Je peux tout vous dire

mercredi 6 avril 2016



Ne pas pouvoir parler de tout.

Quand j’ai commencé ce blog je ne voulais pas me mettre de limites, je souhaitais parler de mes envies sans pour autant exposer ma vie privée. Je veux dire par là que si je peux inclure mes proches ou mes amis de la plus minime des manières, c’est mieux. Ils n’ont rien demandé après tout et je veux que rien que je puisse raconter ne leur soit préjudiciable. Vous connaissez mon frère, c’est une chose mais ma mère, mon père, ma grand-mère… Je peux vous en parler mais les montrer est une étape encore bien différente. C’est la même chose pour mon travail. Je veux faire la part des choses mais il y a des fois où ce n’est pas si simple. Je pense aux décès d’Alexis Vastine et de Camille Muffat… Comment séparer ma réaction à ce fait divers sans inclure mon travail qui m’a permis de passer une semaine avec eux ? Il y a aussi beaucoup de choses que je vis au quotidien dans mon travail actuel que j’aimerai tant vous raconter, des anecdotes, des choses drôles, des histoires intéressantes, de la culture générale, des coulisses mais il y a derrière tout ça une clause de confidentialité qui m’invite à respecter le motus et bouche cousu. Ce n’est pas facile d’être bousculé entre cette envie de vous partager des tas de choses et préserver son intimité, séparer le cadre travail et le cadre loisirs.

Un blog c’est un peu comme un journal intime. On veut que nos pensées soient rassemblées, immortaliser l’instant, raconter toutes ses anecdotes qui ponctuent nos journées. Et en même temps pas tout à fait. C’est vrai on ne peut pas parler de tout, de nos problèmes de filles, de la terreur de l’épilation maillot ou de tout ce qui est première fois sans paraître trop intime ; de nos querelles amicales sans que quelqu’un ne se sente visé ; de nos histoires d’amour sans intriguer le concerné et toute la famille qui a découvert le blog par hasard ; de nos états de mal être sans que maman nous fasse subir un interrogatoire le soir venu ; de nos journées boulot excitantes ou contrariantes sans prendre le risque que son employeur tombe dessus… On ne peut pas trop s’interroger ou s’exprimer sans que son entourage, ses lecteurs partent dans des conclusions hâtives quand il n’y a pas, tout le temps, raison d’être. Et puis en même temps, je ne suis pas sûre que si je vous racontais mon appréhension de l’épilation maillot vous en ayez grand chose à faire, quoi que peut-être certaines se diraient qu’elles ne sont pas les seules angoissées. Fun fact : je n’ai jamais tiré une bande épilatoire, l’esthéticienne est ma best friend.

Et parfois je me dis « mais tu t’en fous Romane, tu écris pour toi, pour qui veut se divertir en te lisant, pour qui veut découvrir tes passions, tes histoires et tes goûts musicaux ». J’essaye de me convaincre que je peux écrire à 100% tout ce que je veux mais c’est plus simple à dire qu’à faire. Alors j’essaye quand même de le faire, de ne pas me fixer trop de limites, de retranscrire mes émotions mais parfois il y a cette sensation de parler dans le vide, de se perdre sur internet car dans cette vaste étendue qu’est le web on n’a pas toujours de réponses à nos propos, de personnes qui rebondissent avec leur propre histoire. Bloguer comme je le conçois, au delà de l’aspect mode où on livre moins nos pensées derrière nos tenues mais davantage notre corps, c’est se mettre à nu, se dévoiler, se mettre en danger pour partager qui on est, se frotter à la critique, à la non acceptation d’autrui. Après réflexion, ce n’est pas si facile de s’engager à bloguer, d’être honnête dans son expression, sans masque. On accepte d’être vulnérable, critiqué, linché.

Et enfin parfois, j’ai l’impression de ne pas retranscrire ce que je souhaite comme je l’imagine, que le message que vous recevez ne soit pas celui que je voulais vous envoyer. Avec internet tout peut rapidement être détourné, mal interprété et parfois j’ai cette sensation que c’est moi qui interprète mal les choses dans mon écriture, que mes formulations ne sont pas bonnes, que je vais perdre tout le monde. J'écris comme je pense, comme je parle. Ce n'est pas la grammaire la plus politiquement correcte et je sais que ça peut gêner certaines personnes. Mais bloguer c'est être moi, parler comme moi. Je ne sais pas si je suis toujours juste, précise, si on peut se retrouver en moi et en ce que je dis. Si l’identification est possible car c’est un peu ça aussi un blog, proposer ses histoires à la portée de tous.

Souvent je me dis que tout cela ne mérite pas autant de réflexion, qu’il suffirait que je me fasse un peu moins de nœuds au cerveau, que je parle de musique h24 dans le genre webzine plus qu’avec mes sentiments pour que cette plateforme devienne tout autre chose. Mais cela me ressemblerait moins. Je parle, je discute, je m’exprime sur tout ce qui m’intéresse. J’essaye de le faire sans tabou, en étant entière et ce n’est pas toujours facile. Et puis peut-être qu’un jour on en viendra à discuter de l’épilation maillot. Qui sait ?

Aussi, je profite de cet article pour m’excuser par avance car je sais qu’il va y avoir moins de régularité dans mes publications à venir. Je meurs d’envie de vous raconter plein de choses, d’avoir le temps de me consacrer à partager mes histoires mais c’est le rush au boulot et ça jusqu’à fin Mai, je dois aussi avancer dans mon mémoire et ce n’est pas gagné, enfin je dois aussi un peu penser à moi et à mes proches à qui j’ai envie de consacrer du temps. J’ai développé une réflexion personnelle sur le bien être, mon bien être et je vous la partagerai bientôt. Je ne vous oublie pas, j’espère que vous non plus. Merci de faire vivre The Ginger Temper, merci de me lire.


Et vous, chers lecteurs, pensez-vous qu'on peut tout se dire ?


1 commentaire:

  1. Merci pour cet article, c'est généralement ce que je pense, chaque fois que je poste quelque chose sur Winterly Fox. J'essaie en permanence de ne pas trop me montrer, car mon futur métier m'imposera une limite bien claire entre le privé et le pro, quelque chose d'infranchissable, parce que tout le monde pourrait avoir envie d'aller fouiller dans ma vie. J'essaie de ne pas impliquer ma famille non plus, parce qu'ils ne sont pas forcément au courant et qu'ils n'ont rien demandé. J'évite les sujets qui sont un peu tabous ou qui pourraient être détournés. Je te rejoins dans la façon d'écrire, très souvent je tape comme je parle et ça peut prêter à confusion. Des fois, je parais froide mais dans ma tête, il faudrait mettre des majuscules tous les deux mots pour comprendre mon ton de voix ahah !
    En tout cas, c'est sûr qu'il faut tout de même pouvoir écrire sur ce que l'on veut, sans se priver de trop. Ce serait contre productif et frustrant alors que le but de nos blogs est justement de pouvoir évacuer cette frustration, parfois.
    Très bon post, Romy, encore une fois, tu m'ôtes les mots de la bouche ;) Xx

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