Rencontre avec Benjamin Francis Leftwich

jeudi 18 août 2016


"Je dirais que « After The Rain » est un disque aux sons beaucoup plus dynamiques que « Last Smoke Before The Snowstorm ». Il dispose d'un large éventail de couleurs en lui."





A la veille de la sortie de son second et nouvel album « After The Rain », on a posé quelques questions à Benjamin Francis Leftwich. On voulait en savoir plus sur ses inspirations et surtout sur cet état d’esprit qui l'a animé lors de la composition de cet album. Rencontre avec un artiste qui aime les mots mais qui surtout aime vivre ses chansons, les ressentir et les offrir à son public.

5 ans après votre premier album, que pouvons-nous attendre de celui-ci? Avez-vous essayé de mettre de nouveaux sons et instruments?
Mon goût pour la musique s’est développé et a bien varié. J'écoute beaucoup plus hip hop, musique électronique et pop que je le faisais avant de sorte que certains de ces sons ont influencé la façon dont je pense en studio et comment j’agence mes morceaux. Je dirais que « After The Rain » est un disque aux sons beaucoup plus dynamiques que « Last Smoke Before The Snowstorm ». Il dispose d'un large éventail de couleurs en lui.

Votre album s’appelle « After the rain », est-ce un moyen de dire que vous avez vécu une tempête et qu’en écrivant sur ce sujet maintenant vous vous sentez mieux? Que la musique est une thérapie?
Je ne pense pas que vous pouvez être totalement guéri ou fixé la douleur mais vous pouvez apprendre à vivre avec elle et être en paix avec elle. J'aime la musique plus que la plupart des choses si bien que le processus de création, l'enregistrement et jouer en live peut être thérapeutique mais cela peut aussi être douloureux et ravageant en fonction de la journée, ou votre humeur ce jour-là.

La première chanson "Tilikum" fait référence à beaucoup de sentiments, à votre père aussi, mais donne aussi de l’espoir. Est-ce que cette chanson et « Immortal » sont là pour nous aider à traverser l’épreuve après avoir perdu quelqu'un? Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous avez travaillé sur ce thème?
Je pense vraiment que Tilikum et Immortal font référence à l'avenir et aux jours meilleurs à venir dans les paroles. Il est difficile de décrire exactement l'humeur dans laquelle j'étais lors de la création de ces chansons mais c’était vraiment une réflexion avec et sur moi même, ouverte et honnête dans laquelle je me suis retrouvé une grande partie du temps en réalisant « After The Rain ».
Bien qu'il y ait beaucoup de tristes et contemplatifs moments sur l'album il y a aussi des références à espérer pour avoir avenir meilleur et pour les belles choses à venir. Je pense que l’album est équilibré émotionnellement.

Votre deuxième single « Mayflies » est moins acoustique que le premier, plus possessive mais aussi plus descriptif dans les paroles, est-il important pour vous qu’à travers vos paroles votre public puisse s’imaginer une scène, une histoire, quelque chose de réel?
Oui, je ne peux écrire que sur mon expérience personnelle donc je suis inspiré et influencé par le monde autour de moi. Je suis un penseur visuel et beaucoup de la musique que j’aime est assez descriptive dans les paroles. Je suis dans l’idée de peintre une image avec ma musique et de regarder un album comme un spectre de couleurs après j’essaye de m’assurer que toutes les couleurs y sont représentés.



Le clip de cette chanson s'installe dans un temps figé, qu'est-ce que vous voulez vraiment partager à travers elle?
La vidéo pour Mayflies fait référence à une scène lumineuse et viscérale figée dans le temps. La chanson est à propos de la tentation et de traîner dans un autre monde où vous savez que vous ne devriez pas aller.

On vous retrouve encore dans un genre indie vibes / folklorique dans lequel nous apprécions l’instrumental, l’acoustique, les balades… Où trouvez-vous l'inspiration lorsque vous composez? Quels musiciens inspirent votre style?
Lors de l'écriture de mon premier album, j’écoutais uniquement des chanteurs acoustiques comme Ryan Adams, Fionn Regan, Elliot Smith, Laura Marling, Jose Gonzales, etc. Au cours des dernières années, mon goût pour la musique a varié et s’est considérablement élargi. Je suis inspiré par la musique ou l'art qui me touche. Il est difficile de nier l'inspiration quand elle vient à vous si fortement. Certains des artistes dont je suis tombé amoureux récemment sont Nine Inch Nails, Kanye West, PJ Harvey, Yann Tiersen, Madlib et John Hopkins. Toute l'énergie de ces musiques inspire mon style.

Avec les premiers singles de cet album, nous avons cette impression que vous aimez jouer sur le contraire et les contrastes : mélodie délicate, mots forts, combinaison des deux. Est-ce une technique pour captiver l'auditeur, de flirter avec lui d'une manière ou d'une autre? Avez-vous ressenti toute l'énergie que vous avez mis dans cet album?
Je ne vois pas de distinction entre ma vie personnelle et musicale. C’est un tout pour moi. Je mets 100% de mon énergie et de mon émotion dans la musique que je fais si bien que je ressens cette énergie. Certains jours, c’est de belles choses et d'autres jours, c’est bouleversant voir effrayant. Ce n’est pas quelque chose de conscient chez moi, je fais ce qu’il me semble juste et adapter pour mes chansons : créer, enregistrer et écrire dans mon propre style avec l'encouragement et le soutien des belles personnes avec qui je suis assez chanceux de travailler.

Si vous pouviez décrire votre album en trois mots, dont l'un seront-ils?
Honnête. Hardcore. Viscéral.

Enfin, quels sont les trois morceaux que vous écoutez beaucoup en ce moment?
Nine Inch Nails – Heresy, Kanye West – Real Friends et Radiohead - Daydreaming

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