A mon frère

jeudi 25 juin 2015


Dans la vie, parfois, il faut savoir parler des autres.
J’avais envie de vous parler de mon frère, cet être qui m’exaspère, qui me prend la tête mais que j’aime bien, beaucoup, énormément même.

Pendant de nombreuses années, mon frère et moi avons été des éternels chien et chat qui n’arrivaient pas à se comprendre. La solidarité? Jamais. Il a fallu qu’il arrive à l’âge de l’adolescence pas trop bête, genre plus 14 ans que 13, pour qu’un vrai lien apparaisse, un lien de complicité.
Aussi, assez jeune mon frère a été diagnostiqué hyperactif et on a aussi découvert qu’il avait un super QI. Alors aujourd'hui mon frère de 6 ans de moins que moi fait donc une tête de plus que moi et a un QI d’enfer. Bon je ne vais pas vous ressortir le paragraphe sur le fait qu’avoir un QI super élevé finalement c’est pas si terrible parce que ce serait assez long à expliquer et finalement pas très intéressant car trop technique et scientifique à mon goût. Bref donc avec ces deux choses, mon frère et l’école ça a souvent été assez compliqué. Les devoirs ont souvent été synonymes de cris, de pleurs et d’agacement.
Cette année mon frère passe le brevet et certains me diront que le brevet c’est rien mais en fait c’est beaucoup (vive la phrase bateau). A 14/15 ans c’est le premier examen que tu passes, tu ne veux pas être celui qui ne l’a pas et examen qui compte ou pas, tu veux toujours donner le meilleur de toi. Je l’avoue, y a des jours où je me suis demandée comment mon frère allait arriver jusqu’au brevet, comment il allait anticiper cet examen et puis il m’a surpris. Cette année fut comme une révélation, il s’est mis a sérieusement travaillé, sérieusement travaillé avec les difficultés qu’il doit affronter tous les jours avec ce qui cogite dans sa tête.
Jusqu’en Février, je ne me rendais pas compte de ce « qu’être hyperactif » signifiait, c’était un état comme un autre, oui un état qui donne une énergie folle à mon frère à qui il fallait faire deux heures de marche pour le rendre KO mais j’ignorais ce qu’il vivait réellement puis j’ai eu cette conversation avec mon thérapeute. Il a tenté de m’expliquer un peu mieux le phénomène, les troubles et même si aujourd’hui je ne suis pas sûre que ça fasse de moi une personne plus compréhensive (parce qu’il est sacrément fatiguant des fois), ça fait de moi une personne admirative.

Mon frère c’est ma moitié, cette personne avait qui aujourd’hui j’ai partagé 15 ans de hauts et de bas, des choses rigolotes et des choses tristes. On n’est pas trop du genre à parler de sujets sérieux entre nous, à s’ouvrir trop nos coeurs parce je pense que c’est pas son genre et mon frère sa définition du bonheur c’est plus « xbox x potos » mais plus il grandit, plus il m’impressionne.
Aujourd’hui j’avais juste envie de dire à mon frère que je suis fière de lui, que même si il me fatigue toujours - de temps en temps - j’ai désespéré il fut un temps qu’il s’assagisse alors le voir ainsi, plus posé, plus concerné surtout par ce qui l’entoure, par son avenir, ça me fait plaisir. La vie n’a pas toujours été une partie de plaisir, pour personne d’ailleurs, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas « prendre de revanche », se prendre en main même pour essayer de donner le meilleur de nous même. Même si mon frère ne deviendra pas celui qui buche sur ses livres et cahiers tout le week-end, il a envie de réussir alors il essaye de s’en donner les moyens. Il essaye de se rendre fier, et fort, et heureux. C’est un peu l’exemple de « quand on veut, on peut ». Je sais que le brevet  ne sera pas facile pour lui, il va devoir faire comme tout le monde, dans le temps imparti de tout le monde et surtout tenter de décrocher cette foutue mention assez bien pour que je lui achète FIFA 16 (enfin t’es pas obligé si tu te soucis de mon portefeuille).
Y a des moments il m’exaspère et je l'exaspère, y en a d’autres je l’adore mais à la fin de la journée, c’est mon frère, mon allié et ça jusqu’à ce que le temps en décide autrement.


Je sais que parfois des gens nous fatiguent, y en a on désespère de les voir changer un jour mais les gens qu’on aime vraiment, on ne les abandonne pas. On essaye d’être patient et puis soit on se fait une raison soit le changement opère vraiment. On ne peut pas agir à la place des gens, on peut les encourager, on peut les guider et espérer une bonne surprise. Ma bonne surprise, tous les jours, c’est mon frère.

No Comments

Enregistrer un commentaire