Mon corps, mon poids, mon avis

jeudi 31 mars 2016


Depuis quelques jours, le « body shaming » est à l’honneur – du moins la défense du « body shaming ». Tout a commencé avec Wentworth Miller qui s’est exprimé sur une photo de lui en 2010 avec quelques kilos en trop et qui a refait surface sur la toile. Je trouve ça d’ailleurs très fort que pour une fois, un homme hausse le ton. Les magazines people critiquent sans cesse les femmes, les mannequins qui ont un petit bourrelet au ventre alors qu’elles sont assises, Selena Gomez qui au lieu d’être maigre devient mince… Aujourd’hui c’est un homme qui s’exprime, qui fait état de ses sentiments, de son regard sur les jugements à son égard, à l’égard de son corps et cela montre bien que la société évolue.
Nous, les gens qui postons sur Internet, on a une fâcheuse tendance à faire la morale dans ce que nous écrivons. On dit « vaut mieux faire ci » et « il ne faut pas faire ça » alors qu’on fait exactement tout le contraire. Je pourrai vous dire que «le « body shaming » c’est mal, c’est vrai, mais ce serait mentir de dire que je n’ai jamais critiqué le physique de quelqu’un. Je me suis déjà dit « tiens cette personne a pris du poids » ou « tiens celle-ci a vraiment des goûts bizarres pour porter un legging rose Barbie ». Oui je l’ai fait et on l’a tous fait. Ce n’est pas bien mais je peux dire aujourd’hui que je le fais de moins en moins.
J’ai pris conscience que notre corps, l’image qu’on a de notre corps et l’image que les autres ont de notre corps est quelque chose de très compliqué pour l’être humain. Quand autour de nous, des gens souffrent de troubles alimentaires, on en revient à avoir une toute nouvelle vision de l’image du corps. On sait qu’une remarque peut plus toucher qu’on ne le pense. Le rapport au corps et à la nourriture est un sujet très sensible pour certaines personnes et qui influe plus qu’on ne le pense leur comportement. Cela va de la boulimie à l’anorexie, cela va de ne plus manger à manger sans s’arrêter… Notre image est un sujet sensible, la façon dont on se perçoit et comment les autres nous perçoivent. On ne se rend pas compte de la puissance d’un mot et du mal être que ça peut causer. On ne se trouve jamais assez bien, assez mince, assez musclé, assez parfait. On a cette impression qu’il faut entrer dans les standards de la société mais on se trompe : il n’y a pas de standard, il y a que notre bien-être qui compte. Oui il y a des « tailles mannequins » et alors ? Le seul standard qui doit nous motiver c’est celui d’être bien dans notre corps et en bonne santé. Ni la maigreur, ni le surpoids ne nous rendront heureux. Il faut pouvoir trouver un juste milieu entre les deux qui ne nous mettra pas en danger. Ce que pensent les autres ? Ce n’est pas facile de les ignorer pourtant notre corps ne les regarde pas. Il nous concerne nous. C’est notre image dans le miroir, pas la leur et c’est par ces mots qu’il faut être guidé. Il n’y a que nous qui comptons, comment on se sent et pas les pensées d’autrui. Chacun a le droit d’avoir sa propre image, sa propre manière de vivre et sa propre façon de penser. Nous ne sommes pas des clones de Barbie et nous n’avons pas à le devenir. Les standards ne sont que des mots pour définir des formes de morphologie mais si nous sommes tous différents, c’est qu’il y a une raison à cela.
Etre nous-même, s’accepter comme on est, c’est ce qui nous rendra heureux et c’est la seule chose qui compte. Les autres n’ont pas à décider de quel devrait être notre poids, notre tour de poitrine ou notre couleur de cheveux. Nous sommes maître de notre corps, gardien de notre esprit et cela est très bien ainsi.

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