Quand le blogueur contre-attaque...

samedi 22 août 2015



Il se peut qu’en début de semaine vous ayez vu traîner sur Twitter le hashtag #BloggerBlackmail. Un hashtag faisant référence a une mauvaise histoire de partenariat.

Résumé très rapide : une blogueuse a contacté une pâtisserie pour faire une review sur leurs produits, la pâtisserie l’a invité à visiter ses locaux, ils avaient prévu pour elle un sac de macarons et autres produits mais paraît-il qu’en arrivant elle ai voulu tout goûter gratuitement. Bref, si vous voulez vraiment savoir en détail l’histoire vous pouvez lire le point de vu du commerçant et le point de vu de la blogueuse. Vous l’aurez compris, suite à ça la blogueuse a fait une mauvaise publicité à cette pâtisserie d’où le Blogger Blackmail.

Toute cette histoire m’a fait me dire que la blogosphère et tous les agents économiques qui fonctionnent avec sont de plus en plus exigeants et odieux. Les blogueurs veulent toujours être mieux traités tandis que les marques veulent toujours qu’on parle plus d’elles. Avant les marques contactaient les influenceurs, maintenant les influenceurs contactent eux mêmes marques et autres pour bénéficier de plus de privilèges. Et je ne vous parle même pas de la définition et de l’appropriation du terme « influenceur » pour certains.

Tout d’abord quand une marque s’engage à faire un échange avec un blogueur ou un influenceur, elle doit se douter que si ça se passe mal ou que si des termes sont rompus alors forcément c’est une mauvaise publicité qui les attend et sur ce point là il n’y a pas de « petit » ou « gros » blogueur. Maintenant grâce à Internet quand on veut ternir l’image de quelqu’un ce n’est plus très compliqué et il ne faut pas sous estimer le pouvoir de ces personnes.

Cependant ce terme « influenceur » est un terme que je déteste, un terme que je ne m’octroierais jamais. Ce terme a surtout grandit avec la folie d’Instagram et des posts sponsorisées. De nombreuses marques chassent les jeunes adolescentes qui se prennent en photo en tenue légère pour leur envoyer des maillots de bain gratuit et mademoiselle qui a 15 ans et 30k followers grâce à son body et sa folie pour la lingerie fine est contactée par des marques japonaises, australiennes et cie. Le problème avec ce terme d’influenceur c’est que 1/ on peut acheter ses followers et 2/ ses followers peuvent être l’oeuvre d’un processus de groupie ou d’images Tumblr qui ne reflète en rien la capacité d’influencer autrui mais qui trouve ça « beau » et « inspirant ». Sur Instagram, il vous suffit de prendre une jolie photo, modifier la luminosité, ajouter un filtre et taguer la marque sur votre photo pour que le tour soit jouer. Aucun travail de fond qui reflète là souvent l’enjeu de quelqu’un qui souhaite juste s’attirer de la popularité et avoir des petits cadeaux.

Un « influenceur », un vrai, c’est quelqu’un qui a la capacité de rassembler une communauté, de créer une interaction plus significative que celle s’apparentant à la présentation de produits tous les quatre matins. Des blogueurs et des youtubeurs sont des influenceurs, des gens qui travaillent dans le web sont des influenceurs mais pas quelqu’un qui du jour au lendemain a eu 30k de followers grâce à de jolies photos et qui ne fait ça que par intérêt. Le problème c’est toute cette folie autour de qu’est ce que je pourrai gagner ou qu’est ce qu’on pourrait m’offrir si je propose de l’exposition a telle ou telle marque… Si la réflexion est dans ce sens et pas par passion ou pour sympathie pour la marque ou le produit alors là, la personne a tout faux. Toujours tout calculer, vouloir tirer profit de tout c’est se conduire tout droit a une perte de personnalité et de pouvoir.

Avoir des followers c’est bien mais je préfère avoir 100 followers avec qui j’ai réussi à créer un vrai lien que 2000 à qui ce que je dis passe par une oreille et ressort par l’autre parce que les gens sont tombés par hasard sur ce que je fais, que ça leur a plu une fois et qu’ils se sont dit peut-être… Finalement ils sont restés mais ce que je partage ne les touche pas.

Soyons honnête jusqu’au bout, au début de mon blog je croyais que c’était comme ça que ça se passait, qu’il fallait que je contacte le plus de monde possible pour avoir un petit truc, qu’il fallait que je parle de trucs que je n’aime pas en bien pour m’assurer la sympathie de telle agence. Faux, c’est là mentir à son audience et prendre le risque de se contredire dans quelques mois en parlant du même sujet. J’ai vite compris que c’était inutile mais que si un projet parmi tous ceux qu’on me proposait me plaisait alors je devais m’investir pleinement dans celui-là, m’investir pleinement dans la promotion d’un artiste, avoir la chance de l’interviewer et ainsi avoir fait les choses de A à Z. Bien sur qu’il faut envoyer des mails, tenter de se faire connaître, de se faire remarquer mais il ne faut pas mentir. Les followers que j’ai sur Twitter, la moitié sont liés aux follow de deux membres des 1d en trois jours, ce n’est pas des gens qui me suivent parce qu’ils aiment ce que je fais. Vous voyez comme c'est trompeur...

Aujourd’hui un vrai « influenceur » devient un « role model » pour les jeunes, il devient comme un manager  ou un coach pour certains en inculquant des principes de vie, de méditation, de pratique sportive et d’habitude culinaire. De ce fait chacun doit faire attention à ce qu’il partage puisque ces personnes ont une responsabilité envers leur audience. Ils influencent leur sympathie pour une marque, un restaurant, une compagnie aérienne (ça arrive souvent ça d'ailleurs avec les influenceurs américains) et ainsi leur avis peut conduire au buzz comme au lynchage sur la place publique en quelques minutes.

Alors non un « influenceur » ce n’est pas ces nanas ou ces mecs qui postent des photos d’eux après leur session work-out en contractant fesses et abdos, c’est des personnes qui créent du contenu pour des choses qui les intéressent car on ne peut pas constamment créer de l’influence autour de produits pour lesquels on nous fournit un texte pré-écrit à copier-coller.

Beaucoup de personnes ont de l’influence sur le net mais si j’ai bien un conseil à vous donner, n’essayez jamais de vous entacher de choses sur lesquelles vous n’aurez rien à dire. Vous aurez un sentiment d’obligation envers un agent qui ne représente rien pour vous et perdrez alors toute crédibilité en inventant un avis, en mettant en scène quelque chose de pas très flatteur et votre image sera desservie auprès des gens qui vous suivent et auprès des marques qui auront juste l’impression que vous ne respectez pas votre part du contrat. Internet c’est génial mais c’est aussi très vicieux. Ne vous laissez pas influencer par ce qui ne vous intéresse pas ou pas quelque chose en quoi vous ne croyez pas avant de tomber dans une spirale infernale.


Comment définissez-vous ce rôle d'influenceur? N'avez-vous parfois pas l'impression qu'on essaye de tout vous vendre et que le placement de produit en devient étouffant? Ne vous êtes vous jamais senti influencé par quelqu'un sur Internet?

No Comments

Enregistrer un commentaire