Culte du corps

lundi 29 août 2016


Je n’ai pas l’habitude de parler corps, fitness ou autre. Peut-être parce que je ne sais pas comment m’y prendre. Parler du corps, de son image est un sujet plus sensible qu’on ne le pense, il faut savoir utiliser les bons mots sans blesser. Ne pas définir ce qu’est maigre, mince ou gros car on en a tous une vision différente. Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas quelque chose dont on parle beaucoup dans ma bande de potes tout simplement parce que même si les mâles de la bande font un concours de biscottos, nous, entre nanas, le poids est un sujet assez sensible. On essaye de ne pas se dévisager les unes entre les autres car une de nos amies est victime de troubles alimentaires. Même si on prend soin de nous et qu’on se motive pour aller au sport, le poids est un sujet qu’on a toujours plus ou moins mis de côté. Ce que je veux dire par là c’est que quand vous avez vu une de vos amies maigrir, petit à petit s’affaiblir, avoir les traits creusés, les mains violettes, ses cuisses faire une de vos cuisses, votre rapport au poids et à l’image que vous reflétez devient différent.

Alors pourquoi je parle de ce sujet aujourd’hui ? Parce que je me rends compte que le culte du corps, de l’image qu’on donne de nous même est une obsession chez les plus jeunes. Prenez mon frère et ses potes, 16 ans et déjà obsédés par leur image, la taille de leurs bras, le 6 pack. Il y a bien sur une idée de se maintenir en forme, d’éliminer et de faire du sport pour prendre soin de soi mais il y a aussi cette idée malsaine qui est de correspondre à un genre, à ce qu’on voit dans les magazines et à une perfection qui n’existe pas. Parce que oui que mon frère fasse une heure de sport dans sa chambre tous les jours n’a rien de trop gênant sauf éventuellement l’odeur de fauve qui s’y dégage mais il ne faut pas tomber dans la spirale infernale de vouloir ressembler à quelqu’un. Il faut s’aimer et s’accepter avec ses qualités et ses défauts. Les corps en une des magazines ne sont pas parfaits et il ne faut pas se référer à un corps sur une affiche mais à notre corps et notre métabolisme. S’entretenir, se muscler, se raffermir, bien sur que c’est une bonne chose mais pas si cela devient une obsession. Notre corps est sensible et il ne faut pas le martyriser avec des régimes à répétition ou un poids qui fait du yoyo. Il faut trouver un équilibre, faire du sport mais aussi se faire plaisir, vouloir un corps musclé pour soi, pour être fier de ce qu’on montre à la plage mais pas pour concurrencer Ronaldo.

C’est comme si on entrait dans une compétition de l’image là où il ne devrait y avoir que de l’acceptation de soi. On se dévisage, on regarde les hanches, les fesses des autres et on se dit « le mien est mieux » ou « j’aimerai bien lui ressembler ». Bon attention, je ne dis pas qu’il faut arrêter de mater hein, plutôt de se comparer. Avec le culte du corps, ces magazines et ces égéries, il y a une course au corps parfait. Comme ces dizaines de photos qu’on voit tous les jours de personnes plus gaulée les unes que les autres sur Instagram et je crains que ces photos mettent une pression chez les plus jeunes. Ils voient ça, ils se regardent dans la glace et ils peuvent avoir un sentiment d’insatisfaction de leur corps mais parce que à 16 ans on n’a pas fini de se développer et la puberté n’est pas terminée.
J’ai peur de l’image de notre société, du formatage instauré à travers les médias sociaux car les jeunes, les adolescents n’ont pas le recul et la maturité nécessaire pour comprendre que ça ne sert à rien de vouloir ressembler à quelqu’un d’autre, surtout à 16 ans. J’ai l’impression qu’à travers toutes ces photos, on leur demande de grandir plus vite, de sauter leur jeunesse où ce n’est pas gênant de se faire plaisir et que maintenant les jeunes filles font attention à leur ligne dès 15 ans. Est-ce ça la jeunesse ? Se priver, vouloir ressembler à Gigi Hadid et faire le top body challenge à peine le brevet dans la poche ? Je ne sais pas si tout cet environnement est très sain, si cette musculation et ces programmes accessibles à tous sont une bonne chose. Du moins cela dépend de l’esprit dans lequel on est et qu’est ce qu’on recherche mais je me demande si le monde ne va pas trop vite, si après les iPhone dès le collège on ne demande pas aux enfants d’être des adultes avant l’heure et de répondre à des standards.

Je regarde la société d’aujourd’hui et je me sens un peu dépassée par cette recherche du corps parfait qui fait perdre les pédales à beaucoup, qui fait douter et perdre confiance en soi. Peut-être que cela n’est que moi, que ça ne choque pas autrui mais je reste perplexe par ce culte du corps qui envahi les esprits des plus jeunes à un moment où ils devraient penser qu’à s’amuser, faire le plus de bêtises possibles et un petit peu réviser leur BAC.



Qu'en pensez-vous ?
Ressentez vous aussi cette culture de l'image dès l'adolescence avec du sport non modéré et des régimes précoces ?


1 commentaire: