rencontrent enfin). Enfin surtout, les trois premières chansons donnent une idée globale de ce qui nous attend dans le spectacle notamment en danse avec de la danse urbaine, de la danse de couple très sensuelle et du girl power illustrant les enfers avec un peu plus tard même du pole danse. Niveau chorégraphie, on est très actuel et c’est charmant. Il y a de tout pour le plaisir des yeux. Un peu plus tard on retrouvera de la danse aérienne, de la danse solo et je pense que de manière générale, le chorégraphe voue un culte à la danse au sol.

Quand la fin arrive, on regrette que ce soit déjà terminé avec un second acte très électro qui nous a fait bouger nos fesses et donc déranger toute la rangée. On aurait aimé plus de construction autour de l’histoire mais l’ensemble marche. La troupe prend plaisir et partage son plaisir, les danseurs vivent leurs mouvements, les chansons sont accrocheuses et les décors vous captivent. Les pièces sont bien imbriquées et la machine est lancée.
Par curiosité j’ai regardé les prix des places et il n’y a pas de vol. Parfois on a l’impression que les places de comédie musicale sont démesurées mais ici, je peux vous assurer que vous en avez pour votre argent et si vous avez un peu de chance, vous n’êtes pas à l’abri qu’un artiste vienne se balader dans un rang près de vous parce que oui, le spectacle prend vit aussi dans la salle et pas que sur scène. C’est un pour tous, tous pour un public compris.

Avant de vous aussi vous rendre à une représentation, n'oubliez pas de réviser les paroles ! La réédition de l'album est sortie aujourd'hui avec 4 titres inédits !

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Petite mention de prévention : A la suite des attentats, j’ai pris pour habitude de mentionner s’il y a des explosions dans le concert ou la représentation. Pour ne pas que vous soyez surpris, il y en a 3-4 lors de la rencontre entre le roi et les 3 mousquetaires.



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