Chorus : testé et approuvé

jeudi 14 avril 2016




C’est avec beaucoup de curiosité que je me suis rendue à plusieurs soirées du festival Chorus 92. Tout d’abord la curiosité du lieu qui crée un cocon musical sur le parvis de La Défense au milieu de ces gigantesques tours. Ensuite la curiosité du pourquoi et qu’est ce qui fait la différence entre ce festival et un autre à Paris. Puis la curiosité des artistes, des genres proposés que je n’aie pas toujours l’habitude d’écouter. Ma curiosité fut ainsi comblée par des rencontres, des réponses et surtout des lives de dingue.



UN CADRE PAS COMMUN

On a connu plus accrocheur comme festival que de se dire qu’on va passer une soirée sur le parvis de la Défense entre la grande arche et la vue sur l’Arc de Triomphe, tout au loin. Je ne dis pas que la vue est moche mais qu’elle se colle beaucoup moins à l’idée des festivals souvent en plein air et où la musique n’a pas de limite. Ici l’espace est plus petit mais les espaces scènes sont assez grands pour accueillir tout le monde. Le Magic Mirror fait un peu penser au Cabaret Sauvage et l’ambiance y est conviviale. Le Dôme lui se prête à tous les lives de folie, les shows un peu moins intimistes et plus expressifs, démonstratifs. On est assez sans être trop. Le monde est de la partie, toutes les générations aussi et on s'approprie La Défense d'une façon à laquelle on aurait jamais penser : pour le plaisir de la musique.




D’HABITUDE EN HABITUDE

C’était donc ma première fois au Chorus alors je me suis naturellement demandée qu’est ce qui attirait les gens dans ce festival. Il y a la line up bien sûr, une mère et sa fille complètement fan de Sage et qui ne l’auraient manqué pour rien au monde. Une dame qui rêvait de revoir Lou Doillon après l’avoir déjà découvert à ses débuts au Chorus. Cette même dame qui en venant voir Lou Doillon a découvert que Caravan Palace jouait la semaine d’après. Alors j’ai rapidement compris que c’était un public mi-habitué qui vient parce que les tarifs sont abordables pour tous peu importe les artistes prévus et un public mi-fan des artistes qui se produisent à l’instar de la clôture du festival où la moyenne d’âge du public était de 20 ans et dont la moitié portait des sweats Seine Zoo. Mais le meilleur argument qu’on m’a énoncé c’est qu’au Chorus on peut voir tous les artistes annoncés. Les concerts se suivent les uns après les autres sur les deux scènes prévues ce qui nous permet d’avoir l’assurance de ne pas manquer une note jouée. A l’inverse, au Solidays ou à Rock en Seine, c’est au minimum deux concerts qui sont joués en même temps et il faut courir d’un bout à  l’autre du terrain pour avoir la chance d’entendre une chanson. C’est donc un format simple qui a conquis le public, celui de payer 20/25 euros pour passer une soirée où on découvre 4, 5 et plus d’artistes, et de revenir d’une année sur l’autre car l’offre est trop belle.


Mes belles découvertes :
♥ Ibeyi - ♥ Gnucci
♥ DuskTotem




DES LIVES DIGNES DE ZENITHS

Et bien sur la curiosité finale c'est de découvrir tous ces artistes sur scène. J'ai eu la surprise de me sentir plus qu'à un festival mais à "des concerts de". Que ce soit Jain, Bigflo & Oli ou encore Nekfeu, ils n'ont fait aucune différenciation entre un concert de leur tournée et une scène de festival. Même scénographie, même ambiance, presque la même durée... Ils ont tout donné et ont livré des prestations artistiques très animées. Pas de différence, ils sont là pour faire le show et ils le font bien. Première fois que je voyais Caravan Palace dans une "enceinte" et non dans un festival en plein air et c'était exactement pareil sauf qu'on avait un peu plus chaud.
Toutes ces têtes d'affiches ont attiré un public, m'ont attiré moi et m'ont permis de découvrir en les attendant des jeunes pousses, des talents boostés par le Conseil départemental comme Tiwayo ou le lauréat du tremplin Palatine qui accentue la poétique de ses chansons grâce au violoncelle. Des groupes qui préparent leur nouvel EP comme DuskTotem qui transcendé d'une énergie hyper positive nous ont proposé leurs titres aux airs pop rock ou des artistes qui viennent de sortir leur premier album comme Sage qui nous a offert un live magnifique jonglant entre balade et titre 100% électro.
Il y a ces artistes qui vous transportent à l'image de Ibeyi. Leur concert fut comme une révélation. Elles voulaient nous faire voyager et elles ont pleinement réussi. Entre leurs voix, leurs instruments, leurs percussions, c'est une autre culture qui est venue jusqu'à moi et alors que je n'avais pas jusque là été bouleversé en entendant leurs chansons via mes écouteurs, c'est une autre histoire en live et c'est un duo que je vous recommande fortement d'aller voir.
Il y a aussi eu cette soirée "rap" où j'avais l'impression de découvrir un monde qui m'était inconnu. C'est la curiosité qui m'a poussé à m'y rendre afin de découvrir cette ambiance en live, dépasser les mots sur un disque et l'entendre face à moi. C'est dingue d'ailleurs, ils ont une cadence qui me couperait le souffle si j'essayais de les imiter mais surtout ils ont un public très réceptif qui crée une fusion avec l'artiste. Il dit "jump" tout le monde "jump", il dit "criez" tout le monde "crie". Dit comme ça, on dirait que ça fait un peu mouton mais moi je trouve que ça illustre le rôle qu'on ces rappeurs qui dénoncent leur regard sur la société et l'identification dans laquelle se retrouve ses jeunes. Je ne dis pas qu'on doit forcément être en accord avec les paroles mais cela va bien au delà d'un son avec des paroles. C'est lors de cette dernière soirée que j'ai découvert Gnucci. Au delà du personnage scénique qu'elle est et de son envie qu'on ne distingue que sa silhouette et non son visage sur scène, c'est une artiste a l'énergie débordante, qui allie rap avec des beats en tout genre : électro, folk, pop... Sa proposition musicale est vraiment intéressante et en deux chansons elle avait embarqué tout le public avec elle. C'est ça le plus beau, c'est qu'à chaque concert, qu'on connaisse déjà ou pas l'artiste, on réussit à se faire emporter dans un nouvel univers.






Ma curiosité est pleinement assouvie. J'ai découvert des nouveaux artistes qui ont été ajoutés aux playlists de mon iPod, j'ai été éblouit par des artistes qui ont livré des lives extraordinaires et qui m'ont davantage convaincu sur leur talent. L'épreuve du live pour moi est importante, c'est soit j'aime encore plus soit je n'aime plus du tout et je peux vous dire que pour Jain, je suis encore plus que convaincue.
Du coup même endroit, presque même date et sûrement même heure, je pense qu'il est judicieux d'acter dès à présent notre visite au prochain festival Chorus 92 pour toujours plus de découverte, de musique et de joie. C'est l'opportunité de découvrir la scène française d'une manière unique, presque privilégiée, et de dignement introduire la saison des festivals printemps/été ! 


Je remercie le Conseil départemental des Hauts de Seine de m'avoir permis d'assister au Chorus 92.

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