Manon Palmer en pleine bohème

mercredi 3 août 2016


Ne vous fiez pas au visage angélique et à ce regard perçant sur la pochette de cet EP. Non Manon Palmer n’est pas fournisseuse officielle de balades écrites le cœur brisé comme je l’aurai parié avant d’écouter les premières notes de « Laisse moi partir ». Alors il y a de l’amour c’est vrai mais pour les balades on repassera, c’est un univers pop mais surtout des sonorités orientales par-ci par-là qui piquent notre intérêt. A la première écoute, j’avais l’impression de replonger dans la bande originale de la comédie musicale « Cléopâtre », si ça peut vous aider à poser un cadre.

La mélodie est gaie, joyeuse. Ces sonorités orientales vous invitent au voyage et se lient à des paroles de jeune fille qui sait où elle va. Elle nous parle d'amour, de ces histoires sur lesquelles elle ne veut pas s'appesantir. Elle sait qu'elle mérite mieux, elle sait que l'amour ce n'est ni blanc ni noir mais que si elle n'est pas heureuse alors elle trouvera mieux. C'est ce qu'elle raconte dans "Mon Roi" où elle part chercher "son" roi, celui qui la rendra plus heureuse. De même dans "Laisse-moi partir" où elle n'a pas peur d'être seule plutôt que malheureuse, de rebondir sur son vécu et ses relations comme une adulte. Elle apprend du passé, elle apprend de ses aventures et les raconte. On ne sent pas de défaite dans ses paroles ou même de remord comme on en a souvent quand on parle d'amour et de rupture, on sent la jeune femme qui devient femme. Il y a aussi ce troisième titre "Là-bas" qu'on associe davantage à son expérience musicale et de cette volonté de faire ce qui lui plaît, ce qui la passionne, là-bas où on lui tend les bras sans oublier la bohème de sa voix et le tempo rythmé qui apporte l'énergie à la chanson.
Ce côté oriental, on le retrouve aussi dans le clip de « Laisse-moi partir » où transpirent joie et insouciance à travers cette carte postale de Marrakech. C'est exactement les images que je me représentais à l'écoute de ce titre. Ce visage candide mais pas naïf qui s'épanouie et qui s'affirme dans ce désert, ce paysage digne des princesses des milles et une nuit, cette tenue dans laquelle tu virevoltes.


Enfin, on retrouve également sur cet EP sa cover de « Writing’s On The Wall » de Sam Smith. Une chanson plus douce, qui suit l’acoustique de « Laisse-moi partir » dans laquelle elle nous entraîne au piano. Une chanson pleine de tendresse et de naïveté finalement. Malgré son joli grain et son accent on point comme on dit, je préfère écouter ses titres en français, sûrement parce qu’on y ressent plus de confiance. Et aussi parce que je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que d’user de la langue française pour s’exprimer. C'est tout de même dans ces titres plus calmes qu'elle explore toutes les facettes de voix magnifique et affirmée, sa voix qui prend ainsi le dessus sur l'instrumental.

Cet EP, c'est un grand oui mais c'est surtout une promesse. La promesse de la jeune fille qui grandit pour devenir une femme, la promesse d'un EP qui se transformera en album affirmé, la promesse de faire ce qui lui plaît en mélangeant les cultures, les instruments selon ses envies. Manon Palmer vient de poser les fondations de son univers, des fondations solides qui n'attendent plus que de voir l'édifice s'élever.

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