J'aurai pu m'appeler Lebreton

dimanche 3 janvier 2016




A l’heure où vous lirez ces quelques lignes, je serai sûrement déjà rentrée à Londres. Après 10 jours en France, je suis repartie pour la dernière ligne droite. Il ne me reste plus que 6 semaines dans la capitale britannique avant de rentrer définitivement. Dans un sens, je commence à être nostalgique, à me dire que je n’ai pas autant profité que j’aurai pu et puis d’un autre côté, je me rends compte que j’ai peut-être rêvé un peu trop grand en partant à Londres, que j’y ai peut-être dépensé « trop » d’argent pour « pas grand chose ». L’heure n’est pas encore au bilan mais je me demande quand même si tout cela en valait la peine…

Pour le moment, je voulais revenir quelques instants sur ma courte escapade en Bretagne. Pour ceux d’entre vous qui connaissent mon nom de famille, mes origines n’ont pas pu vous échapper. Je me souviens qu’à chaque rentrée des classes, au moment de l’appel, j’avais toujours le droit à un « mais c’est breton ça ! ». Oui Monsieur c’est breton mais je n’ai jamais vécu en Bretagne alors ne me demandez pas si je connais tel patelin qui commence par un P car non je ne connais pas. Et en plus, j'ai évité Lebreton par ma grand-mère.
Je fais partie de ces gens dont le nom trahi une origine qu’ils ne connaissent que de ce qu'on leur en a dit. Je n’ai jamais pleinement vécu les coutumes bretonnes. J'ai du faire 3 fêtes de famille mais je sais  quand même très bien danser les danses bretonnes. Je dois connaître autant de mots bretons que j’ai de doigts sur une main (parce que sérieux j'ai voulu acheter un dictionnaire une fois et je me suis dit que ce serait comme ma tentative de me mettre à l'allemand : un échec). Pourtant, j’ai une fierté à dire que je suis bretonne. C’est un peu comme les corses, je ne veux pas renier mon histoire, mes ancêtres. Je viens d’un endroit comme d’autres viennent d’Alsace ou d’Auvergne. J’aime la Bretagne, ses spécialités culinaires et ses côtes. J'aime m'y ressourcer. J'aime les balades le long des chemins du golfe, les Novembre tout gris où on va voir les bateaux. J'aime l'idée de passer ma nuit dans un moulin près de la Vilaine sans eau et électricité. J’aime dire que je suis bretonne parce que personne n’aime les bretons alors je me sens un peu obligée de les défendre. On dit toujours qu’il y fait moche ou qu’il n’y a que des cons. Dans un sens je trouve cela un peu vexant car pour moi les parisiens sont tout aussi cons. Puis finalement je me dis que n’importe qui vit en Bretagne et qui n’est pas breton d’origine sera toujours plus breton que moi. Le truc c'est que l'histoire de ma famille c'est un peu mon histoire et je ne veux pas la renier.





Pour les fêtes, on y a été une journée et demi. On a été voir papy et mamie, leur faire un coucou comme on dit. On a fait nos réserves en produits de la mer et beurre salé. Papy nous a raconté des dizaines histoires de guerre et de son temps dans la police, toujours dans le désordre comme a son habitude et je n’ai toujours rien compris. J’ai découvert « la photo de Mai 68 qui a fait le tour du monde » où il fait face à Daniel le Rouge. J’ai entendu parlé de gens que je n’ai jamais rencontré, dont je ne comprends pas les liens de parenté. Ceux qui sont cousins de machin vous savez. J’ai mangé un peu trop de chocolats, mais ce n’est pas ma faute c’est les fêtes. J’ai regardé mon épisode de Plus Belle La Vie annuel et j’ai là aussi rien compris. J’ai découvert les ordinateurs troisième âge et j’avais l’impression d’être encore plus vieille que mon papy en essayant de m’en servir. J’ai entendu dire que les qataris investissaient le golfe, comme s’ils n’avaient pas assez du PSG et des grands hôtels parisiens. J’ai découvert que le stade de la Route de Lorient avait changé de nom et d’ailleurs je me permets de dire que « Roazhon Park » c’est terriblement moche. Je n’ai pas échappé au Breizh Cola.

J’aime la Bretagne parce que cela me change de l’effervescence de Paris, de Londres. C’est calme, c’est un autre air, un autre environnement. La mer n’est pas loin, les balades sur le port font le plus grand bien. J’ai l’impression que les gens prennent plus le temps de vivre. J’ai de bons souvenirs en Bretagne : des coups de soleil qui m’ont paralysés les jambes, des vacances de Toussaint entre amies, nos habitudes à l’Igloo en revenant de la plage l’été, un match de football des plus ridicules à Guingamp (tellement ridicule que vous finissez par en pleurer de rire)… Et il y a encore plein de choses que je n’ai pas faites et que j’aimerai faire comme le départ de la Route du Rhum, le Festival Interceltique de Lorient, les Transmusicales de Rennes, Belle Île…

Et vous alors, plutôt du genre à renier vos origines ou fier de revendiquer votre nom ?

2 commentaires:

  1. Oh non quelle déception Romy ! --> Se dire bretonne alors qu'on n'y a jamais vécu et qu'on ne connait pas les coutumes, noooon please :(
    Je trouve qu'au contraire à Paris tout le monde se plait à dire qu'il a des origines bretonnes et tout le monde prétend connaître cette région. Rien que dans mon cercle d'amis à la fac (à Cergy), beaucoup ont de la famille en Bretagne ou un prénom breton. Mais pour moi il reste des parisiens, ou des franciliens plutôt. Cela dit, je comprends que tu aimes t'y identifier : c'est un région splendide et l'esprit des bretons est si bon et précieux ! Au fond, tout le monde voudrait être breton mais n'est pas breton n'importe qui !
    PS : Oh et puis moi j'adore le Roazhon Park ! C'est la simple traduction de "stade de Rennes" en breton.

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    1. Je n'ai jamais eu la chance de vivre en Bretagne et donc de pratiquer et partager les coutumes qu'on m'a transmise, c'est plus dans ce sens là. Je ne vis pas la culture bretonne au quotidien mais j'y ai souvent pris part. J'en ai fait des fêtes, j'en ai suivi des traditions mais malheureusement je n'ai pas la chance d'aller assez souvent en Bretagne pour les vivre pleinement, souvent et tout ça. Je ne dis pas que je suis bretonne pour dire que je suis bretonne, je revendique bien plus que mon nom mais aussi l'histoire. Après je parle en tant qu'origine parce que je ne renie pas l'histoire de ma famille. Bien sur que sinon j'ai complètement le caractère et les habitudes des parisiens puisque pour le coup là on ne m'a pas transmis la culture mais je m'en suis "imprégnée" en vivant dedans.

      J'ai tellement été habitué à dire Stade de la Route de Lorient, à dire qu'on prenait le chemin de la route de Lorient que j'avoue avoir du mal à m'y faire même si tu as raison pour le coup Rennes donne enfin son nom à son stade.

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