Jalouse des gens qui fument

mercredi 17 février 2016




A lire le titre de cet article vous devez vous demander qu’est ce qui a bien pu me passer par la tête, ma mère doit se dire que j’ai pété les plombs et si ma grand-mère voyait ça je ne serai plus la gentille petite fille qui l’emmène faire ses courses et qui prépare la bûche de noël quand elle se bloque le dos.

L’autre jour je me suis dit que j’étais jalouse des gens qui fument. Et figurez vous que c’est très bête comme jalousie car je pourrai aller acheter un paquet de cigarette au tabac du coin, dépenser 6 euros et remplacer ma jalousie par ce que je jalouse. J’étais jalouse car j’avais l’impression que fumer vous intègre plus facilement socialement et avant tout autre commentaire, laissez moi vous faire part de mon constat !

Vous les voyez ces gens qui fument, qui vous accostent pour vous demander un briquet et qui l’un dans l’autre engage la conversation. Hop c’est parti, vous voilà lancez, vous vous découvrez des centres d’intérêts communs et vous comptez un nouveau pote.
Vous êtes celui qui prend une pause clope et qui se dirige naturellement vers le coin fumeur, on vous demande comment vous allez, comment se passe votre journée, on se présente et voilà, une personne de plus que vous connaissez.
C’est comme si entre fumeur, il y a ce lien d’appartenance, ce lien de sympathie qui vous fait aller les uns vers les autres. Alors vu que je ne fume pas, on ne me demande jamais si j’ai un briquet, si j’ai une cigarette et du coup je sors rarement à la pause clope pour me mêler au cercle des autres. Je suis en dehors de la conversation de la pause clope.
Alors quand je regarde cela, avec mon point de vue extérieur de la nana qui ne fume pas, je suis un peu jalouse qu’il suffise à certain d’une cigarette comme entremetteur social alors qu’à moi il me faut une pause déjeuner, un travail de groupe ou que quelqu’un m’introduise à quelqu’un d’autre. C’est comme si la pause clope avait un effet magique sur les relations entre humain, un effet consolidant et je ne parle pas de cela que pour les gens de mon âge. Cela débute à 15 ans devant les grilles du lycée et c’est la même chose à 40 ans quand votre briquet est mort mais que vous avez terriblement envie de fumer.

C’est une drôle de jalousie. Certains jalousent les amis des autres, les vêtements des autres, le physique des autres, moi je jalouse ce lien qui a l’air si simple et que je ne vois pas comment créer autrement que par la cigarette. Il y a le bar, c’est vrai, cette habitude d’aller boire un verre et de sympathiser avec les gens de la table d’à côté mais de vous à moi, je ne vais pas au bar aussi souvent que les gens sortent fumer une cigarette. Cela ferait de moi une alcoolique non ?

Et puis dans ma réflexion je suis arrivée à la conclusion que c’était une mauvaise jalousie. Après tout, on se bousille un peu la santé à fumer et je ne sais pas si le simple fait que fumer donne l’impression d’entretenir plus facilement des relations sociales est une bonne raison pour laquelle commencer de fumer. Vous suivez ? Je veux dire par là que j’ai déjà assez honte comme ça quand je dois souffler dans le tube de l’allergologue pour empirer mon « non souffle » en fumant. C’est un petit peu ridicule. Les amis, je peux me les faire autrement mais le fait que la cigarette est vecteur d’intégration sociale était tout de même un point assez important pour que j’y consacre un article. Et surtout parce que je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez.

Fumeur ou non fumeur, avez-vous la même impression que moi ?

On vous demande si vous avez un briquet et la conversation est engagée ?

4 commentaires:

  1. J'avais ce problème au lycée. Tout le monde fumait, j'avais l'impression de ne pas être "cool" et à cause de ça, de ne pas réussir à m'intégrer plus. J'en avais parlé avec ma mère, elle m'avait alors dit de garder un briquet avec moi. Comme ça, même en étant non fumeur, un lien pouvait se créer ;) maintenant je n'ai plus du tout ce problème, ça ne me gene vraiment plus.

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    1. Bonne technique le briquet.
      J'avoue que maintenant que j'ai mon groupe d'amis ou mon groupe de connaissance je ressens moins cela mais à chaque rentrée par exemple, tu vois que les fumeurs se rapprochent plus vite que les autres.

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  2. Lorsque j'ai lu le titre de ton article, je me suis direct dit "je ne suis pas la seule à être bizarre" ! C'est incroyable de voir à quel point fumer facilite l'intégration sociale, et je ne compte même plus le nombre de fois où je me suis sentie exclue à cause de ça. Comme Emma, à un moment j'avais toujours un briquet dans mon sac, "au cas où". Cela dit je suis souvent bien contente de rester au chaud pendant que les fumeurs se gèlent le bout du nez à l'extérieur de la fac, d'un bar ou de la résidence !

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    1. C'est bien une des raisons pour lesquelles je ne fume pas : il fait trop froid dehors l'hiver !! Mais en effet, alors que certains se rencontrent grâce au sport ou à la musique, d'autres c'est par la cigarette et je trouve ça tout aussi rigolo qu'étrange. Il ne faut pas oublier à quel point c'est nocif malgré tout.

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