Live Nation, big boss du festival

lundi 6 juin 2016




Si je vous dis Download Festival ce week-end à Longchamp. Si je vous dis Main Square Festival le mois prochain à Arras. Si je vous dis Howl Festival qui devrait revenir à Paris en Novembre prochain. Alors vous me dites Live Nation. En effet, derrière chacun de ces noms c’est Live Nation l’organisateur, lui qui a la main sur la programmation, le budget et qui propose des événements de qualité.



Dans quelques jours, la première édition du Download Festival s’installera à l’Hippodrome de Longchamp après avoir acquis sa popularité depuis 2003 en Angleterre. Le Download c’est LE festival du rock, du metal, du punk et une vraie référence dans cet univers musical. Alors dans un sens, en exportant ce festival dans la capitale parisienne, Live Nation vient concurrencer le Hellfest avec plusieurs groupes déjà passés par là. Parmi les groupes qui ont foulé les scènes anglaises on compte Linkin Park, Aerosmith, AC/DC, Marylin Manson, Rage Against the Machine, Biffy Clyro, Iron Maiden… Et bien d’autres. Pour ce premier rendez-vous à Paris, on compte sur ces grandes légendes de la musique, légendes qui ne peuvent pas dire non à Live Nation et aux cachets proposés. Il faut en effet être honnête, que ce soit pour le Download ou le Main Square, c’est bien la puissance de Live Nation dans l’univers musical et son rôle d’organisateur de tournée qui permet d’attirer de si belles têtes d’affiches et de réunir tous les grands de ces genres sur notre territoire. On peut râler car cela bouscule l’équité des budgets et crée un déséquilibre dans les line up des festivals d’été ou on peut voir cela comme une belle occasion de découvrir en live des artistes qui font des tournées planétaires, à la popularité si importante que la probabilité qu’ils mettent les pieds dans une ville comme Arras est minime alors qu’ils ne passent pas toujours par Paris. Pourtant depuis son arrivée sur le marché, aucun des gros festivals français n’a à se plaindre de cette concurrence car aucun n’a eu à mettre la clé sous la porte et ils coexistent en toute intelligence.


C’est donc avec le Main Square Festival que s’est implanté Live Nation dans le champ des festivals français. C’était en 2008, il rachète un promoteur local, et depuis sont passés par là les plus grandes stars internationales comme françaises à l’image de Placebo, Coldplay, Florence + The Machine, Kanye West ou encore Indochine, Justice, M83... Le festival a deux scènes, une grande et une plus modeste en partenariat avec Greenroom depuis 2011. La line up est plus succincte que d’autres festivals avec moins de quinze groupes par jour mais il n’y a pas un moment de répit. On passe d’une scène à une autre pour profiter de chaque artiste. Finalement ce n’est pas tant la popularité de la line up qui a dérangé les directeurs de festival mais l’industrialisation du marché qu’a suscité avec son investissement Live Nation dans un secteur où officiaient beaucoup de bénévoles.


En 2014, Live Nation a proposé son premier festival parisien consacré aux artistes émergents des musiques actuelles s’imbriquant entre les festivals d’automne du Pitchfork et des Inrocks. Cela avait lieu dans trois salles différentes et mettait en avant des jeunes artistes internationaux comme Sunset Sons ou bien Sheppard qui est apparu l’été suivant sur la scène du Main Square. L’idée de Live Nation est ainsi de produire des grandes stars tout en mettant en avant les talents de demain. La deuxième édition a été annulée à la suite des malheureux événements de Novembre mais là encore de jeunes pousses étaient au programme avec We Are IV, Rudimental, Oscar & The Wolf ou bien Little Comets. La durée du festival avait été prolongée pour s’installer sur 4 jours ce qui laisse à présager une édition 2016 en fin d’année.


Enfin, un autre objectif de Live Nation était d’installer un festival sur la Côte d’Azur. Après l’annulation de la Nice Party en 2012, c’est avec Les soirées de la Citadelle à St Tropez que Live Nation marque son territoire sur un nouveau créneau. A défaut de créer un festival avec plusieurs artistes chaque jour, c’est neuf artistes majeures de la scène actuelle qui se produisent sur 9 soirs du 15 au 30 Juillet. Parmi elles, on retrouve Marina Kaye, Maitre Gims ou encore Louane en clôture. De cette manière, on peut souligner que grâce à la richesse de son catalogue d’artistes, Live Nation peut multiplier les festivals sans pour autant demander aux mêmes artistes de se produire plusieurs fois. Toujours dans le sud, c’est avec le festival I Love Techno à Montpellier que Live Nation a conquis un autre territoire et un autre genre.

Alors bien sur il y a eu des avantages et des inconvénients à l'implantation de Live Nation dans le paysage des festivals français mais voyons les bons points soient des artistes internationaux de renoms et des jeunes pousses, des festivals aux genres variés et dispersés au (presque) 4 coins de la France et une activité qui s'est structurée, davantage professionnalisée depuis 8 ans. Disons plutôt oui à Live Nation et merci d'en inspirer d'autres comme Les Vieilles Charrues qui tentent le pari New-Yorkais en Octobre.






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