Sortir de sa zone de rap

jeudi 12 mai 2016





Au début du mois, j'ai fait l'expérience de sortir de ma zone de confort. Tout a commencé au mois de Janvier, on était en cours de story telling, le cours où on étudiait les théories de Freud, et sorti de nul part Julie me demande si je veux aller voir Mac Miller le 3 mai. Ouai. Ok. La minute d'après les places étaient prises. 

Mac Miller. Comme ça. Le mec que j'écoute tous les 24 du mois. Du rap américain, du vrai, et tous les clichés que je peux avoir sur le sujet. Je ne sais pas trop d'où est sorti mon oui si ce n'est du plaisir d'aller à un nouveau concert. Places retirées, soirée bookée, je n'attendais plus que le jour-j pour vivre l'expérience. 

Il faut savoir que oui c'était une vraie expérience puisque cela était quelque chose de nouveau pour moi. J'en ai fait des concerts de rap, ce n'est pas le problème mais quand on pense rap américain les clichés comme les bousculades, joints dans les bouches de tous, voisins trop alcoolisés, l'artiste un peu imprévisible... vous effleurent l'esprit. Ces clichés que vous énoncent vos parents pour vous dire "non" quand vous avez 16 ans. Finalement vous allez au concert sans trop imaginer votre soirée, son ambiance ou bien même si il se produira une sorte d'alchimie avec l'artiste. Bref, vous n'allez pas à un concert électro où vous savez que vous danserez toute la nuit ou bien à un concert d'indie pop où le gars vous fera chavirer le cœur toute la soirée avec sa guitare. 

C’est donc dans un Trianon pas tout à fait rempli, le deuxième balcon complètement fermé, qu’on s’est retrouvé avec un show qui a commencé à 20h30 pétante. Pas en retard, plutôt en avance par rapport au concert habituel parce qu’à 22h, à notre sortie, il faisait encore trop beau pour se dire qu’on sortait d’un concert. Mac Miller a une énergie débordante, comme je l’imaginais, avec son verre de je-ne-sais-quoi à la main. J’ai davantage compris lors de ce concert que le rap c’était un travail d’équipe, que même si il y a ton nom en haut de l’affiche vous êtes toujours deux, trois voire quatre sur scène. C’est un crew, un vrai, et une énergie démultipliée.
Comme les clichés le disent il y a beaucoup de bières, beaucoup de gens défoncés. Je me suis d’ailleurs demandée si cette odeur de beuh n’était pas là pour prendre le dessus sur l’odeur de transpiration qui émane des aisselles de chacun quand ils lèvent les bras et sautent en troupeau. Oui c’était la minute glamour, désolée, mais je me suis vraiment posée cette question. Enfin il y a eu une surprise ! Le moment que je n’aurai pas du tout pensé vivre à un concert de ce genre : deux personnes en train de « making out » en public. Je ne sais pas comment traduire cela en français tellement cela correspond à cette expression. Ils ne faisaient pas que s’embrasser de manière abusive, ils étaient littéralement prêts à baiser sur place. C’était très gênant, j’étais très mal à l’aise. Surtout pendant que Mac Miller continuait ses chansons rythmées de « motherfucker » ou « bitch ». La classe à Dallas !

Mon seul regret c’est le fait qu’il a finalement assez rapidement expédié ses chansons. Il les chante, telles qu’elles sont, sans ajouter de plus-value par rapport aux versions studios. Moins de 3 minutes. Pas de freestyle. Quelques échanges, quelques « eh oh » mais j’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose, une histoire sur une de ses chansons. Il a pris du plaisir, cela se voyait, mais on aurait pu en prendre davantage si il nous avait ambiancé un poil supplémentaire. Rien qu’un freestyle, un, pour nous livrer une démonstration supplémentaire de son talent.

Expérience validée. Reste à savoir quelle sera la prochaine !



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