Paris, reste debout.

samedi 14 novembre 2015



Londres, 23h40


Chère Paris,

Comme tu sais, je ne suis plus là. Je suis loin. J’ai traversé la Manche, pensant que tout allait bien se passer. Après le terrible début d’année que nous avons vécu, rien ne laissait présager une nouvelle attaque. Mais aujourd’hui, la haine a refait surface et tu es en larmes, en sang.
Notre président a fermé les frontières. Notre président a déclaré le grand grand état d’urgence. Notre président pleure. Il pleure comme chaque français qui essaye d’en savoir plus mais qui reste dans l’incompréhension. Pourquoi tant de haines ? Depuis quand faire du mal aux autres nous apporte du réconfort ?
Tu le sais Paris, si j’avais été là je serai allée voir ce France – Allemagne. Après tout quand il s’agit de football, il n’y a rien qui m’arrête, même pas la place a 80 euros. Au début, je pensais être triste de rater une si belle rencontre et puis non. Après avoir attaqué notre presse, ils attaquent nos loisirs : le sport, la musique, notre verre entre copains du vendredi soir… Ils attaquent ce qu’on a de cher, ce qui nous diverti et qui, justement, nous permet de nous évader de la dureté du monde réelle. Ils attaquent notre bonheur.
Paris est en sang mais les parisiens, à nouveau, se serrent les coudes. Après s’être uni dans la rue, les voilà qui accueillent chez eux inconnus et sans abris pour leur fournir un toit, une sécurité alors que les fusillades continuent dans la capitale. Bichat, Charonne, St Denis, les Halles… Ce sont nos maisons, nos balades, nos habitudes qu’on veut nous voler.  
Paris, France, je t’aime. Je l’ai déjà dit, tu n’es pas le pays parfait mais la perfection n’existe pas. Parfois tu excelles et parfois tu te trompes mais cela ne veut pas dire que tu dois souffrir. Je ne comprends pas cette méchanceté. Je ne comprends pas le but d’attaquer des innocents. Je ne comprends pas l’horreur.
Pendant que je te parle, ils nous quittent. Ces innocents qui pensaient juste passer un bon vendredi soir, ces amoureux, ces amis, ces français et étrangers. Ils ont tenu, ils y ont cru mais ce ne sont pas des super-héros. Rend leur hommage Paris parce que tu les aimes. Rend hommage à ces forces de l’ordre qui font tout pour te protéger. Parfois ils n’ont pas l’air sympa comme ça dans les gares mais ils t’aiment, ils ne te veulent que du bien. Rend hommage à ton pays qui souffre mais qui ne baissera pas les bras.
Paris tu es blessé, je le sais, je le ressens, mais ce n’est pas fini. La lutte continue. Demain, ce ne sera pas qu’un cauchemar, ce sera une réalité. Il va falloir se relever, faire face, continuer de combattre cette haine. Mais s’il te plaît Paris, ne fait pas d’amalgame et tu sais, ici, très bien ce que j’entends par-là.
Paris, courage. Mon cœur t’accompagne, mes pensées aussi, mes prières te sont dédiées. Paris, tiens le coup.
Paris, promis la vie ce n’est pas que des drames. Paris, n’abandonne pas.

Paris, je pense à toi. 

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