Trois albums et un concert

dimanche 24 avril 2016


Ils sont trois. Ils sont sortis vendredi Je voulais prendre le temps de vous en parler, rebondir sur ce qui a déjà été dit et partager mon ressenti. C'est dimanche. Vous avez le temps. Vous pouvez écouter tranquillement ce qui va suivre. Aujourd'hui je vous présente trois albums pour trois univers différents : le rap avec MZ, l’électro avec Griefjoy et la variété française avec Benjamin Biolay.


Le flow de MZ
On aurait bien aimé dire qu’on n’était pas fan, que non le rap ne nous avait pas atteint mais c’est faux. J’écoute, j’écoute et je trouve ça intéressant. Les textes sont comme des charades qu’il faut déchiffrer pour mieux comprendre l’artiste, son message, son engagement. L’amour impossible des titres pop se transforment ici en déception amoureuse plus crue. L’abus de drogue du rock se transforme ici en trou noir. Les balades sur les grands-parents deviennent des odes à la maman qui a tout fait pour son fils. C’est plus implicite qu’un titre pop, on ne passe par quatre chemins pour lancer sa punchline. C’est le texte vrai, qu’on n’a pas essayé de retravailler pour cacher un message. On a joué oui mais sans se lancer dans du Baudelaire.
J’ai écouté « La Dictature », j’ai aimé. Ils parlent de tout. Des filles, de la famille, du fait d’être noir. Ils font leur rap, français, comme ils le sentent. Ils ne cherchent pas à copier mais à s’exprimer. Ils en reviennent souvent à leur racine. Ils ont zéro prétention sauf celui de faire les choses comme ils le sentent. Comme quand ils ont rencontré Nekfeu et que ça les a conduit a un succès. Ils sont humbles, avec un franc parlé mais je crois que ce ne sont pas des personnages. Ils ne disent pas qu’ils se cherchent, qu’ils veulent comprendre qui ils sont dans leurs chansons mais bien qu’ils s’expriment, aujourd’hui, avec leurs ressentis. C’est un album sur la vie, sur les galères, sur les leçons que nous apportent la vie tous les jours. C'est un rap ambitieux, comme on aime.


Titres coup de  : Toi sur moi, MD, Akwaba


L’électrique de Griefjoy

Vu en live il y a quelques semaines à la Creative Live Session, j’avais hâte d’en découvrir plus. Griefjoy a composé, a cherché. Ils ont mis du temps mais ils ont fait les choses bien. Ils ont redéfini leur univers s’inscrivant désormais dans un son plus électro que pop qui s’équilibre entre l’acoustique du piano et les synchros composées sur ordinateur. C’est un jeu d’opposé qui s’attire et qui se réunit pour créer des morceaux surprenants, aux tonalités plus accentuées. Avec « Godspeed », ils ont défini leur ligne, crée une unité dans laquelle ils se reconnaissent et se plaisent. Ils ont laissé Guillaume s'occuper des compositions avant de les garnir du petit « truc » de chacun. Ils se fient à un parolier, le même pour chacune de leur chanson, et qui raconte son histoire à travers son voyage autour du monde. Ses aventures nourrissent le disque d’un sentiment d’évasion mais des évasions différentes selon les villes où il a écrit. Aucune histoire n’est la même. Chaque ville a sa manière d’être racontée. Et finalement, on a aussi un peu l'impression que Griefjoy nous apporte le soleil niçois peu importe où on est. C'est le son du sable, de la mer, de la liberté qui nous est conté sous sons alternatifs. Il y a un jeu d’opposé qui s'est construit dans la tonalité et qui se poursuit dans leur univers graphique. Après avoir proposé deux clips en noir et blanc, le dernier en date est en couleur illustrant a nouveau ce jeu du chat et la souris qui s’allient pour créer un son plus vivant, plus électrique et magnétique. On retrouve la même alliance sur la pochette de l’album, la lumière en extérieur, le noir et blanc au milieu. Finalement après avoir redéfini leur style musical, Griefjoy propose un album où ils montrent qu’un genre peut se jouer de différentes manières, avec des instruments différents, tantôt de l’acoustique ou de l’électrique. Tout est affaire de composition, de dosage comme en cuisine et ils sembleraient qu’ils ont trouvé la bonne recette.

Titres coup de  : Hollygrounds, Talk to Me, You My Love



La poétique de Biolay
Benjamin Biolay est un poète. Ce poète qui sait toujours bien jouer avec les mots, les agencer. Il fait vivre ses textes, il nous les fait ressentir.  Alors on avait hâte de découvrir Palermo Hollywood parce que ça faisait un petit moment qu'on attendait le retour du poète. Il n'a pas fait dans le classique, il a fait dans le voyage. Entre la France et l'Argentine, il nous propose d'imaginer une histoire dont ses chansons seraient la bande originale d'un film. On retrouve tout. Les sons argentins, les bruits de rue, l'ambiance aux abords d'un stade de football... On est plongé dans Palermo, on ferme les yeux on y est. A la lecture de cet album on peut s'imaginer dans une histoire d'espionnage à la OSS 117 en plus sérieux ou une romance interdite à la manière de Roméo et Juliette en plus latin. Les chansons fonctionnent les unes avec les autres pour en découvrir plus sur Palermo, sur ce qui anime la ville, sur ce qui plaît à Benjamin Biolay dans cette évasion. C'est plus que des paroles, c'est comme un guide. C'est plus que de la musique mais de l'évasion. Même dans ses clips, on a l'impression de se retrouver au coeur d'un film où la douceur de la voix de Biolay contraste avec le sentiment d'agitation que transmettent les villes d'Amérique du Sud. L'agitation, la fête, prendre son temps... C'est comme ça que j'imagine ces villes et c'est comme ça qu'on les ressent à travers cet opus. Les voix de Sofia Wilhelm et Alika rajoutent une dynamique sud américaine. La question n'est finalement pas d'être fan de Biolay mais d'accepter de se prendre au jeu des mots, de se prendre au jeu des tonalités latines qui s'immiscent dans les arrangements plus classiques. C'est un éveil des sens, un appel à la découverte, une douce mélodie à écouter sans répit.


Titres coup de  : Palermo Queens, La Noche Ya No Existe et Miss Miss


Un concert : William Fitzsimmons au 3 Baudets
Mercredi soir j'ai été écouter William Fitzsimmons au 3 Baudets. Une soirée douce, magique, mélancolique. J'ai découvert William Fitzsimmons avec Beautiful Girl quand j'étais encore au lycée. Sa douceur et l'acoustique de la guitare étaient déjà suffisantes pour vous laisser envoûter. Ces chansons ne sont pas joyeuses, très déprimantes, parlant de malheur, de ruptures, de tristes aventures mais ses mots forts prennent un tout autre sens dans sa bouche. Il ne les dit pas avec méchanceté, il les dit avec vérité. Il ne les dit pas avec rancoeur comme quand il s'adresse à la mère de son père qui a abandonné son père, il les dit pour les extérioriser. Et en concert c'est la même chose. On se rend compte qu'il a une voix beaucoup plus grave quand il parle que quand il chante, comme si cela représentait deux facettes de lui différentes. Il a un humour très anglais malgré qu'il est américain, parle tout seul et fait rire toute l'assemblée. Il a un rire très communicatif comme sa parole qu'il veille à souvent prendre pour échanger avec son public. Mais surtout il prend son temps et on ne s'en lasse pas. Accompagnée par la voix d'Abby et son violoncelle, il crée un duo apaisé qui nous envoute, qui nous berce et qui nous fait oublier le temps. 1h30 de concert c'est même trop court, on pourrait rester jusqu'au petit matin. Les mélodies se ressemblent beaucoup, il n'y a pas vraiment de changement de tons mais ce n'est pas pour être surpris qu'on vient voir William Fitzsimmons, c'est pour les mots, la délicatesse et l'amour qu'il transmet.

Découvrir son dernier EP "Charleroi"


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