J'ai un Pikachu

mercredi 10 août 2016



 
La nana les yeux rivés sur son téléphone ? C’est moi l’autre après-midi dans le parc de Bercy.
J’avoue tout, oui j’ai téléchargé Pokémon Go. Il y a deux vendredis c’était un peu comme mon droit d’entrée à la soirée de ma copine Margaux, soirée où nous avons fini au centre équestre à chasser les Pokémon. Je vous passerai les détails sur la formidable odeur qu’il y régnait. Je suis rentrée de cette soirée en me disant qu’il y 5 ans quand je disais à ma mère que je sortais en soirée, elle devait s’imaginer les pires atrocités et aujourd’hui des jeunes de 16 ans doivent dire pareil mais leurs parents n’ont aucune crainte car ils savent qu’ils vont « juste » chasser des Pokémons toute la nuit. Alors à force de jouer, j’ai réalisé quand même deux – trois petits trucs que je voulais partager avec vous afin d’avoir votre avis.
UN JEU DE GROUPE
Il est vrai qu’en soi l’application se prête à un jeu individuel, pas besoin d’être 15 pour aller chasser des Pokémons mais ce n’est pas le point de vue des joueurs qui se donnent rendez-vous et qui passent leur après-midi à chasser et se raconter leur vie. Vous les croisez en duo, en trio et par petits groupes dans les parcs de Paris. Finalement c’est une ambiance plus conviviale qu’on l’imagine pour un jeu vidéo. Toutefois je dois reconnaître une chose : je n’arrive pas à jouer seule. Je n’arrive pas vraiment à jouer par moi-même et c’est l’effet de groupe qui me fait ouvrir l’application. Quand je suis avec mon frère, avec des collègues ou avec des potes, un lance la conversation et alors je joue. Je n’ai pas besoin de faire la course aux Pokémons, c’est plus un plaisir de groupe. Du coup le souci à cela c’est que je n’évolue pas, je n’ai pas de super Pokémons à 900PV et quand je regarde par hasard ce qui se passe dans une arène, j’en ressors immédiatement car je ne suis pas au niveau. C’est peut-être là le malus, être en concurrence avec des gens qui ont craqué le jeu depuis longtemps, qui sont dans l’esprit compétition plutôt que plaisir et ainsi ne pas pouvoir explorer toutes les disponibilités du jeu parce qu’on n’est pas dans le même esprit. Il y a les compétiteurs et les joueurs du dimanche si je puis dire, un peu comme dans le sport, et ça crée deux univers de jeux en un.
FAIRE DU BUSINESS EN ATTRAPPANT DU VIDE
Qu’on se le dise Pokémon Go c’est quand même un jeu qui a réalisé 200 millions de dollars de recette en un mois sur un principe aussi qui est d’attraper du vide. Parce que quand on joue, on ne voit le côté divertissant et on ne pense pas tout de suite à tout ce business que ça génère et puis on trouve des pokéstops au Pain Quotidien, au Mc Do et on se dit qu’ils ne sont pas là par hasard. On se dit aussi qu’avec toutes les campagnes marketing qui s’appuient sur le jeu comme ces grands magasins de distribution qui vous invite à attraper le plus de Pokémons dans leurs enseignes en échange de bon de réduction, l’intérêt n’est pas que de se divertir, l’intérêt c’est de faire de l’argent comme toujours. Alors personne ne s’en cache et après le partenariat entre Niantic et Mc Donald au Japon pour la création de 3000 arènes et pokéstops sponsorisés, le système devrait trouver d’autres partenaires intéressés par la combinaison d’attirer des joueurs sur leurs espaces et si possible les faire consommer leurs produits. Faire d’une pierre deux coups quoi. Une solution d’affichage publicitaire 3.0 finalement et dissimulé dans le divertissement.
INTRUSIF AU POSSIBLE
Toutefois il faut bien reconnaître une chose, tout comme l’Internet et la collecte de data, Pokémon Go est intrusif au possible. Quand vous n’avez pas le jeu, vous ne savez pas où sont ces arènes et pokéstops, vous ne comprenez pas pourquoi les gens se réunissent ici et là. Prenons l’exemple de l’arène à deux rues de chez ma grand-mère, c’est mignon mais ça se saurait si ma grand-mère jouait à Pokémon Go alors autant vous dire que ces bandes de jeunes, elle se demande bien ce qu’ils trafiquent. Et puis il y a aussi le positionnement de ces pokéstops dans des lieux symboliques ou des façades. Alors il est certain que ça fait découvrir la ville, découvrir les monuments mais Niantic a fait ses cartes sans demander l’avis de personne et se positionne sur des monuments ou espaces protégés qui sont donc envahis par des joueurs qui ne sont pas concernés par le monument mais par attraper le Pokémon qui s’y trouve. Un exemple simple de ce système intrusif c’est le fait qu’il y avait une arène, supprimée aujourd’hui après réclamation, à l’Ossuaire de Douaumont. Non sérieusement, est-ce si drôle et divertissant de chasser des Pokémons sur un lieu qui rend hommage aux personnes mortes au combat pendant la bataille de Verdun ? Non et c’est bien le problème du jeu qui s’est positionné dans notre environnement sans prendre compte du contexte historique, sociale ou bien politique de son immersion. On pourrait aussi parler de ces arènes au milieu des cours de récréation qui devraient certes avoir beaucoup de succès chez les joueurs mais pas auprès de l’administration des établissements scolaires… Affaire à suivre.
J’avoue donc que je joue à Pokémon Go et c’est rigolo. J’avoue aussi qu’on a pris la voiture hier soir pour faire le tour du pâté de maison afin de faire éclore un œuf mais puisque ça a fait éclore un Ponyta, ça valait le coup. Malgré l’aspect divertissant, c’est comme tout maintenant : du business et de la collecte de data pour mieux connaître et pister ses consommateurs. Un peu comme Facebook et Snapchat quoi.
Et vous, vous en pensez quoi de Pokémon Go ?
Intrusif, divertissant, passionnant ?



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