EuroBasket, où en est la France?

mardi 15 septembre 2015



Peut-être que vous l’apprenez que maintenant mais depuis le 5 Septembre nous sommes en plein Euro de Basket. Si vous ne l’apprenez que maintenant, ce n’est pas grave, on ne peut pas non plus trop vous en vouloir dans le sens où pour regarder les matchs il faut soit payer soit arriver à capter un streaming.  Ce n’est pas comme le football, non là il faut arriver dans le carré final pour avoir la chance d’être diffusé sur une chaîne gratuite. Je trouve ça tellement stupide, pourquoi on est plus « patriotique » en football qu’en basket ou en handball ? C’est la même chose, c’est notre équipe de France et nos couleurs après tout.

Revenons en à l’Euro et surtout à la qualification de la France en quart de finale. Pour l’occasion, je me suis dit qu’il serait intéressant pour tous ceux qui n’ont pas suivi leur parcours de revenir sur leurs précédents matchs mais aussi sur ce que l’avenir peut leur réserver. N’ayant pas la prétention de pouvoir affirmer avoir de grandes connaissances en basket, j’ai posé quelques questions à mon amie de Cécile, très très grande fan de basket, pour nous éclairer sur les points forts de l’Equipe de France mais surtout analyser nos chances d’aller jusqu'au bout. Après tout on est champion d’Europe en titre et on a décroché le bronze à la Coupe du Monde l'an passé !


Quels sont les points forts et les points faibles de l'Equipe de France?
Je dirais toujours d’abord la combativité. Je crois que les joueurs ont vraiment pris en compte l’enjeu de cet Euro pour leur carrière, l’équipe de France voire tout le basket français. Après la défense est le maître mot de cette équipe (même si elle a des fois était mise à mal durant la préparation ou au premier tour). Sinon, en point fort il y a le fait que tous les joueurs présents sont en forme physiquement et mentalement et peuvent amener sur le terrain. Tony Parker notamment, je n’ai pas souvenirs de l’avoir vu dans un tel état de forme physique en arrivant en Bleus. Les jeunes poussent également derrière mais ils savent rester à leur place, donc son fonctionnement et sa discipline sont vraiment des points non négligeables.
Le point faible, c’est comme l’a dit Tony Parker il y a peu dans une interview c’est l’équipe de France. Ils sont leur pire ennemi. Un manque de concentration, l’envie de vouloir trop en faire et du coup forcer, ne pas réussir et s’énerver. Mais au fil des matchs de la prépa et de l’Euro on a clairement vu l’équipe montée en régime.

Quel a été le match où leur jeu a été le plus abouti?
Clairement le huitième de finale face à la Turquie ! Mais je pense que tous les gens qui suivent depuis longtemps le basket et les Bleus s’en doutaient. C’était le match à ne pas perdre. Je m’explique : si tu perds en huitièmes, tu rentres chez toi sans rien, même pas une place pour le tournoi de qualification olympique. En clair, Rio tu dis au revoir. (on a connu ça à l’Euro de 2007, je pense que les anciens l’avaient encore bien en tête). Mais samedi, ils n’ont laissé aucune chance : même quand la Turquie était accrocheuse en première mi-temps ils ne sont jamais énervés, jamais affolés. Et puis ils ont déroulé en seconde partie et ont pu faire tourner. (avec des remplaçants loin d’être ridicules). Ils ont répondu présent au moment T.

Est-ce que la Lettonie est un adversaire dangereux pour l'Equipe de France en quart de finale?
Oui et non.
Non parce que pour avoir vu une partie de leur huitième de finale face à la Slovénie ce n’est clairement pas fameux. C’était même d’ailleurs une surprise qu’ils éliminent les Slovènes donc je pense qu’ils sont déjà bien heureux d’être en quart. Puis quand tu joues à 5 contre presque 27 000 personnes (déchaînées), ça rend le match assez difficile.
Oui parce que je me souviens d’un match de premier tour à l’Euro 2011 où on avait du bien s’employer pour les battre. Parce que qui dit pays balte, dit serial shooteur. Ca shoot à trois points comme vous et moi on enfile des chaussettes. Puis si on se dit qu’on est trop facilement en demie on pourrait, comme dit précédemment, devenir notre pire ennemi.

Quels sont les joueurs prometteurs à suivre dans cette équipe?
Ah ça, les petits jeunots de l’équipe on en est bien contents cette année. Pour globaliser la chose, on a 3 générations en équipe de France (qui ont toutes connues un grand succès en jeunes et veulent faire de même en équipe A) : la « 82 » de Tony Parker et Boris Diaw notamment, la « 88 » avec Nicolas Batum en fer de lance et LA génération montante des 91/92 avec :

  • Rudy Gobert : 23 ans, 2m18 pour 2m36 d’envergure, joueur titulaire en NBA. Ca dit pas mal sur le gamin. Surement celui qu’on a vu le plus progressé au fil des derniers mois et qui a encore une folle progression envisageable. Grand bosseur, énorme contreur. Notre empire state building à nous.
  • Evan Fournier : 23 ans, joueur NBA. Alors lui, c’est le joyeux brut. Du talent offensif en veux-tu en voilà. « More champagne » est son surnom de l’autre côté de l’Atlantique… On se rend vite compte du pourquoi du comment. Comme son compère cité juste ci-dessus, il a vraiment éclos en Bleus à la coupe du monde l’an dernier. Il s’est vraiment amélioré en défense et même si des fois on peut lui reprocher de trop « foncer dans le tas » en attaque, il apprend vite et bien donc un nom à retenir pour le futur.
  • Joffrey Lauvergne : le seul 91 de la bande et surement le plus combatif. Très bon shooteur pour sa taille (2m11), il représente le parfait turn-over pour Rudy : quand l’un va sur le banc pour souffler, l’autre est capable de prendre sa place sans qu’une baisse de régime de l’équipe ne se fasse sentir. Actuel joueur de Denver en NBA, il est notamment passé par l’école serbe (Partizan Belgrade) d’où lui vient surement cette hargne communicative sur un terrain.
  • Léo Westermann : l’invité de dernière minute suite à la blessure quelques jours avant l’Euro d’Antoine Diot. Le copain de l’INSEP de Fournier (tous les deux formés là-bas). Joueur qui du haut de ses 2m joue… meneur ce qui pose souvent des problèmes aux défenseurs adverses pour défendre dessus. A 23 ans, il a hélas, déjà subi deux déchirures du ligament croisé mais reste un joueur du futur. Passé lui aussi par le Partizan, auréolé en Mai du titre de champion de France avec Limoges, il est connu pour sa vision de jeu incroyable pour un joueur de son âge (il était capitaine à Villeurbanne à l’âge de 19 ans avant de partir pour la Serbie).
Et un petit mot pour Mam’ Jaiteh : le « rookie » (‘recrue’ en anglais : le nouveau, le plus jeunot de la bande) : 21 ans appelé lui au-dessus à la dernière minute, il avait quand même fait toute la prépa avec les Bleus. Toujours le sourire, à l’écoute du coach, on voit qu’il prend du plaisir à être là, qu’il vit son rêve à fond.

L'Equipe de France a t-elle le potentiel et les ressources pour aller jusqu'en finale?
Clairement oui. C’est quasiment, voire tout simplement, la meilleure équipe de France de tous les temps. Physiquement, tout va. Les mecs en ont gardé sous le pied au premier tour et savent ce qu’ils doivent faire pour y arriver. En plus, l’ambiance est juste fabuleuse, tous les journalistes présents (français ou non) au 1/8ème à Lille l’ont constaté : la Marseillaise a cappella pendant un match par 27 000 personnes, ça calme pas mal les ardeurs adversaires.
Après les adversaires sont présents : l’inévitable et tellement détesté Espagne toujours présente même si elle n’est pas au complet, la Serbie vice-championne du monde en titre qui terrasse tout sur son passage, l’Italie et ses pistoleros NBA qui tire sur tout ce qui bouge…
Est-ce qu’on a le potentiel ? Oui. Est-ce qu’on a les ressources ? Oui. Est-ce qu’on va garder ce titre acquis en 2013, marqué le sport français, enfin être reconnu à notre juste valeur (2ème sport collectif français en nombre de licenciés), enregistrer notre billet pour Rio ? Cela seul l’avenir nous le dira.


Comme vous pouvez le constater Cécile a dressé un bilan complet de où en est l’Equipe de France dans son jeu à l’heure actuelle mais aussi quelles sont ses perspectives d’avenir. De mon œil de non experte, je reste assez confiante pour cette équipe qui a assez bien réussi à gérer la pression ces derniers temps et qui a envie de briller dans son pays.
Pour ceux que ça intéresse, Intérieur Sport a mis en ligne le documentaire qu’ils ont tourné lors de la préparation. On y retrouve les départs et les retours dans l’effectif comme ceux de Léo Westermann et Mam’ Jaiteh évoqué précédemment, ils y confient leur envie de réitérer leur parcours de 2013 à la maison, leur ambition olympique… Tout pour en savoir plus sur cette brillante équipe.



Enfin rendez-vous ce soir à 21 heures sur Canal + Sport pour le quart de finale opposant la France à la Lettonie !


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