Backstage et hôtel de ville

mardi 2 août 2016



J'ai pensé qu'il serait intéressant de rebondir sur ma dernière expérience au Fnac Live Festival pour vous parler des accréditations. J'ai l'impression que c'est le mot magique mais aussi le mot tabou. Celui qui fait que les gens se dévisagent pour essayer d'identifier l'autre, savoir si il est connu, comme il est là, pour qui il travaille. Oui parce que bien sur il y a des accréditations "média" mais il y en a aussi souvent pour les partenaires, les vip, les bénévoles alors tout le monde se retrouve avec le même signe distinctif mais d'une couleur différente.

Dans cet article je vais prendre le cas des accréditations en festival car je ne sais pas du tout comment cela se passe ailleurs dans les événements sportifs ou les congrès par exemple, de même que je ne suis pas familière au système en concert.

Pour avoir une accréditation, il y a deux moyens : soit on vous la propose soit vous faites la demande. Certaines agences de presse vous demandent un projet détaillé de votre couverture tandis que d'autres se contenteront d'informations de base. C'est à ce moment que vous faites vos demandes de jours, d'interviews, de captation... Il n'est pas simple d'avoir une réponse du service de presse même pour la plus banale des demandes à savoir des visuels. Il n'est pas simple d'avoir toujours le bon contact pour faire une demande et il n'est pas simple d'avoir le formulaire. Pour la plupart, tout se passe en ligne via des plateformes sécurisées mais pour d'autres il faut renvoyer un document word complété, voir un mail. Une fois la demande faite, soyez tout de même un peu patient car certaines réponses tombent la semaine avant le festival.

Bien sur, à mon échelle toutes les demandes ne sont pas acceptées mais oui bien souvent je suis en festival parce que j'ai eu une accréditation. Attention, je me permets ici un disclaimer : ne pas avoir d'accréditation ne va pas faire que je ne vais pas me rendre à un festival pour autant. Je n'étais pas accréditée pour Solidays cette année mais je voulais vraiment voir certains artistes et ai payé ma place par moi-même. Il ne faut pas croire que c'est un système acquis dont on profite comme on souhaite. Ce que j'apprécie particulièrement au fait d'être accrédité c'est davantage le fait de rencontrer les artistes dans un cadre moins promo que les journées marathon d'interview post sortie d'album, pouvoir prendre des photos avec un appareil de bonne qualité habituellement refoulé à l'entrée et ne pas faire la queue aux toilettes. En tant que passionnée de musique, l'envie de voir un artiste dépasse un badge au bout d'une ficelle.

Alors je ne suis pas un média national, je ne suis pas une déesse de la critique donc oui, on me dit non. L'accréditation n'est pas acquise car on vous permet de remplir le formulaire de demande. L'accréditation n'est pas acquise d'une année sur l'autre non plus. L'accréditation n'est pas acquise même si vous avez de bons contacts avec l'agence de presse ou même si vous fournissez de la visibilité. 

Citons des exemples tout simple mais après deux ans d'accréditations à Solidays, cette année Solidarité Sida a décidé de reprendre le sujet en interne et de faire un tri. Ils n'ont pas éliminé les "webzines", ils ont juste privilégié la popularité. D'autres festivals à l'image des Francofolies sont tellement populaires qu'ils diffusent leur actualité à une trop grande liste de médias pour pouvoir tous les accréditer même un jour. C'est donc un échange à sens unique pour ces envergures là. Il y en a d'autres comme le Main Square que vous sollicitez plusieurs années avant que ça aboutisse mais qui vous offre une chance de donner de la visibilité à l'événement à votre manière. Il y a des festivals comme le Fnac Live où en fonction de votre "importance" vous aurez plus ou moins d'accès, soit un jour soit les 4. 
Pourquoi cette restriction ? On aurait tendance à penser que ça ne coûte rien de donner une accréditation, qu'ils pourraient en donner autant qu'ils veulent puisqu'ils reçoivent quelque chose en échange mais ce n'est pas le cas et c'est normal. Il y a des consignes de sécurité tout d'abord mais on ne peut pas donner des accréditations comme des petits pains à la boulangerie. C'est normal de calculer le retour sur investissement que cela offre en fonction de la portée de la personne, de son audience, de sa popularité. C'est le même système avec les marques qui invitent des blogueurs à leurs événements. Plus tu es populaire, plus tu parles de moi et plus je te ferai des cadeaux. 

Bien sur, il y a des festivals pour lesquels je ne serai jamais accréditée car la demande est trop forte, parce qu'ils ont une raisonnance européenne voir mondiale et que les places sont chères mais il y a des plus modestes festivals avec qui il est plus facile d'envisager des couvertures et c'est toujours intéressant de voir l'envers du décor, de découvrir autres choses que les festivals parisiens. Je ne désespère pas de gravir les échelons mais il faut aussi savoir rester à sa place en fonction de ses moyens.

On me demande souvent si j'ai été accrédité après que je publie un report et parfois je le prends un peu en mode "pouilleuse" genre "toi, accréditée ? mais tu es qui ?" mais j'espère quand même qu'on se retrouve dans ce que je retranscris, que pour les quelques "première fois" que j'ai fait cette année j'ai réussi à décrire l'événement comme une première fois. J'essaye de saisir ma chance pour partager des choses différentes de d'habitude. Parce qu'il y a le blog, les photos mais j'essaye un minimum de partager sur les médias sociaux mais ce n'est pas toujours si simple d'être connecté à 4 endroits en même temps. J'aimerai couvrir ces événements avec de la vidéos, plus de lives mais ça c'est des médias comme Virgin Radio, Greenroom, Melty qui peuvent se le permettre et qui ont une vraie équipe. Virgin Radio c'était 4 personnes au Main Square. Couvrir un festival c'est un plus grand investissement qu'on ne l'imagine, une vraie équipe de professionnels.

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