Fière des Bleus

lundi 11 juillet 2016



Ça c’était mon sourire avant la rencontre, plein d’espoir, de joie, de reconnaissance après ce mois de fête et cette occasion d’assister à cette finale. Ce n’était pas un sourire acquis, le match n’était pas encore joué, mais qui avait l’innocence d’y croire. Mon visage était bien moins rayonnant en fin de rencontre. La stupéfaction d’abord sur ce but d’Eder. L’angoisse en voyant qu’il ne reste que 10 minutes. La hargne quelques temps, avant de me rendre compte que non en fait on ne plantera pas de but, on ne fera pas égalité. La tristesse quand j’ai compris que c’était fini. Les larmes au coup de sifflet final. 

Nous ne sommes pas champions d’Europe. Nous n’avons pas gagné. La coupe n’est pas à nous.

Je ne suis pas déçue, je suis triste. Je ne suis pas déçue car un mois durant les Bleus nous ont fait vibrer, nous ont rassemblé, nous ont engagé. Nous nous sommes enfin rassemblés pour quelque chose de beau, de positif et cela faisait trop longtemps que ce n’était pas arrivé. Nous avons vécu football, nous avons espéré, nous avons juré. Nous avons tremblé, nous avons sauté. L’histoire a commencé un 10 juin, elle s’est terminée un 10 juillet. Il n’y a pas de « happy end » mais il y a les souvenirs, l’émotion, les frissons.
Je ne suis pas déçue, je suis triste car j’aurai préféré que n’importe quelle équipe gagne plutôt que le Portugal. Je ne dis pas ça méchamment ou parce que je n’aime pas le Portugal, je dis cela dans le sens où un match de football c’est 90 minutes et le Portugal ne sait jouer qu’en 120 minutes. C’est quand, dans quelques mois, on les retrouvera à jouer les qualifications pour la Coupe du Monde qu’on se rendra compte de leur valeur, là où après 90 minutes il n’y a pas besoin d’un gagnant mais d’un résultat. Je suis triste parce que j’ai l’impression qu’on se fait arnaquer sur la marchandise et que ce n’est pas vraiment du football. Sans compter l’anti-jeu et leur gardien à la bip bip.

Je suis triste mais je suis aussi reconnaissante. On a fait la fête dans notre pays. J’ai eu la chance d’assister à 4 rencontres dont l’ouverture et la clôture. J’ai vécu un Euro, vraiment, entre fanzone et bar, stade et aire d’autoroute. J’ai communié avec des inconnus. J’ai barbouillé de drapeau bleu blanc rouge les joues de toutes les personnes que je croisais. Je n’ai pas abusé de Tourtel, j’ai préféré collectionner les verres Coca Cola. 

Je suis triste parce que oui j’y ai cru, je nous voyais champion d’Europe. Je trouvais l’histoire si belle. Champion à la maison. Ce ne sera pas pour cette fois mais un jour, prochain, on redeviendra champion. En attendant je suis fière des Bleus, fière de mon maillot, de mon pays. Je suis fière de cet Euro à succès. Merci à ceux qui se sont mobilisés, aux volontaires, aux forces de l'ordre, aux stadiers... On n'a pas gagné mais on a bien rigolé.
  

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