Je ne suis pas une fille de la ferme

samedi 27 février 2016


Le salon de l’Agriculture vient d’ouvrir ces portes à Paris et je dois vous avouer que j’adore ce salon. Mon grand-père m’y emmenait pratiquement tous les ans. Au début, je ne voyais ça comme un salon parmi tant d’autres et puis j’ai compris. C’était la manière de mon grand-père de me sensibiliser à la nature, de me partager sa passion pour la terre et pourquoi il avait autant la main verte. C’était sa manière de m’illustrer autour de quoi il avait grandit, comment il avait grandit. J’ai toujours trouvé sa débrouillardise impressionnante. Toutes ces vacances passés chez mes grands-parents et mon grand-père toujours en train de bricoler, de prendre soin de son jardin, de réparer… Un as des travaux manuels, bricoleur et passionné.

Ce salon au plein cœur de Paris fait découvrir aux enfants ces animaux de la ferme qu’ils ne connaissent pas, où ils ne vont plus. Ce salon qui explique qu’avant d’arriver dans nos assiettes, fruits et légumes sont plantés, arosés, cultivés, ramassés, traités… Et tant d’autres étapes qu’on ignore. Aujourd’hui rivé sur nos écrans, on oublie qu’il y a un monde au dehors, qu’il y a la nature, la faune et la flore, les animaux. Que finalement nous faisons un tout et qu’on ne peut s’autoriser à se regarder le nombril.

Je ne suis pas une fille de la ferme, je ne suis pas très nature ni très animaux et je le regrette un peu. Quand nos grands-parents nous racontent leur enfance, ça a des airs de la petite maison dans la prairie. Ils viennent du nord, de l’est ou du centre. Ils étaient proches de la nature et des animaux. Ils avaient l’habitude de voir des fermes ou des troupeaux de vaches, chèvres et autres. Maintenant quand une chèvre approche un enfant, il en a peur. Il ne comprend pas ce que c’est car il en a jamais vu, il n’en voit pas l’utilité car il est enfermé dans la société modernisée et technologique.

J’ai été en classe verte en CE2. On est partie une semaine dans une ferme dans l’Orne et j’ai adoré chaque moment passé là-bas. A découvrir la nature, à découvrir la manière dont on s’occupe des animaux, l’exigence que ça demande pour prendre soin d’un autre être vivant, le fait de devoir être manuel, apprendre les bons gestes… Bon, j’ai aussi compris que la ferme et moi étaient un monde incompatible quand à la fin du séjour, après une matinée à sauter dans les bottes de foin, j’ai fini avec une crise d’asthme dont je me souviens encore et le découverte de mon allergie au foin.

La nature et moi avons donc une relation de haine et d’amour. J’aimerai pouvoir l’apprécier à sa juste valeur, en prendre soin mais tout se conclut par de l’eczema, de l’asthme, des éternuments et le nez qui coule. Pourtant, je comprends son importance et sa valeur. Je pense moi aussi avoir été un peu couvé de cette nature et de ce fait ne pas être une très grande aventurière. Pour ne plus parler du salon de l’agriculture, j’ai beaucoup de mal avec le fait de dormir dehors, le camping et faire mes besoins dehors est impossible, plutôt avoir une infection (c’est très bizarre d’en venir jusque là d’ailleurs). On nous a toujours élevé entre quatre murs en nous disant que parfois dehors c’était dangereux. Avant on associait la nature à la liberté et j’ai l’impression que ça n’a plus trop cette image. La société évolue et on nous dit de faire attention à tout ce qui nous entoure. On nous dit de ne pas s’éloigner des chemins pédestres par exemple, on nous dit que la nature est devenue un territoire contrôlée loin de l’idée qu’on y associe.

Alors j’adorerai dans une autre vie savoir traire une vache, monter à cheval, planter des patates, ramasser des fraises, tailler des arbustes, arroser une roserie… Cela semble anodin, simple mais c’est mon image de la nature : la simplicité. C’est respirer un autre air, prendre le temps de faire les choses, se consacrer un autre être vivant qui fait parti de notre écosystème, déconnecter de son écran. C’est se confronter à la réalité alors qu’aujourd’hui on a pris l’habitude que tout arrive tout fait dans nos assiettes ou faire nos courses au supermarché pensant que toutes ressources est inépuisable et facile à enrichir. On oublie souvent la vraie valeur de la nature, moi la première, et c’était juste pour rappeler que non, tout n’est pas tout beau, tout cuit sans l’aide d’agriculteurs dévoués et passionnés.



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