Memory day

samedi 6 juin 2015


Les Etats - Unis ont leur « Memory Day » quand nous, les frenchies, on a le 6 Juin, le 11 Novembre, le 8 Mai… Ces jours forts pour notre histoire, ces jours que nous commémorons chaque année. Dans un sens, ça fait aussi beaucoup de jours pour se rappeler la tristesse, les pertes, l’honneur mais au final des victoires qui nous ont rendu libres.

Plus le temps passe, plus nos héros disparaissent et plus j’ai cette impression que c’est « moins important », que le souvenir perdure parce qu’il doit perdurer mais que « nous », la jeune génération, nous ne lui rendons pas justement hommage. Ces guerres, ce sont celles de nos arrières grand-parents et de nos grands-parents, ils ont logiquement transmis leur vécu à leurs enfants alors que nous, la génération suivante nous sommes dépassés en nous disant que cela s’est produit il y a seulement 70 ans. 70 ans, si proche et si loin en même temps.

Je suis très curieuse de ces guerres, de ces histoires et anecdotes sur comment cela s’est déroulé de l’intérieur. Je trouve qu’à l’école et dans les manuels d’histoire on reste trop sur le superficiel, sur les rencontres politiques mais rarement on nous fait lire de témoignages, rarement on nous raconte ce que les français vivaient. Cela se résume en quelques phrases « pas facile, rationné, les femmes ont pris les emplois des hommes ».
Dans un sens je raffole de ce que peut me raconter ma grand-mère, dans l’autre j’ai toujours l’impression d’être trop intrusive, que cela ne se réfère pas à de joyeux moments et que ce n’est peut-être pas facile d’en discuter. Je me dis que ça doit être terrible à vivre, cette peur constante, cette liberté volée mais je ne peux m’empêcher de vouloir en savoir plus. De ces anecdotes des usines Michelin, aux façons de cacher ses bijoux par peur que les allemands lui volent ou encore comment l’époque semblait donner des super pouvoirs à chacun pour ne pas se laisser abattre. J’aimerai en savoir plus, plus sur la résistance, plus sur mon arrière grand-père amputé de l’avant bras à cause de stylos piégés par les allemands mais qui semblait être d’une débrouillardise impressionnante avec un mental d’acier, plus sur mon arrière grand-mère qui elle aussi semblait mener d’une main de fer sa vie et l’éducation de ses deux filles pour toujours rendre service et surtout que ses proches ne manquent de rien.

Je serai toujours admirative de ces gens qui ont sacrifié leur vie, leur temps, leur énergie. Ces personnes qui ont donné tout ce qu’ils avaient pour un pays qui ne leur faisait aucune promesse. Se dire qu’il y a 70 ans les gens étaient aussi dévoués, aussi fiers, c’est se dire que c’est un autre monde. La France me semble si divisée aujourd’hui, si perdue même que cela ne me paraît pas concevable. Maintenant on se divise pour un oui ou un non, pour des choses qui finalement sont si bénignes mais des choses sur lesquelles on ne prend pas de recul alors que si nous étions en 1916 ou en 1942, la perception de ces bêtises seraient si différentes, si ridicules.

On se regarde trop souvent le nombril, oubliant l’histoire, oubliant ces personnes qui font que nous sommes ici, libres et vivants. On pense trop souvent à soi, trop souvent à son confort et on plonge dans l’égoïsme, pensant qu’on peut survivre seul. Même dans sa propre famille, certains préfèrent se la jouer solo alors que votre famille, y a rien de plus fort et si au moins vous ne pouvez pas compter sur vos amis, il y aura la famille, ces cousins, ces oncles et tantes.

Je ne sais pas, peut-être que tout ça ne vous intéresse pas mais je trouve qu’on a l’oubli facile, que de manière générale on ne s’enrichit pas des leçons du passé dans tous les sens du terme et sur tous les sujets (comme une nana qui se remet avec son ex qui lui a brisé le coeur, qui l’a trompé et insulté par exemple).
Pour revenir à ces journées de commémoration, je trouve qu’il ne faut pas les oublier, qu’il y a toujours des reportages intéressants et surtout, je sais que je n’aurai pas été capable de faire ce que ces gens ont fait, donner pour autrui, sacrifier sa vie alors c’est pour moi une manière de perpétuer leur courage et de renforcer mon admiration à ceux qui en faisant leur devoir sont devenus des héros, des légendes, des étoiles.

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