Idiot-chella

dimanche 12 avril 2015


J’ai longtemps cherché comment j’allais en arriver au pourquoi du comment de ce post, tellement cherché que j’en ai la migraine. Non je rigole, la migraine c’est le salon du running et grâce à ça j’ai fait une sieste de deux heures hier après-midi. Bref.



J’étais donc assise sur mon lit à descendre mon fil d’actualité Instagram débordant de photos enregistrées sous le hashtag « Coachella » quand ça m’a fait pensé à mon post sur Instagram et cette société obsédée par ce qu’elle dégage, par le « m’as tu vu ? ». La vérité c’est qu’on est tous là à envier ses gens se baladant en talons hauts sur la pelouse de Palm Spring et en tenue bobo mais pas pour leurs vêtements 100% sponsorisées mais plutôt pour ce qu’ils sont en train de manquer. Je suis un peu triste quand je vois ce qu’est devenu ce festival. Ce n’est même plus une histoire d’amour avec la musique c’est une histoire d’argent avec the place to be pendant 3 jours. 

Chaque année la line up est dingue, vraiment impressionnante même et réunit une centaine d’artistes incroyables qu’on a écouté en boucle pendant un an sauf que ces personnes qui font la promotion du festival ne font pas la promotion de la musique. Elles font la promotion du genre, de l’apparence, de leur tenue Coach et de leurs lunettes de soleil RayBan. Elles collectionnent les selfies d’eux et leurs meilleurs potes, elles enchaînent les cocktails et elles illustrent l’ivresse. Depuis vendredi, j’ai vu plus de photos de Kendall Jenner et de palmiers que de personnes sur scène. C’est comme si Coachella était devenu un grand défilé de mode à défaut d’être l’un des plus grands festivals de musique.

Ce festival illustre pratiquement toutes les « no and don’t » d’un festival. Je trouve ça affolant que durant les 10 jours précédents le festival on voit plus d’articles nous indiquant les tips pour être une it girl à Coachella, comment se comporter ou encore comment s’habiller plutôt qu’un top 10 des concerts à ne pas manquer. On oublie la line up pour parler des pool party, des brunch et des after party organisés par de nombreuses marques affiliées au festival. On préfère parler de la pièce à acheter pour ressembler à tout le monde soit à une fausse hippie en quête de visibilité que du génie d’un artiste belge qui conquiert l’Amérique. Et finalement, quand on poste une photo d’un concert on tue la légende avec 6 hashtags en rapport avec la marque qui nous a invité à l’événement.

Coachella n’est plus un festival de musique, du moins on en fait plus la promotion comme tel. On parle de ce festival comme l’endroit où être comme l’est Cannes fin Mai pendant le festival. Ce qui est triste c’est que même ces inconnus, pas célèbres ou influenceurs, ont adopté cette manière de se comporter et d’apprécier le festival. On apprécie l’ambiance, on apprécie le lieu et ensuite on apprécie la musique. C’est comme si c’était devenu un objet du décor à défaut d’être la raison principale pour laquelle nous venons.

A la rigueur si tout ces posts et cette promotion de marque et de genre et de style étaient équilibrés avec l’intérêt musical du festival, des commentaires de concert ou quelques instavideos alors oui pourquoi pas mais si on ne connaît pas Coachella, alors jamais on ne peut arriver à penser que c’est un rassemblement musical. On se dit juste que tous les influenceurs du web sont en rassemblement au soleil.

Et petit à petit, en écrivant ce post, je me rends compte que je n’ai jamais lu une sorte de « review » d’un concert à Coachella parce que même la plupart des webzines et des sites de musique vont épiloguer plus longtemps sur qui était au premier rang que sur le set joué par l’artiste. C’est même si certains n’oublient pas que le festival a lieu sur deux week-ends…

D’ailleurs même nous, ça nous a abruti. C’est comme si on était plus impatient de découvrir le look de Vanessa Hudgens que d’avoir le live de Ryn Weaver sur YouTube. On est rentré dans leur jeu, on est là à se demander qui va venir à Coachella et avec qui. On stalke le hashtag plus pour la notoriété que pour la musique et ce qui est triste c’est que le week-end prochain on n’en parlera plus alors que ce sera toujours là, toujours Coachella mais plus de marques, plus que des vrais festivaliers et c’est comme si ça perdait tout intérêt.

On ne vante plus les mérites de la musique, on vante les mérites du business, des plus belles selfies et des plus beaux kimonos. Le plus triste c’est qu’en généralisant tout ça, je m’inclue un peu dans cette spirale infernale car on alimente ce buzz et ce « m’as tu vu » en aimant et commentant les publications relatives à ce phénomène. Coachella c’est la société d’aujourd’hui, l’apparence avant tout, le glamour avant la boue alors que vous savez bien qu’un festival sans boue ce n’est vraiment pas un festival !


Suis-je la seule à me sentir "endoctrinée" dans ce système festival = apparence > musique = plaisir ?


Bien sur, c'est le cas avec d'autres festivals puisque un festival a forcément besoin de marques et de partenaires pour se financer et s'organiser mais aucun festival n'a développé un business a cette échelle là.

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