Knysna de Janeiro

vendredi 12 août 2016




Vous vous souvenez du jour où tout a explosé chez les Bleus ? C’était le 21 juin 2010. Les joueurs de l’Equipe de France de Football débarquent en tong à l’entraînement, décident de faire grève et se retranchent dans le bus. Raymond Domenech s’avance face aux journalistes et lit cette déclaration écrit par le corps des joueurs.

6 ans plus tard, le 9 août 2016 ce n’est pas les Bleus en football qui réitèrent cette blague mais les Bleus qui nous représentent aux Jeux Olympiques. C’est la journée des scandales, celle où cette humilité et cette unité française qu’on nous vend sur Instagram et Twitter n’est que du vent. Je sais ce que vous vous dites « Romane t’es sérieuse ? Tu vas vraiment créer la polémique ? En parler ? ». Bah oui, je ne vais pas m’en empêcher figurez-vous car quand il faut casser du sucre sur l’Equipe de France de Football personne ne se gêne mais là, c’est à peine si quiconque réagit. Très bien, ils ne gagnent pas le même salaire mais ils portent les mêmes couleurs, celles de la France et c’est pour cette raison qu’ils doivent répondre aux mêmes obligations.


Tout commence avec le coup de gueule de Camille Lacourt après la finale du 100m dos. Coup de gueule sur le dopage. Finalement on commence doucement quand on voit ce qui nous attend derrière mais mettre en cause de cette manière toutes les personnes dans ces grandes instances qui ferment les yeux sur ce qui est pratiqué dans les couloirs des piscines, ce n’est pas si malin – surtout en pleine compétition. Ce n’est pas non plus malin de pointer du doigt l’athlétisme même si on connaît tous les revers de cette discipline parce que ça commence dans quelques jours et on aimerait se dire qu’ils tricheront moins. Disons simplement que ce n’est pas son rôle à Camille Lacourt de balancer les petits copains qui pissent violet ou non parce que ça ne fait qu’attirer la lumière sur ses regrets, sur son coup de gueule et pas sur ses performances. C’est aux dirigeants des fédérations de se bouger les fesses, de faire valoir les droits et l’honnêteté de leurs athlètes pendant que ces derniers se défoncent à l’entraînement pour remporter des médailles.


Ensuite viens l’exclusion de Benoît Paire. Quel événement et finalement que d’erreurs dans la gestion de ce cas. Il y a Benoît Paire d’un côté, vilain petit canard odieux qui avait dès le début décidé de faire le moins d’effort possible et a donc profité de sa sélection à Rio pour passer des vacances pratiquement tous frais payés avec sa copine Shy’m. Manquement aux règles de la Fédération, ne participe pas à la vie du groupe et préfère loger à l’hôtel plutôt qu’au village olympique, la sanction ne s’est pas fait attendre et le DTN a décidé de l’exclure. A priori exclu depuis lundi, la Fédération a quand même laissé jouer le joueur mardi et officialisé son exclusion quelques minutes avant la fin du match. Une erreur de la FFT qui aurait dû le sortir de la compétition avant le match, sa décision aurait alors eu plus d’impact et aurait fait office d’exemple pour tous les autres. Quelques minutes après la fin du match, le joueur confie alors sa joie de s’en aller en déclarant : « Je suis content de partir. […] La fédé, ils sont inexistants, donc ce n’est pas très grave. ». Benoît Paire affiche encore sa joie d’avoir passé son séjour avec sa compagne qui elle ne manque pas d’attaquer les médisants avec des déclarations pseudo-philosophiques sur Instagram et Twitter. Depuis Monsieur Paire s’est excusé mais la vraie question c’est : pense-t-il vraiment ses excuses ou est-ce son conseiller en image qui lui a recommandé ce message notamment à l’attention de ses sponsors qu’il cite ? Je vous laisse vous faire votre propre jugement mais pour moi c’est une Anelka bis. Pour clore cette histoire, Monsieur Gachassin n’est pas mieux que Monsieur Espelette quand il déclare «… peut-être qu’un jour, on aura besoin de Paire en Coupe Davis… ». Pour rappel, plus personne ne voulait des Bleus, tous les politiques avaient demandé leur bane mais ici pas de problème. Paire a eu ses vacances à Rio et l’année prochaine, ni vu ni connu, il revient en Equipe de France.


Enfin, retour à la natation parce que qu’est-ce qu’on s’amuse cette année dans les bassins. J’ai l’impression qu’on y fait la fête tous les jours. L'histoire est ici bien trop longue pour être a nouveau décortiqué mais l'Equipe vous résumera ça rapidement. Ce que je constate dans cette histoire c'est le lynchage de Yannick Agnel dans les médias, la colère de ses camarades a son égard et la non-réaction de la fédération. Avec la DTN qui prend la décision finale de qui participera au relais, ils ne peuvent pas se permettre de ne pas justifier leur position après la réaction de Jordan Pothain l'accusant d'être malhonnête. Agnel a été livré en pâture pendant 30 minutes aux journalistes sans soutien, sans personne avec lui pour justifier sa non-participation à ce relai qui n'est a priori pas sa décision, pas d'attachée de presse. Cela illustre a merveille ces fédérations qui ne pensent qu'aux résultats et non à leurs athlètes. Comme l'a souligné Alain Bernard, en 4 ans il y a eu 3 nouveaux DTN ce qui démontre un problème interne dans la gestion de ce sport et ces disciplines mais aussi dans les objectifs menés. Le renouveau est faible, nous sommes inexistants dans certaines disciplines comme la brasse et là où des fédérations ont très bien collaboré avec d'anciens champions pour améliorer leur potentiel technique, pas un seul ne figure dans l'encadrement des équipes de France. Consultants ils savent faire puisque c'est tout ce qu'on leur propose. Je trouve ça inadmissible de la part de cette haute instance, de ce sport si important en France d'avoir si peu de considération et reconnaissance pour ces athlètes qui lui font sa gloire.
Alors oui, cela est peut-être pas "cool" d'insister sur tous ces faits pas flatteurs mais on se permet de pourrir le football continuellement sous prétexte que c'est un sport business et où les footballeurs touchent des sommes démesurées mais aujourd'hui tous les sports sont corrompus, tous les sports sont business et il faut un peu ouvrir les yeux sur le milieu. Les dirigeants des fédérations ne pensent plus sport mais money et les athlètes sont de plus en plus livrés à eux mêmes. Etre sportif de haut niveau ce n'est pas une situation enviable. Dès 10 ans à s'entraîner deux/trois fois par jour, rythme soutenu, on te répète constamment que t'es le meilleur, on te passe tout sous prétexte que tu es bon et voilà où on se trouve quelques années plus tard. Certains gardent les pieds sur terre mais d'autres non. Ce n'est pas que le football, c'est le sport d'aujourd'hui.

No Comments

Enregistrer un commentaire