La colère

mercredi 23 mars 2016


 

Je suis en colère. 

Je voulais parler du printemps aujourd'hui mais cela serait un peu déplacé d'évoquer les bourgeons en fleur quand on pense aux larmes qui coulent sur les joues de trop de personnes. 

Je suis en colère contre des personnes qui pensent que leur idéologie est la meilleure, qu'au nom d'un Dieu ils ont droit de faire autant de mal.

Je suis en colère parce qu'on n'a pas évité ces attentats, qu'à nouveau on s'est fait dépassé par ses barbares. 

Je suis en colère contre nous, les français. On a mal pour nos voisins belges, on illumine la Tour Eiffel aux couleurs de leur drapeau mais on ne marque pas ce qui se passe en Turquie, au Mali... Les médias font des communications de crises en fonction des lieux, des pays alors que tous sont victimes. L'Europe oui mais la Turquie fait aussi partie de l'Europe. 

Je suis en colère parce que ce qui s'est passé dans cet aéroport était pratiquement inévitable. Les halls d'aéroport sont des espaces publiques où tout le monde peut entrer. C'est un endroit en or pour ces personnes. 

Je suis en colère parce que ce métro me rappelle ce qui avait eu lieu à Londres et ça me rappelle le soutien que les Anglais nous ont apporté en Novembre et je n'ai pas envie de repenser à Novembre. 

Je suis en colère parce que je me dis qu'on vit dans un monde de fou et que ça ne finira jamais. Ces personnes se pensent au dessus de tous avec leur religion mais ils ont tout faux. 

Je suis en colère parce que je ne comprends pas ce qui peut leur passer par la tête.

Je suis en colère parce que la moitié des américains pensent qu'il faut qu'on ait des armes chez nous comme ils en ont et que dans un sens tous ces événements servent la campagne politique de Trump. 

Je suis en colère contre moi, contre eux, contre tous. Je ne comprends pas que la vie puisse être si compliquée, si difficile alors qu'elle est déjà si courte. Nos pensées devraient être concentrées sur le fait de donner un sens à nos vies et à la place de cela, on s'interroge sur où il est moins dangereux de partir en vacances. On se crée nous même des peurs et on se dévisage les uns les autres dans le métro. 

Je suis en colère parce que je suis prise d'un sentiment d'injustice, de tristesse, d'incompréhension, de mal être et je sais que je le serai encore demain. 
 
 
Illustration : Joann Sfar

 

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