Festival report : Main Square de A à Z

jeudi 7 juillet 2016



« T’as regardé le match dimanche soir ? », voilà la question à laquelle j’ai répondu « non » une centaine de fois lundi. Non, je n’ai pas regardé le match car je revenais du Main Square Festival. J’y ai été pour le week-end, découvrir l’ambiance du festival, ses festivaliers mais aussi pour la musique bien sûr, suivre des lives attendus et d’autres moins attendus. C’était la douzième édition, un festival bien rodé qui mérite donc son abécédaire.

Direction donc Arras. Festival du nord mais pas tant que ça puisque à seulement 55 minutes en train de Paris Gare du Nord. Facile d'accès, petite marche de trente minutes pour monter jusqu'à la Citadelle depuis la gare. Il n'y a rien de plus simple et il est impossible de se perdre.

Vous allez me dire ce n'est pas très positif mais quand même, je ne pouvais pas faire cet abécédaire sans mentionner la Croix Rouge qui a multiplié les interventions tout le week-end. Ils ont été géniaux, très disponibles et juste pour vous donner une petite idée de leur réactivité, c'est 200 interventions qu'ils ont fait durant le set de Nekfeu. 200 interventions en une heure, je leur tire mon chapeau car ça a été sport.

J'ai été étonné de trouver autant d'Etrangers. Le public du Main Square c'est des français mais aussi des anglais, des belges, des néerlandais. A proximité de différentes frontières, c'est presque aussi facile de venir depuis Paris que depuis Londres et vous passez votre temps à croiser des personnes qui viennent de d'autres horizons. On parle toutes les langues, on se rencontre, on échange et on parle de l'Euro bien sûr. 

Du coup on en vient au Football. Il a bercé le festival tout le week-end grâce à un écran géant qui avait été mis en place pour retransmettre les matchs. La folie bleu blanc rouge s'est emparée des festivaliers dimanche, presque tous avaient revêtu leur maillot et arboré les drapeaux français sur les joues, enfin quand ils n'étaient pas fait à l'envers bien sûr. C'est dingue comment un drapeau français devient vite un drapeau néerlandais, ou alors c'était peut-être une ruse de voisins hollandais venus au festival.





Comment parler du Main Square sans vous parler de la scène de la GreenRoom ? Impossible. C'est la petite scène, la scène découverte. L'inconvénient de cette scène c'est sa délimitation sur les côtés, vous êtes très vite compressé parmi la foule mais cela crée aussi une belle ambiance. J'ai découvert sur scène des coups de coeur comme pour Bear's Den ou Tiggs Da Author. D'ailleurs, je me serai bien fait un concert depuis la terrasse du stand GreenRoom mais sorry, pas de bracelet vert pas de terrasse qu'il a dit le vigile. 

Avec cette line up 2016, le Main Square a proposé du vintage en accueillant Louise Attaque, Les Insus, Iggy Pop ou encore The OffSpring mais aussi de la Jeunesse avec Marina Kaye, L.E.J, Years and Years, Jake Bugg... Avec une line up aussi riche et diverse c'est un public lui aussi variée qui était au rendez-vous mais toujours plein d'énergie de vivacité. On vient au Main Square en famille, entre potes, de 7 à 77 ans et on prend tous autant de plaisir. Il y a les titres d'hier et ceux d'aujourd'hui. J'ai adoré d'ailleurs découvrir L.E.J face à ce public mixte, cherchant les bons mots pour s'adresser au grand comme au petit comme elles le font à travers leurs métaphores dans leurs chansons.





Mesdames les blogueuses mode, arrêtez tout ! L'apparat des festivals c'est le onesie et rien d'autres. Vous en trouverez pour tous les goûts, toutes les tailles et tous les genres. Licornes, crocodiles, tigres... C'est la folie des animaux. Je me demande sincèrement comment ils arrivent à tenir toute une journée de festival à sauter, danser, vagabonder dans ces pyjamas d'hiver mais si ça les amuse !

Mention spéciale à Mass Hysteria à qui je décerne le prix du meilleur live. Ce n’est pas du tout mon style de musique mais je dois reconnaître qu’ils ont chauffé le public comme aucun autre acte. Ils réussissent à capter votre attention, à vous concerner, vous arrêter de faire ce que vous êtes en train de faire en délivrant leurs paroles mais aussi leurs mots engagés. Ils sont forts.

Au premier abord, vous pensez que niveau Nourriture votre estomac va tourner au hot-dog, pizza et barquette de frites tout le week-end pourtant ce n'est pas le cas. En effet, quand vous quittez le coeur du festival et les stands des abords de scène, que vous montez par les côtés sur le haut de la Citadelle vous retrouvez les stands de Mange, Lille ! avec des vrais chefs qui vous servent des menus spécial festival. J'ai trouvé l'initiative très sympathique, ça change de toute la mauvaise nourriture qu'on accumule en trois jours et vos papilles vous diront merci. Bien que deux minutes plus tard, vous aurez remplacé le goût savoureux par une nouvelle gorgée de bière.

Si vous n'avez jamais été au Main Square, il faut savoir que les deux scènes sont disposées de manière Parallèle, l'une à côté de l'autre avec entre une étendue d'herbe et quelques arbres pour engorger l'écho. J'ai trouvé les scènes beaucoup trop proches et la résonance de la Main Stage étouffait à mon goût beaucoup trop l'artiste qui pouvait se produire en parallèle en live sur la GreenRoom. Déjà qu'avec la tonalité électro des artistes de la GreenRoom, la voix de ces artistes était toujours plus basse que leur instrumental mais en plus avec la seconde scène si proche, parfois ils n'étaient qu'une voix dans le paysage. Un peu dommage pour apprécier à sa juste valeur ces prestations.



Dans cette ambiance globalement rock, punk et métalleux, ce sont nichés quelques beats de Rap avec Macklemore & Ryan Lewis, Yelawolf et Nekfeu. Des sons différents pour un public tout aussi endiablés et déchaînés. On a tout autant sauté, chanté et apprécié ces airs que ceux des autres. Ils ont apporté une coupure dans cette line up bien rangé, ces tonalités US, ces paroles à contre sens. C'est d'ailleurs ceux qui ont le plus joué sur la scénographie, le décor. Ils sont venus avec leur univers, leurs danseurs et ça faisait un peu moins scène de festival et minimum vital.

Comment ne pas vous parler du Main Square sans vous parler de l'incroyable expérience que proposait Samsung. Je vous assure que cette phrase n'est pas sponsorisée mais pour moi par exemple qui était triste de manquer les Eurockéennes et leur superbe programmation, Samsung a fait toute la différence. Partenaire des Eurocks et du Main Square, Samsung a proposé tout le week-end une expérience de réalité virtuelle à travers ses casques VR afin de suivre en direct tous les concerts de l'autre festival. Une expérience de multiplex a 360 grandiose qui montre qu'on n'arrête pas le progrès.


Vous vous souvenez de The Struts ? Il y a deux ans je vous avais partagé ma tristesse de les manquer en première partie des Rolling Stones au Stade de France alors croyez-moi que de les voir au Main Square, cela m'a fait journée. Je les trouve fantastique. Cette énergie, cette extravagance mais sans jamais tomber dans le trop, dans le commercial. J'aime leurs instru, la puissance du chanteur toujours juste sans tomber dans le criarde qui m'exaspère. C'est du rock, pur et dur, inspiré de cette époque où Queen brillait. C'est sûrement mon live préféré du week-end car sans fausse note, répondant parfait à l'attente que j'avais d'eux.

Je pensais que c'était en Bretagne qu'il y avait du Vent mais pas du tout, Bretagne, Normandie, Nord, c'est le même combat. Le souci c'est que quand vous allez aux Vieilles Charrues, le vent vous décoiffe mais c'est tout. A Arras, le vent vous décoiffe mais en plus c'est une tempête de sable rouge qui vous aveugle. Ok c'est pas Coachella non plus mais ne vous étonnez pas de trouver poussières et résidus rouge dans votre douche au prochain lavage.

Pour faire le bilan de ce Main Square, on ressent qu'on rejoint un public d'habitués, un public d'étranger et un public passionné. La line up du Main Square est bien ancrée, on sait vers quel horizon on s'oriente quand on booke ses billets mais on n'est pas déçu. On vient pour le rock, la pop, le punk et un peu d'électro, une touche de variété. C'est un festival convivial à la production bien bouclée et organisée. Bonne enfant devant, organisation du tonnerre derrière. Ma seule déception c'est ces deux scènes trop proches, qui se concurrencent trop et la grande scène qui étouffe la petite. Le concert de L.E.J fut un enfer à ce niveau là et sur une heure de concert, vous en avez la moitié haché par la résonance du voisin. C'est une première réussie, il y a eu des fausses notes mais tout de même l'ambiance était folle, les gens chaleureux, les artistes généreux.


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