Vie IRL vs vie virtuelle

mardi 26 juillet 2016



La semaine dernière a été pleine d'agitation. Il y a eu mon retour de Biarritz, puis le Fnac Live et dimanche c'était l'arrivée du Tour sur les Champs. Je pense avoir dormi en moyenne 5 heures par nuit mais c'était pour vivre de si jolis moments. J'ai aussi rencontré la dernière petite cousine de notre tribu, eu une proposition d'emploi et je peux à nouveau conduire sans faire de crise de panique après 100m. Vu comme ça, c'est la fête à la maison et tout roule. C'est vrai et c'est faux en même temps. C'est vrai car tout va bien dans ce que je raconte, dans ce que je montre sur les médias sociaux et c'est faux car il y a toute la partie immergée de l'iceberg sur laquelle on n'a pas forcément envie de s'étendre, les sujets sur lesquels on ne veut pas déprimer. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que même au sein de ma propre famille on ne comprend pas mon mode de vie, on s'interroge sur mes occupations et sur ces photos qu'ils voient depuis l'autre bout de la France. Il est vrai que j'aime partager mes photos, plusieurs façon latergram qui compense mes journées de boulot sans intérêt photographique. J'inonde un peu, je sature les feed Instagram mais cela est plus agréable de poster une photo de Pharrell qu'une photo de mon cerveau aux rayons X.

Ces dernières semaines j’ai été assez distraite par ma santé, au point d’en délaisser ma manière de m’exprimer, dans la vraie vie ou ici. Je parle bien de ma manière de m'exprimer et non de vivre car j'ai compris depuis plusieurs mois que je ne veux pas que mes peurs me tétanisent, avoir de regrets ou même me lamenter dans les maux. Je parle de ma manière de retranscrire ce que je vis, de retranscrire mes émotions et mes sentiments car ceux-ci sont ombragés par les mots et les termes techniques qu’ont utilisé les médecins ces derniers temps. Je me suis recentrée sur moi-même, interrogée sur ce qu’on me dit. Je pense beaucoup et j’essaye de maîtriser par moi-même les angoisses. Oui parce que les médecins, ils parlent leur langage mais ne se mettent pas dans la peau du patient qui n’a pas fait 10 ans de médecine et qui ne comprend rien. Cela fait un mois que j'enchaîne les rendez-vous, avec des spécialistes notamment, et j'ai enfin compris le pourquoi du comment hier soir en allant voir mon généraliste. Parce que oui, vous avez trop souvent des migraines alors vous faites un scanner, le médecin vous dit que tout va bien et finalement, il est écrit sur le compte rendu que vous avez un kyste. Vous voyez un médecin, puis un autre qui restent réservés et puis arrive la neurologue qui vous dit sans passer par 4 chemins que tant que ça "n’explose pas", ce n’est pas grave. Oui très bien, cela ne me rassure pas davantage en fait. Attendre d’être au plus mal pour me "triturer le cerveau". Bien. Alors on ne va pas rentrer dans le détail de tout ce bordel parce que ce n’est pas intéressant mais leçon n°1 : n’attendez jamais deux ans avant de faire un scanner que vous a prescrit un médecin. Oui vous avez la flemme mais cela peut être important pour votre santé. Votre médecin a raison, c’est lui le professionnel, écoutez le. N’attendez jamais quand il s’agit de votre santé. Vous n’avez peut-être pas grand-chose mais il est important d’en prendre soin quand vous n’allez pas bien. Agissez de la même manière avec vos proches et vos amis. Vous voyez qu’ils ne vont pas bien, poussez les à prendre soin d’eux et à ne pas attendre pire.


Alors je m’excuse d’être moins dans l’expression, davantage dans ma bulle. Je pense, je réfléchis. Je passe beaucoup de temps dans les transports, j’ai passé beaucoup de temps chez les docteurs et je déteste ça. J'ai pris un retard considérable sur tout ce que j'aimerai vous raconter, pour sortir de ma bulle et partager davantage. J'ai pris un retard considérable dans mon sommeil aussi mais ça, malheureusement ça ne se rattrape pas. Oui je suis la nana qui fait bailler tout le wagon chaque matin.

Le plus important c’est que je vais bien et tout est toujours aussi excitant autour de moi mais il est vrai, je l’admets, ces dernières semaines ont été partagées entre le plaisir de vivre de magnifiques expériences et l’attente de réponses, l’angoisse, cette sensation d’être inutile et faible. C'est comme si mon cerveau avait appuyé sur pause plusieurs jours pour mieux comprendre, savoir où il va et se reprogrammer.

Leçon n°2 : ne jamais penser qu'on connaît une personne d'après ce qu'elle expose sur les médias sociaux. On y expose que du beau, les paillettes à notre échelle. Internet c'est fait pour rêver, pour s'évader et non pour se lamenter et déprimer. De ce qu'on montre, il y aura toujours quelque chose qu'on voudra cacher. C'est comme ça. Il y a le beau et le moins beau et il y a aussi un peu d'égo, cette envie de montrer ce qu'on réussit plutôt que ce qui nous atteint et ce qu'on rate. 

Coeur avec les doigts

 

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