Le nouveau voyage de Flume

mercredi 1 juin 2016



Nous voilà en Juin, le 1er Juin. C’est fou comme le temps passe vite, fou comme j’ai l’impression de répéter cette phrase tous les mois.

J’avais envie de parler musique aujourd’hui, de revenir sur un album sorti vendredi. Je n’en ai pas lu des critiques exceptionnelles. Beaucoup d’avis mitigés, de « trop simple », de « trop figé ». Je ne suis pas complètement d’accord avec ces échos, je trouve cet album bien, très bien. J’ai même déjà prévu d’aller voir cet artiste en concert au mois de Novembre. Il y a tout de même un problème : je ne parle pas le langage « électro ». Quand vous parlez de musique électro, vous avez tout de suite l’impression qu’il y a une centaine de termes techniques à comprendre entre leur beat, samples, les vagues et autre machin que je ne retiens jamais. C’est presque aussi compliqué que d’apprendre une langue étrangère. Presque aussi compliqué que de parler de rap. Alors moi, quand j’écoute un album, quand j’essaye de me construire un avis et de le partager, je le fais avec mes termes. Pas ceux d’un expert, seulement les miens de la personne lambda qui écoute l’album d’un artiste qu’elle aime bien un vendredi matin dans les transports en commun. Oh, et si vous n’avez pas toujours pas compris où je veux en venir, je parle de Flume bien sûr et de son nouvel album « Skin ».



Un voyage cohérent
Cet album c’est comme un récit de voyage. J’ai l’impression de dire ça tout le temps en ce moment mais ici j’imagine un voyage au bord de l’eau, d’île en île et dans lequel les morceaux viennent décrire joies et perturbations. L’album forme un tout grâce à des morceaux qui se diffèrent les uns des autres. Tantôt il pousse davantage le synthé qui plane puis le synthé qui tambourine, la répétition d’un beat, d’une note. Chaque morceau a sa propre personnalité comme si on passait d’un chapitre à un autre.


Une rencontre hip hop
Il y a aussi cette rencontre avec le hip hop qui a son importance dans cet album. On retrouve là des beats dignes des plus grands grâce à des collaborations à succès avec Vic Mensa, Vince Staples ou encore Allan Kingdom, tous jeunes et tous talentueux. Avec ces morceaux, il pousse des jeunes talents, il prend des risques et ça amrche ! Flume réussit à créer une alchimie en mêlant rap, pop et électro et en équilibrant chaque genre pour créer un morceau qui plaît à tous. Ni la mélodie, ni les mots ne prennent le pas sur l’autre. Le génie de Flume s’adapte à chaque situation, chaque message et c’est ce qui est intéressant de découvrir dans cet album.


Des featurings mais surtout de la féminité
Cet album est riche en featuring comme sur beaucoup d’album électro. Flume est là pour composer, pour produire la mélodie et le featuring, l’artiste qui se joint à lui, ajoute la dimension parolière. Ce que j’aime particulièrement sur cet album ce sont les featuring féminins qui ont une place très importantes, notamment « Say it » avec Tove Lo dévoilé il y a un petit moment ou bien « Never Be Live You » avec Kai, déjà un succès. On trouve aussi Little Dragon ou encore Aluna George. Ces voix féminines apportent de la douceur, une sorte de sagesse à cet album pour canaliser le tempérament, la chaleur de l’électro. Cela se combine à merveille avec le voyage musical proposé par Flume. Un voyage entre douceur et explosion.


Enfin, cet album se conclut par « Tiny Cities » en featuring avec Beck. Quand j’ai vu son nom, j’avoue que j’ai fermé les yeux sur les 15 morceaux précédents pour commencer mon écoute par cette chanson et je ne fus pas déçue. La voix de Beck a toujours été incroyable et cette collaboration la souligne davantage. C’est un régal dont je ne me passe pas et définitivement ma chanson favorite.


Je crois que la magie de cet album c’est la démonstration de talent de Flume. Il a toujours été inspiré par des genres différents, par la danse, la house, la trance et apprécié le dubstep, le R&B. Dans cet album, il montre comment ses influences se concrétisent dans son univers, comment il manie facilement les genres, les sons de voix et propose un électro décomplexé. C’est l’album d’un mec qui a mis tout ce qu’il aime dans ce qu’il a créé et qui donne autant de plaisir à l’écouter qu’il a dû en prendre à le concevoir. C’est sensationnel.


D’ailleurs si quelqu’un sait s’il existe le rap pour les nuls ou bien l’électro pour les nuls, dites-moi donc que je perfectionne mes techniques de langage.


En concert le 14 Novembre à Strasbourg et le 16 Novembre au Zénith de Paris.



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