Et si je m'étais trompée d'orientation ?

jeudi 21 janvier 2016




Aujourd’hui, j’avais initialement prévu de vous poster ce post sur l’arrêt de mes études, sur le fait que je ne voulais pas faire un Master 2 ou en tout cas pas maintenant. J’avais prévu de vous parler de ce sentiment qui m’anime, celui de voir ce que je vaux vraiment dans le monde du travail pour pouvoir me perfectionner plus tard en reprenant mes études. Puis hier soir, j’ai été pris d’un doute. Je ne ferai pas de Master 2 maintenant, c’est certain, mais je me suis demandée si j’avais fait les bonnes études, le bon choix. J’ai partagé cela avec vous sur Twitter et je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule.

Contrairement à beaucoup je ne me demande pas si j’ai fait le bon choix parce que mes études me déplaisent. J’ai la chance d’être passionnée par ce que je t’étudie. D’abord le sport puis aujourd’hui les médias sociaux. Je trouve cela vraiment intéressant mais je me dis qu’il y a des dizaines d’autres choses tout aussi intéressantes et qui m’auraient plu. Ma curiosité me pousse à me dire que finalement je me serai carrément éclatée à faire du journalisme ou alors du tourisme ou bien encore du cinéma sans parler de la musique en travaillant dans un label. Tous ces domaines ont l’air si passionnant, si intriguant. C’est comme si notre vie était trop courte face à l’éventail des choses qu’on aimerait tester. Souvent quand mes amis me disent « j’ai fait ça », je me dis que ça doit être hyper cool et que je veux tout plaquer pour faire pareil.

Je sais que certains se réorientent après un ou deux ans parce que leurs études ne leur ont pas plu, parce qu’ils s’imaginaient quelque chose qui n’est pas la réalité. Je trouve cela plutôt commun de se remettre en question avant d’avoir terminé sa licence. Après tout, à 18 ans on est trop jeune pour avoir une idée bien précise de ce qu’on fera pour le reste de notre vie. Ce n’est pas facile de trouver la bonne carrière. On a beau devenir majeur, on n’est pas encore des adultes et ce genre de responsabilité est lourd à porter. Je pense que quand nos études ne nous plaisent pas, il ne faut pas hésiter à se réorienter. Ce n’est pas facile quand nos parents ont déjà déboursé 10 000 euros, ce n’est pas facile de se dire que ces un ou deux ans ne nous serviront que très peu pour notre futur mais je ne conçois pas ne pas m’épanouir dans mon travail.

Je n’ai pas envie de me lever tous les jours pour faire un travail qui m’ennuie et je ne pense pas que vous non plus. C’est une mentalité assez récente ou du moins une réalité assez récente et c’est pour cela que de plus en plus de gens montent leur propre entreprise. Nos grands-parents ont pris des boulots pour nourrir leur famille, ils sortaient de la guerre, ils avaient vécu l’enfer et ils voulaient s’assurer des revenus peu importe si le travail était plaisant ou pas. Je doute que nos grands-pères qui passaient leur journée dans les mines étaient excités à l’idée de ne pas voir le jour. Nos parents ont été un petit peu plus audacieux mais toujours guidé par cette éducation qu’on leur a donné de rester dans la « sécurité ». Ils ont vu le chômage s’accroitre année après année et ont eux aussi tenu à assurer leurs arrières. Nous, aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on est les vrais audacieux. On veut tenter de nouvelles choses, on a grandi avec le chômage et finalement ça ne nous fait plus vraiment peur. On veut avancer en étant débrouillard, en ne rentrant pas dans les cases. Je ne sais pas si c’est une bonne chose mais j'ai l'impression qu'on veut être guidé par la mission avant le galon.

Alors je doute. J’aimerai pouvoir tout faire, goûter à tout ce qu’on me montre, expérimenter les métiers des autres, tout connaître et tout voir. Ce ne sera jamais possible bien sur, on ne change pas de métier comme on change de sous-vêtements bien que cela serait un concept intéressant… 1 métier, 1 jour… Tiens ça pourrait faire une bonne émission sur M6, une semaine où on teste les métiers des autres. Bon après tout une journée c’est un peu court pour voir l’étendue d’un poste. Ou alors on reprend le concept de « on a échangé nos mamans » et on fait « on a échangé nos boulots ». Je m’enflamme encore je sais, j’essaye juste de trouver une solution pour satisfaire tout le monde.

Puis finalement, je continue à écrire sans trop savoir comment finir ce post car il n’y a pas vraiment de fin, ni de solution, ni de moral. Enfin, si vous n’aimez pas ce que vous faites changez d’orientation. Ne perdez pas votre temps et votre énergie pour rien. Si comme moi vous aimez ce que vous faites mais que vous êtes frustrée de ne pas pouvoir en faire plus, en voir plus, je ne sais pas trop quoi vous dire. Ma grand-mère dit qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie, qu’il faut faire des concessions et je crois que c’est le cas ici. De temps en temps, il faut accepter le fait qu’on ne peut pas tout avoir, qu’on ne fera pas le tour du monde comme on l’espère vraiment et qu’on ne peut pas faire tous les métiers dont on rêve.

Je n’aime pas finir ce que j’écris sur une note négative comme celle-ci mais je crois que je deviens un peu adulte, que je commence à accepter que la vie ne prend pas toujours la tournure qu’on veut et que ça s’appelle la sagesse. Tiens, c’est drôle. L’autre jour dans une de mes lettres je demandais à ma grand-mère comment je pouvais acquérir sa sagesse, comment je pouvais faire pour arriver à relativiser comme elle. Elle m’a répondu : « La sagesse viendra pour toi avec le temps » et je crois qu’elle commence à venir.

Si vous aussi vous partagez mon sentiment, je vous laisse me dire comment vous l'appréhendez et peut-être que comme moi vous ne savez pas comment l'appréhender. En tout cas, sachez juste que vous n'êtes pas la seule personne à douter et je crois que c'est humain de douter.


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