Ma première leçon | London Calling

mercredi 9 septembre 2015


Les gens disent que Londres est une ville inspirante. Dans un sens, c’est vrai mais pas tant que ça.
Je pense que Londres est une ville inspirante parce que je sors, parce que je visite Londres, parce que je me prends au jeu du touriste qui va découvrir les curiosités locales. Londres est inspirante parce que c’est nouveau et que je n’ai pas envie de rester dans mon appartement tout le week-end. La vérité c’est que si je prenais le temps de sortir en France le week-end comme je sors ici, alors je trouverai tout autant d’inspiration dans les ruelles parisiennes mais je ne le fais pas. Bien sur la culture est différente donc je suis inspirée par un autre mode de vie et c’est très enrichissant, ça permet de voir les choses différemment. Toutefois, mettez moi au milieu d’Oxford Street un samedi après-midi et je vous dirai qu’il n’y a zéro inspiration à puiser et que c’est tout aussi pressant que les Champs Elysées. Alors oui, Londres m’inspire mais c’est faux de dire que Londres est une ville plus inspirante qu’une autre.

Je vous ai laissé la semaine dernière, lisant mon arrivée tumultueuse, et voilà ma première semaine bouclée. Est-ce que j’ai retrouvé le sourire? Oui et j'ai même retrouvé l'appétit.
On a le don de toujours « s’imaginer » notre futur et on a du mal à rester focaliser sur le présent. On se dit que cela sera peut-être comme si, comme ça. Avant mon départ, j’avais tenté de prendre le plus de recul possible sur la collocation en me disant que de toute façon je ne savais pas avec qui j’allais me retrouver, de quelles nationalités allait être ces personnes et que « appréhender » allait plus m’agiter le cerveau inutilement qu’autre chose. C’est vraiment ce que j’ai fait au maximum et c’est pour ça qu’en arrivant, m’attendant à rien, j’ai été chamboulé par ma non-appréhension. Je n’attendais rien mais je n’attendais pas ce que j'ai eu si vous voyez où je veux en venir. Alors il faut un grand coup de balai et quelques jours pour se mettre dans le bain. Puis vous réalisez qu’il faut en réalité un coup de balai tous les jours mais qu’au moins vos colocataires ne sont pas bruyants. Le quartier est calme, le Tesco pas très loin, après vous être trompée de sens une fois vous comprenez comment marche les bus et puis un rythme se prend. Au début vous êtes seule et vous n’avez personne à qui vous confier, c’est ça le plus compliqué, se retrouver à cogiter ses pensées puis vous rencontrez du monde.

Partir à l’étranger demande un temps d’adaptation. C’est une expérience terrifiante de se retrouver livrée à soi-même mais en même temps de devoir avancer, de devoir faire face parce qu’on a investi dans ce challenge. Je ne dirai à personne que c’est facile, je dirai juste que c’est une expérience qui permet d’apprendre sur soi et qui de ce fait vous fait grandir. Vous allez appeler votre mère en pleurant à grosses larmes les trois premiers soirs et il ne faut pas en avoir honte. Vous allez avoir envie de refaire votre valise. Vous allez déprimer. Dit ainsi le tableau n’est pas très joli mais chaque jour je pense à la finalité de mon expatriation et je me dis que si a un moment j’ai pris cette décision de partir, c’est que ça doit en valoir la peine, qu’il doit y avoir un retournement de karma et je vais repartir comblée (j’espère vraiment pouvoir dire ça en Février d’ailleurs, vous imaginez si ça s’aggrave…).

Et puis j’ai ce don de ne jamais partir comme tout le monde, de n’être jamais aller à la FAC pour suivre leur cursus encadré en Erasmus et me retrouver avec plein d’étudiants aussi perdus que moi. Non, j’arrive dans une école où je ne connais personne et où il n’y a pas de week-end d’intégration. C’est une autre approche et c’est pour ça qu’il ne faut pas penser que si vous partez, cela sera aussi compliqué que moi. Après tout, peut-être que tout ira très bien pour vous et le soir même après votre arrivée vous ferez de la rumba au milieu de votre cuisine après avoir mangé du saucisson que vos colocs auront acheté en guise de bienvenu… Peut-être.

Je pense que la finalité de mon arrivée c'est de m'apprendre que la vie est remplie de peut-être, de surprises et qu'il faut composer avec chacun. Les différences de culture, les différences d'éducation sont ce qui créent un monde si différent et où on ne peut pas s'acclimater en deux heures. Cela prend du temps et il faut laisser sa chance à ces expériences qui nous chamboulent. Respirez un bon coup, ça va aller !





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