Champs Elysées et maillot jaune

mercredi 27 juillet 2016




Du plus loin que je me souvienne j’ai toujours regardé le Tour de France. On partait souvent en vacances au mois d’août alors en juillet, j’allais chez papy et mamie. Papy était un fou de vélo, enfin il allumait la télé, regardait un peu, descendait dans le jardin, remontait pour l’arrivée et le sprint final. J’ai grandi en passant mes étés avec ce bruit de fond chaleureux, les minutes culture de Jean-Paul Olivier que mamie aime tant, les villages départ, les euphories de Gerald Holtz, Laurent Jalabert sur le vélo, sur la moto et derrière l’écran. Je fascinais sur la caravane du Tour, je fascinais sur le vélo. Longtemps je n’ai rien compris, ni le but ni l’intérêt. Puis on se familiarise au vocabulaire, au peloton, à l’échappé, aux difficultés des épreuves de montagne, à cette stratégie que mènent les plus grosses équipes en emmenant le peloton pour imposer leur cadence, à ces tentatives d’échappés. On commence à faire la différence entre un sprinteur, un grimpeur, un puncheur. On retient les noms, on encourage les français. On se souvient de cette émotion en haut d’un col, quand un français gagne une étape ou même endosse le maillot jaune comme en 2011 où Voeckler est resté 10 jours en jaune.

Le vélo c’est comme le football mais en mieux. Le vélo c’est populaire et accessible à tous. Le vélo c’est gratuit et vous pouvez vous mettre où vous le souhaitez au bord des routes d’une étape. En haut de la montagne ou à l’arrivée, c’est le même tarif. Au départ de chaque étape, ce village où vous pouvez rencontrer les coureurs, cette proximité. Ces valeurs de persévérance et de travail initiées par ce sport si compliqué. Je ne sais pas comment ils ont la force et le courage de faire de tels efforts, si intensément et avec deux jours de répit dans la compétition. Parce qu’il n’y a pas que le Tour de France, comme au football c’est une vraie saison qui les attend avec des critériums, des étapes, des championnats et d’autres tours. Il faut tenir, ce n’est pas facile et finalement l’abandon ce n’est pas qu’un signe d’échec mais un signe de fatigue parce que oui, c’est très difficile.

Et après ça vous me dites «  de toute façon ils sont tous dopés ». Le vélo a, là encore, comme le football une image qui le poursuit. Au football c’est le sport business, l’argent et les égos des joueurs qui plombent le plaisir de se passionner pour un sport qui réunit et non qui classifie. Au vélo c’est le sport de tricheur, celui où on se dope et qui a été terni par les idioties de Lance Armstrong. Alors oui il y a du dopage, comme il y a du dopage en Russie, comme il y a du dopage au travail, comme il y a du dopage partout. J’ose espérer qu’il y en a de moins en moins, que le fait d’être davantage surveiller dissuade certains de tricher. Le problème c’est que j’ai cette impression que dans le cyclisme on n’initie pas le dopage quand on devient professionnel mais dès le sport – étude, dès les prémices de la construction d’une carrière et qu’ainsi ce ne sont pas les bonnes valeurs qui sont communiquées. Alors oui le vélo est entaché par le dopage mais il a cet aspect très populaire, très franchouillard et ce parcours sur notre territoire qui lui redore son image. Comme tous les sports il est corrompu, il a ses vices et je pense que si on savait toutes les histoires du peloton, les manigances des coureurs pour s’acheter les victoires, les alliances et les vengeances des équipes, on aurait de quoi écrire 10 saisons d’un soap opéra façon « Feux de l’amour ». Puis croyez-moi, le cycliste et le footballeur ne partagent pas le même salaire mais ils ont quelques vices en commun.

Alors là où le vélo et le football ne sont pas pareils c’est sur le public. Pour faire du vélo, il faut s'acheter un vélo mais pour voir du vélo c'est souvent peu élevé voir pas cher quand il s'agit de se mettre au bord des routes. Pour faire du football, il suffit d'un ballon ou même d'une paire de chaussette si vous voulez. C'est minime mais pour voir votre joueur favori, cela vous coûtera un bras. Ce sont deux sports populaires, les plus populaires en France si ce n'est que je pense que regarder du football c'est ouvert à tous alors que regarder du cyclisme, il faut être initié. On ne se dit pas "tiens si je regardais des mecs pédaler", ce n'est pas un réflexe naturel alors qu'on se dit "tiens si je regardais des mecs jouer avec un ballon". Le vélo est davantage intergénérationnelle que le football, de mon point de vue et finalement le vélo reste assez blanc. Quand on regarde du football, il y a une identification très simple et facile à toutes les cultures, toutes les contrées, pas dans le cyclisme finalement où sont peu représentés les africains, les asiatiques, les sud-américains. Forcément cela fait qu'une partie de la population regarde moins, il y a moins cette fierté nationale, ce sentiment d'appartenance. 

Dimanche, j'ai eu la grande chance de pouvoir suivre l'arrivée du Tour sur les Champs. C'est un événement qui me porte, qui me conquiert. C'était incroyable. Ce n'est pas juste les voir le temps de 30 secondes comme sur une étape où le peloton passe à une vitesse fulgurante. Là c'était les voir faire 8 tours, accélerer, progresser, se distancer, s'échapper, jouer le final car il ne doit rien avoir de plus beau que de gagner l'épreuve sur la plus belle avenue du monde.

Un jour, j'espère pouvoir travailler sur le Tour de France. Dormir 3 heures par nuit, enchaîner les kilomètres, vibrer avec les gens en bord de route, suivre la caravane, être épuisée oui mais vivre l'expérience du Tour de France. Ou encore faire une étape dans une voiture, avec la radio du tour, avec la passion d'un directeur sportif. C'est le plus gros événement de France, le plus populaire, celui de mon enfance, d'aujourd'hui et de demain. C'est le Tour. 


Et vous qu'est ce que ça vous évoque le Tour de France ?
Les vacances, l'ennui, la passion ? Je suis curieuse :)


1 commentaire:

  1. J'aime beaucoup le Tour de France... je trouve que le cyclisme a quelque chose que les autres sports n'ont pas (en tout cas sur les compétitions à étapes/grands tours) c'est le côté épopée. Comme dans tous les sports on passe par toutes les émotions : la confiance, la joie, la tristesse, la déception, l'euphorie, la colère, l'agacement, la persévérance, le découragement... Mais il y a en plus le côté aventure, épopée, que n'ont pas forcément les grandes compétitions de handball ou de football même si les joueurs restent ensembles pendant un ou deux mois... il y a le côté aventure... les chutes dont ils se relèvent lors qu'ils sont râpés de partout... et parfois les chutes dont ils ne se relèvent pas, aussi. Le côté aventure, j'apprécie beaucoup !

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