FESTIVAL REPORT - Papillons de Nuit

vendredi 27 mai 2016




On l’avoue, on a plutôt l'habitude des festivals parisiens. On y va, on y danse, on y chante et puis on rentre en métro au - presque – petit matin. Ce week-end, on a été jusqu'en Basse Normandie pour vivre un week-end de musique contemporaine comme on aime. On a fait un peu de route pour arriver jusqu'à notre destination : Saint Laurent des Cuves. L'espace de 3 jours, cette petite ville vit à l'heure des Papillons de Nuit. Les routes sont barrées, les grandes tables de dressent au bar "Le Papillon" près de l'église et petits et grands viennent en famille apprécier les artistes au programme.  


Samedi, c'est sous un soleil radieux que Nekfeu a ouvert les festivités avec toute sa bande du S-Crew, de l'Entourage et de 1995. Alors qu'il s'apprête à sortir dans quelques semaines son nouvel album avec le S-Crew, ils nous ont fait part d'une exclusivité en interprétant leur premier single "On va le faire". Une réussite et une assemblée comblée qui attend qu'une chose : découvrir les autres titres de l'album. Comme à son habitude, lui et sa bande ont été très généreux sur scène. Ils donnent beaucoup, ils débordent même de la plage horaire qui leur a été attribuée mais peu importe, on continue jusqu'à la dernière note de "On verra". Le seul regret de son live fut qu'il soit en fin d’après-midi, quand il ne fait pas encore nuit et qu'on ne peut pas apprécier à sa juste valeur la scénographie crée pour sa tournée.




Pour la suite c'est Feu ! Chatterton qui a uni les festivaliers avec son pop rock toujours aussi romantique. Les paroles sont celles qu'on aurait pu retrouver dans la voix de chanteurs impertinents. Eux sont classes, doux et très rock à la fois. La poétique est là, les sentiments et l'amour aussi. Il y a le look, presque un peu dandy. En live, tout semble plus tonique, chaleureux. Ils ont conquis dans la simplicité, comme toujours, sans artifice et avec des titres qu'on a hâte de reprendre à une de leurs prochaines dates. J'avais douté d'eux aux Vieilles Charrues l'été passé et ils se révèlent de plus en plus confiants et persuasifs.


Louise Attaque était l'un des actes les plus attendus de la journée. Ils ont revisité leurs titres d'hier et d'aujourd'hui pour notre plus grand plaisir. Louise Attaque ça a été 11 ans sans album avant de revenir avec "Anomalie" mais pendant ces 11 ans, ils n'ont pas perdu de leur succès. Leurs titres sont des incontournables que nous ont partagé nos parents ou qu'on a découvert à la radio. On les connaît par coeur, on les fredonne. Alors après avoir adopté ce groupe sans l'avoir vraiment connu à son heure de gloire, on avait envie de les découvrir "pour de vrai". Verdict : ils sont d'un nonchalant déconcertant. Ils sont des habitués de la scène et font cet exercice avec beaucoup de facilité, presque trop. Il n'y a pas de fausse note, pas d'erreur de set list et ils passent en revu tout ce qu'on attendait. Ils sont parfaits, toujours aussi rock, à l'image de l'idée qu'on s'était faite d'eux. Ils nous font sauter, danser, bouger. Ils nous font chanter et on crie pour en redemander.

Enfin la pluie a décidé de s'immiscer dans la partie quand fut venir l'heure de se laisser emporter par l'électro de Synapson. Leur duo est électrique et leur alchimie sincère. Pour l’occasion, ils étaient avec deux personnes qui ont collaboré sur leur album : Anna Kova qu’on retrouve dans leur titre « All in you » et qui a une voix magnifique en live, beaucoup plus grave, et Sirius Trema guitariste hors pair avec qui ils ont collaboré sur plusieurs morceaux. Je trouve ça toujours impressionnant les concerts électro. Face à tous ces boutons, leurs doigts exécutent avec dextérité toutes les notes et accords nécessaires à la réalisation de leurs morceaux. Ils sont vifs et concentrés sans pour autant lâcher leur sourire et en participant toujours à la fête. J’aimais déjà beaucoup Synapson version studio mais j’aime encore plus Synapson version live.


Dimanche, plus de pluie et beaucoup de sourires pour cette dernière journée.
C’est le groupe We Wolf, grand gagnant du tremplin, qui a eu l’honneur d’inaugurer ce dernier après-midi avec une atmosphère très « ghost ». J’avais la drôle d’impression que ces 4 garçons étaient en train d’appeler les esprits et que d’un instant à un autre on allait se retrouver dans un épisode de Teen Wolf ou The Vampire Diaries. C’est le genre de musique très psychique, très lente et prête à vous envoûter.





Le duo Les Innocents a suivi face à un public à demi d’initiés à demi de curieux. Quand on les a croisé en backstage on a compris qu'ils avaient sacrément la côte. Après s'être renseignée, on a aussi compris qu'ils n'étaient pas trop de notre génération et cela a davantage éveillé notre curiosité de les voir à l’œuvre. Ils sont simples et s'autorisent de douces blagues. Ils ont cet univers très français dans leurs paroles et dans leur style et pourtant leur mélodie a des accents de pop anglo-saxonne. C'est un mélange électrique et je pense que c'est cette combinaison qui leur donne ce côté un petit peu rock. Ils en ont vécu des choses, dans leur vie et en tournée, et les racontent. Il y a des balades, il y a des airs où vous taper le pied, où vous dandiner les fesses. Avec leur expérience, ils savent comment toucher le public, comment lui donner envie de rester et ça marche, on reste, on apprécie et le lendemain et on les ajoute dans notre playlist des merveilles.


Le gros acte de l’après-midi était réservé pour Boulevard des Airs. Pendant plus d’une heure, le public s’est amassé face au groupe. Malgré la grisaille au-dessus de nos têtes, avec leurs sonorités latines et leur énergie contagieuse, c’était comme si on avait migré sur une plage ensoleillée. J’adore ce groupe, je les trouve très positif dans leur musique. La mélodie est belle, encore plus en live grâce aux sons des trompettes et saxophones qui résonnent. Les paroles sont vivantes, gaies et racontent de sincères histoires. Leur alchimie est visible, c’est une troupe joyeuse. Ils aiment la scène et le transmettent. Sylvain saute dès qu’il en a l’occasion, Mélissa danse, Florent engage le public. Enfin en live, on repère davantage leurs inspirations. C’est pop, rock, un peu reggae et un peu jazzy, c’est de la variété mais moderne, très moderne. C’est un live validé et approuvé !




Puis avant de reprendre la route, on a profité du doux accent de Josef Salvat. On avait hâte de le revoir après cette soirée aux Nuits claires où entre balades et titres pop, il nous avait déjà charmé. Il y a son accent quand il parle français et il y a sa voix, sensuelle, qui vous touche quand il reprend le refrain de ses titres. Il y a toujours ses petites anecdotes pour expliquer le pourquoi du comment des paroles, les histoires d’amour, les sentiments. Il est toujours aussi doux et passionné. Il tient ses notes, il se balade d'un coin a un autre de la scène, il alterne micro et piano. Josef Salvat veut être partout, tout le temps, toucher à tout et tout faire. Il veut offrir le show qu'espère son public et il y arrive.



On aurait voulu rester. Voir, enfin, Louane en live. Découvrir le show de Michel Polnareff mais la route et la pluie nous attendaient. C’est l’inconvénient des week-ends loin de la maison, il y a la route et il ne faut pas traîner. Alors on se dit que ce n’est que partie remise car on a adoré ces deux jours, c’était même trop court. L’ambiance est charmante, le cadre dépaysant, les bénévoles et toute l’équipe du festival sont joyeux à souhait. On aurait préféré continuer notre samedi soir sans pluie mais si ce n’est ça, on retient que du positif.

Les Papillons de Nuit c’est un festival que je vous conseille si vous êtes de Bretagne, Normandie ou région parisienne, si vous avez envie de sortir des festivals au line up un peu étouffante et où vous savez d’avance que vous ne pourrez pas voir tous les actes que vous souhaitez. Cela doit être l’air normand mais j’ai l’impression d’avoir davantage apprécié les performances sans me dire qu’il fallait que je parte au milieu du concert pour un autre artiste et il faut croire que je ne suis pas la seule à penser cela car c'est 66 000 entrées comptabilisées sur les trois jours. Définitivement un festival qui prend de l'ampleur et où retourner !  




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