Carrément carrément x The Pirouettes

mercredi 21 septembre 2016


Attention, vous n’êtes pas prêt pour l’univers dans lequel je vais vous proposer de plonger. On pourrait penser que « The Pirouettes » n’est qu’un duo innocent et naïf qui a choisi son nom de scène pour faire référence à nos pirouettes de maternelle mais ce n’est rien de tout cela. En plus d’avoir un nom de scène trop cool, la pochette de leur album aux allures de science fiction est superbe avec cet effet lever - coucher de soleil et quand vous allez sur leur site internet, votre curseur se transforme en chimpanzé (ou en singe, bref). Tout ça pour dire que certes, il est compliqué de trouver le lien entre le mot « pirouettes », l’esprit science fiction et ce curseur animal mais que ça éveille assez la curiosité pour lancer « Carrément carrément », leur premier opus.

Avant tout, un petit historique s’impose. Vickie Cherie + Leo Bear Creek = The Pirouettes mais aussi un couple sur scène comme à la ville. Ils se sont rencontrés au lycée à Annecy quand ils étaient en terminale. A cette époque Léo joue dans le groupe Coming Soon et Vickie préparer les Arts Déco. Aujourd’hui ils sont leur propre groupe et c’est Vickie qui a réalisé la pochette de l’album. Avant d’arriver à cet opus, il y a eu 2 EP et 5 ans de travail pour nous proposer un prochain fou, un peu perché avec des paroles sorties d’on ne sait où, aux mélodies rétros dignes des années 80 en mode clavier intemporel. Ce qui fait le charme de ce duo c’est ce nouveau genre qu’ils proposent, leur différence grâce à un choix arrangement sur mesure et des synthés méticuleusement choisis.

Dès les premières notes de « Coup d'éclat » on découvre ces sonorités entêtantes qui nous donnent envie de ne plus vous arrêter de les écouter tout comme ils n'ont plus envie de s'arrêter d'aimer pour découvrir ce que le futur leur réserve, à eux, leur couple, leur musique. Ils proposent de "laisser place aux sentiments étranges" et c'est une jolie manière détournée de proposer au public de se laisser surprendre par cette écoute, cette nouvelle scène française qui joue avec les sonorités, les mots. Ce n'est pas de la variété, c'est enfin du pop où on chante en français, où on ose, où on compose avec ce qui nous inspire sans faire de l'électro pop rigide où on devine de plus en plus facilement la direction de l'instrumental. On découvre sans avoir cette sensation de déjà-vu. « Carrément carrément » fait penser à un vieux générique de dessin animé façon Bisounours et c'est carrément trop cool.  Je suis fan des couplets de « L'escalier » qui s'inscrivent dans une articulation bien précise entre mot seul et courte phrase. On apprécie dans ces titres toute la fraîcheur de la voix de Vickie et on sent la patte de Léo à travers la rhythmique qu'il maîtrise en tant que batteur.



« Soleil doré » présente le scénario de cette soirée où le mec craque sur une jolie nana, elle a du charisme, elle est jolie, attachante mais elle n'est pas seule. Il détaille la moindre parcelle de son corps et cela donne une chanson remplie d'adjectifs sensuels, le début d'un flirt, d'une histoire d'amour. C'est plus doux que les trois premiers titres mais tout aussi fort. Avec « Amoureux » on les découvre dans un autre registre, plus rap avec des paroles moins innocentes, plus franches et assumés. Ce n'est plus le descriptif de « Soleil doré » mais le concret, deux jeunes amoureux dont les sentiments leurs ont fait pousser des ailes. C'est légèrement égo trip mais si bien maîtrisé. « Jouer le jeu » me fait penser a une de ces chansons des années 70/80, bien clichée mais qu'on passe à toutes nos soirées. Vous avez envie de bouger vos fesses de gauche à droite et de jouer le jeu, celui de la séduction et de ce qu'il adviendra demain. C'est à nouveau les répétitions des mots qui nous interpellent sur « Signaux » sûrement pour mieux capter l'attention du public sur un morceau qui nous parle de cette addiction aux médias sociaux, à Facebook et cette manie d'avoir constamment la tête baissée. A travers « 2016 » il plante la carte postale de leur année, de ce qui leur arrive aujourd'hui, de la création de cet album. C'est drôle de ressentir dans cet opus autant d'inspiration d'hier, de notes qu'écoutaient nos parents pour le remettre au goût du jour et avec quelques arrangements en faire quelque chose d'actuel, de pure produit 2016. C'est l'illustration de cette musique intemporelle. Parfois elle passe ringarde mais elle ne perd jamais de son charme et dans 10 ans, c'est de ce genre de groupe qu'on s'inspirera. On reprendra leurs airs, on le mixera un peu mais la vraie inspiration datera d'il y a 40 ans et ce sera pas has been.

On continue de parler d'amour, de visualiser Léo et Vickie plus amoureux que jamais, rigolant, complices comme on se l'imagine en les écoutant, on a cette impression qu'ils vivent un amour d'adolescent depuis des années alors que non, c'est un couple qui regarde l'avenir, un avenir où ils sont adultes, ont leur appartement... C'est de cette projection dans un couple que parle « Je nous vois ». S'en suit « Au bord de l'eau » qui aborde un autre sujet de cette relation à deux : la jalousie et cette façon qu'on a de penser que ce mec ou cette nana prendra le coeur de notre moitié parce qu'il a l'air plus beau ou plus sympathique. On invoque cette sensation d'insécurité et c'est touchant, vrai, partagé. C'est avec de l'écho que commence l'avant dernier titre « Dans le vent d'été » plus mélancolique. Cette chanson se concentre d'avantage sur les émotions transmises les instruments que par les paroles, peut-être parce que parfois pour parler de ce qu'on ressent on ne trouve pas toujours ses mots. Vickie évoque ici le retour à la routine, après ces mois d'été sans obligations et le retour à la routine qui fait qu'on voit mieux son être cher. Toute cette belle histoire se termine avec « Grand bassin », pop et coloré dès les premières notes. Ils débitent les paroles rapidement presque comme si ils chantaient comme ils parlaient, ce qu'on ressent d'ailleurs à travers les mots qu'ils emploient toujours très simples et créant une certaine proximité. C'est d'ailleurs cette proximité qui clôture ce disque, cette sensation d'enivrement, de perdre les pieds, d'être consumé par le parfum de l'autre, par son amour. Cette fusion de deux corps, deux coeurs, deux amours profonds. Leurs textes sont globalement assez métaphoriques et c'est ce qui crée la puissance de leurs mots, entre poésie et punchline.


A travers ce disque on fait le tour de l'amour, il y a le flirt, le manque, la passion, la jalousie, penser à un avenir à deux... L'amour de Vickie et Léo nous donne envie de se perdre dans notre prochaine relation, de lâcher prise et d'aimer passionnément.

Je ne vais pas passer par 4 chemins car découvrir leur musique fut le rayon de soleil de ma semaine. On ne peut pas vraiment leur associer de genre, ils sont leur propre genre, rose bonbon et pirouettes. Ils sont uniques et je trouve ça très cool d'utiliser ce mot pour parler d'un artiste. De dire que dans tous les albums que j'ai écouté depuis vendredi, je n'ai rien trouvé de ressemblant. C'est frais, pop, joyeux. C'est génial et c'est le renouveau de la musique française. Pas besoin d'être cérébrale, juste d'aimer la musique, s'évader et entendre parler d'amour.

Par manque de chance leur concert le 5 octobre à La Maroquinerie est déjà complet mais du coup ils reviennent le 5 janvier, même heure même endroit.

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