La première impression

mercredi 18 mars 2015




Dimanche dernier, avec Margaux, nous nous sommes rendus au Mondial du Tatouage organisé par Tin-Tin. Tin-Tin, le tatoueur, soyons clair. Vous savez ce monsieur au petit bidon de bière, tatoué sur ses avant-bras, souvent avec un t-shirt un peu rock ou un blouson sans manches en cuir et chauve. Je ne sais pas pourquoi je précise chauve d’ailleurs…

On s’est donc rendu toutes les deux à ce salon chacune curieuse pour ses raisons. Margaux est passionnée par ce monde, par l’esthétisme du tatouage, par la touche personnelle de chaque tatoueur et sa vraie qualité d’art. Pour ma part, je m’y rendais un peu plus en tant qu’observatrice, me demandant à quoi cela ressemble un rassemblement de « tatoués ».

Plusieurs fois, nous nous sommes faites la remarque sur ce stéréotype « personne tatouée » qui n’est vraiment qu’un stéréotype. Lors de ce salon, on a croisé des personnes qu’on aurait pas du tout « classer » dans cette branche si je puis dire car soyons honnête, nous passons notre temps à stigmatiser les gens et les mettre dans des cases en fonction de leur apparence.

Jogging, casquette à l’envers, casque Beats = racaille.
Mocassin, sac Céline, rouge à lèvre voyant = bobo parisienne.
Ecarteurs, piercing, tatouage = rebelle.


La vérité est tout autre. La vérité est que nous avons tous notre propre style influencé par ce qu’on aime, par nos inspirations, par nos proches et notre environnement. Certains trouvent le tatouage beau, d’autres vulgaire mais la personne tatouée n’a pas d’âge. Il est vrai que quand on voit certaines personnes on se demande comment leur est venu cette envie du tatouage car on s’imagine à la vue de leurs cheveux gris qu’au moment où ils se sont fait tatouer, cela était encore le symbole des marginaux. Petit à petit, le tatouage s’immisce dans la société bien que beaucoup de personnes se demandent encore « pourquoi ». Pourquoi ce besoin de changer son corps?

Je pense qu’il n’y a pas de réponse à cette question, qu’on en a tous notre interprétation mais que nous n’avons pas le droit de critiquer quiconque qui par son look, exubérant ou non, se sent bien dans son corps de cette façon. C’est un moyen de s’accepter, d’accepter aussi les zones de nos corps que nous n’aimons pas. Le tatouage peut être vu comme une sorte de chirurgie esthétique. Et les regrets alors?

Là aussi, un tatouage est personnel. On ne se tatoue pas parce qu’on en a envie ou que c’est juste joli. Bien sur il y a l’esthétique mais chaque tatouage à son histoire. On assistait dimanche au concours des « dos » et j’ose croire que chacun de ces dos présentés avait un sens pour les personnes qui le portait, on pouvait d’ailleurs l’apercevoir car ces dessins créaient une histoire. Un tatouage est une étape de notre vie comme l’est un petit copain, peut-être que dans 10 on le regrettera mais sur le moment on en était content. 


Revenons donc à ces personnes croisées au détour d’une allée ou d’un stand… De temps en temps leur avant bras est tatoué, d’autre fois c’est leur torse et quand on lève les yeux un peu plus haut et qu’on tombe sur un homme à lunettes tout ce qu’il y a de plus sérieux, on se dit « lui ? ». Lui, le mec que je croise dans le métro et que j’imagine cadre ou informaticien. Souvent, on se trompe sur les gens. On les imagine ce qu’ils ne sont pas. La plupart des personnes ayant un tatouage visible travaille dans des milieux ouverts d’esprit car aujourd’hui avoir un tatouage dans le cou et être commercial, c’est dérangeant. C’est dérangeant car ce n’est pas encore complètement dans les moeurs et qu’un employeur pense d’abord à ses clients, à leur manière de réagir alors beaucoup d’entre vous sont astucieux et se tatouent là où on ne voit rien.

Du coup, imaginez que demain vous ayez un date avec un pote de un pote, que vous sympathisez car vous êtes sur la même longueur d’onde, que les choses se passent et qu’après plusieurs rendez-vous, vous découvrez son corps et que son torse soit complètement coloré. Comment réagissez-vous? Laissez vous vraiment l’apparence physique dominer sur la relation affective que vous avez créé? Ne pensez vous pas que l’apparence d’une personne est bien plus secondaire que ce qu’il est, mentalement, lui dans son cerveau?

La réponse peut être oui, non, peut-être. Elle est personnelle, elle est dictée par nos expériences mais si j’ai bien appris une chose lors de cette journée c’est qu’on ne peut pas juger les gens grâce à une seule impression, parfois on a raison mais parfois on a tort et souvent il vaut mieux rien dire que d’être stupide.


A SUIVRE...


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