Festival report : Fnac Bobo Live

jeudi 28 juillet 2016


La semaine dernière à Paris, c’était déjà la sixième édition du Fnac Live Festival. Déjà six étés qu’on se réunit sur le parvis de l’hôtel de ville pour profiter des doux soirs ensoleillés, les oreilles enchantées. Alors il est vrai que cette année c’était un peu moins drôle, avec ces contrôles de police, la place qui n’était pas ouverte comme d’habitude mais ça ne nous a pas empêché de sautiller, de se casser la voix et de ne nous déhancher.

La programmation était encore de grand choix. Il y en avait pour tous les goûts, tous les genres. Il y avait des découvertes, des artistes populaires, des grands noms. Il y avait ces inspirations étrangères qui ont apporté un peu d’orient dans l’air. Il y a eu ces deux soirées spéciales, la première pour l’anniversaire du label Tôt ou tard et celle avec la programmation exclusive de Louise Attaque. Cela a créé une sorte de ligne directrice qui permettait de monter en puissance.



Mercredi, pas d’accréditation mais l’envie de revoir Feu ! Chatterton et Jain était trop grande pour que je reste penaude sur mon canapé. J’ai embarqué Margaux et on ne l’a pas regretté. On aime toutes les deux la poésie de Feu ! Chatterton et je mourrai d’envie de lui faire découvrir la panache de Jain sur scène. Elle est tout simplement incroyable. Elle danse, elle interagit avec le public, on voit qu’elle ne se lasse pas d’interpréter les mêmes chansons tous les soirs, elle saute dans sa bulle et tandis qu’on la bouscule de gauche à droite, on entre dans sa bulle, dans sa joie et dans son voyage. Je suis tout autant amoureuse de ses versions studios que de ses versions live que je prédis que d’ici la fin du mois, j’aurai acheté mes places pour un Olympia.



Jeudi, soirée spéciale pour les 20 ans du label Tôt ou Tard. Au programme Nicolas Micaux, les sœurs du groupe A-WA, Odezenne, Vianney, Yaël Naim ou encore Thylacine. Alors avec ces quelques noms on a déjà une belle image de ce label indépendant qui touche à tout. Il touche à l’orient et l’occident. Il touche aux mots et au sens de ceux-ci. Il touche à la variété, au rap, à l’électro. Il y a eu A-WA, douces et enivrantes. Elles sont magnifiques, vêtues de ces habits aux milles couleurs et même si je regrette qu’elles soient assez statique sur scène elles expriment une telle sensualité dans leur simplicité que ce n’est pas ennuyant à regarder. Leurs chansons hypnotisent et transportent. Je vous invite vivement à lire leur interview pour Lenny Letter si vous voulez en découvrir davantage à leur sujet. A suivi Odezenne que je découvrais pour la première fois. J’ai là aussi été très surprise par la force des mots, par ces sonorités électro qui ne couvrent pas mais accentuent le message rap. C’est un duo complémentaire mais surtout un groupe, avec leurs musiciens qui crée une atmosphère engagée, poétique et rythmée. Ils charment par la mélodie, se retiennent pas les mots. C'est éclectique, puissant, magnifique. Ce n'est pas vilain, c'est la vérité.



Je suis surtout tombée amoureuse de Vianney ce soir-là. Je lui attribue à présent le grand honneur d’être mon Ed Sheeran français. J’ai toujours plus ou moins apprécié ses jeux de mots mais je trouvais, en version studio, ses mélodies trop timides. Sur scène c’est tout l’inverse, c’est une boule d’énergie, une vive expression, des impros, des temps plus longs. Il va de gauche à droite, il se donne et il fait le show. A l’opposé de l’image bien sage et bien droite qu’on se fait lui, il n’est pas assis sur son tabouret immobile, il est vivant et il fait vivre ses chansons, il transmet son émotion. Là aussi je suis prête à prendre des places pour son concert en Mars, je ne sais juste pas si je vais à La Cigale ou si je prends mon courage à deux mains et retourne au Bataclan (en même temps je me dis qu’il est tellement extra en live qu’il me relaissera un « bon » souvenir de cet endroit et que ça peut aider).


Vendredi, c’était enfin la soirée que j’attendais tant. Revoir Hyphen Hyphen, Synapson, Fakear. Tous mes coups de cœur. J’ai d’abord commencé par Sage, déjà vu au Chorus et qui m’avait surpris. J’avais beaucoup moins apprécié son album studio mais le voir en live, c’était les redécouvrir et j’ai eu le même effet vendredi soir. Toujours la surprise, toujours cette satisfaction quand on redécouvre quelque chose qui nous plaît. Puis les mots me manquent pour vous parler d’Hyphen Hyphen. Je les ai rencontré au Solidays en 2015 et un an plus tard, je vous assure que eux ou même leur manager, aucun n’a pris la grosse tête avec le succès. L’année dernière il sortait d’un concert avec Virgin au Parc Astérix, là ils enchaînent les festivals. Ils ont toujours le sourire, ils ont toujours cette énergie et l’envie de donner, de faire plaisir. Ils sont singuliers, ils se sont créés leur univers et le font vivre. Toujours pieds nus comme pour être plus proche de la réalité. Je crois vraiment qu’il faut que je leur dédie un article entier pour vous parler de ce tout qu’ils ont su créer et qu’ils représentent. Après les Papillons de Nuit où j’étais partie un peu avant la fin à cause de la pluie, j’étais impatiente d’entendre tout du long un set de Synapson et bien sûr, ce ne fut pas le cas. C’est comme si quand vous attendiez tellement les choses qu’elles ne finissent pas par arriver, tristesse. Tout avait bien commencé, toujours avec leur teddy, toujours habillé de la même manière, ils sont arrivés sur scène et ont commencé à nous faire taper du pied, sourire, bouger de gauche à droite. Puis ils ont invité Sirius à les rejoindre et là ça a commencé à lâcher. La carte son qui grille, une envie de rattraper le coup à l’acoustique mais c’est bien sur très différent sans ces sonorités électro qui leur son propre. Ce n’est pas grave, cela veut dire qu’il y aura une prochaine fois, pour le plaisir de tout voir. Fakear a conclu et c’est comme Jain, plus je le vois plus je veux le voir. Il vous transporte dans cette bulle, ce voyage oriental, ces sonorités de musique d’ambiance asiatique… C’est un tout qu’il remix, un tout auquel il a ajouté ses musiciens et cela est encore plus charmant. Accompagné de musicien, cela rend l’électro un peu plus humain, un peu moins « je tourne des boutons et le son sort », cela démontre plus le travail d’arrangement et c’est somptueux. Un grand oui et un grand « je vais prendre mes billets pour le Zénith en Novembre ».

Que dire de plus qu’après trois soirées de Fnac Live j’ai envie d’aller à au moins trois nouveaux concerts. Je crois que cela montre bien la qualité des live mais aussi la qualité de ce festival qui propose et invite à la culture. Ce n'est pas parce que c'est gratuit que c'est moins bien, au contraire. Fnac avec ce festival invite le public à la découverte, permet à tous de voir en live un artiste qu'il apprécie en multipliant les propositions musicales. C'est une invitation pour tous les goûts, tous les âges. C'est la musique pour le plaisir de tous et j'espère que c'est un festival qui vivra encore longtemps parce qu'il partage une belle promesse : celle d'une belle soirée avec de la belle musique et des belles rencontres.


Merci Fnac <3
Rendez-vous l'année prochaine, même jour même heure même endroit ?


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